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Les échanges humains et culturels sino-français sont sources d’inspiration mutuelle

2019-03-04 14:58:00 Source:La Chine au présent Auteur:ZHANG JINLING
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Le 10 avril 2015, à Beijing, la cérémonie d’ouverture du festival Croisements attire une foule nombreuse.

 

ZHANG JINLING*

 

Les échanges humains et culturels entre la Chine et la France sont enracinés dans le temps. Depuis 1964, les coopérations se sont multipliées, ce qui a rapproché les deux peuples et favorisé des coopérations pragmatiques. En 2014, le dialogue sino-français de haut niveau sur les échanges humains a été établi, constituant le troisième pilier de la relation sino-française après le dialogue stratégique et le dialogue économique et financier de haut niveau.

 

Multiplier les domaines de coopération

 

La Chine et la France accordent une grande importance aux échanges humains et culturels.

 

Ces dernières années, les deux gouvernements ont signé une série d’accords pour promouvoir et approfondir les échanges humains et culturels. Beaucoup de projets ont été mis en place ainsi que des mécanismes et des plates-formes. Ces échanges et coopérations ont renforcé la compréhension mutuelle et la communication entre les deux peuples, notamment dans les domaines de l’éducation, de la jeunesse et de la culture.

 

Les deux parties ont signé une série d’accords de coopération importants pour approfondir les échanges en matière d’éducation. La Chine comme la France octroie des bourses d’études aux élèves de l’autre partie. Ces efforts sont fructueux, en ce qui concerne aussi bien l’enseignement primaire et secondaire que l’enseignement supérieur ou la formation professionnelle. Ces dernières années, le nombre d’étudiants des deux pays participant à des programmes d’échanges à court terme ou dans le cadre d’un diplôme d’études supérieures a augmenté et cela touche des disciplines de plus en plus variées. Une attention particulière est accordée à la recherche de haut niveau et à la formation d’experts hautement qualifiés. Des projets d’échanges tels que le projet d’école doctorale sino-française, la bourse d’études Chine-UE et le programme Cai Yuanpei ont obtenu des résultats positifs. En outre, beaucoup d’écoles supérieures chinoises et françaises ont entrepris des projets de coopération et des instituts sino-français ont été créés dans plusieurs universités chinoises.

 

La France est le premier grand pays occidental à avoir développé des échanges entre les jeunes avec la Chine. En 2005, la Chine et la France ont publié la première déclaration conjointe sur la coopération de la jeunesse et ont mis la priorité sur les échanges entre les élèves, les étudiants, les chercheurs, les artistes et les jeunes. Plus de voyages sont organisés pour permettre aux jeunes de découvrir l’autre pays. En 2015, les deux pays ont signé le programme « 1 000 stagiaires » : chaque année, les deux pays envoient chacun 1 000 jeunes stagiaires afin de promouvoir les échanges internationaux pour la jeunesse, d’élargir l’horizon des jeunes et de renforcer leurs aptitudes professionnelles. Ce programme offre aux stagiaires une bonne occasion d’améliorer leur niveau de langue, renforcer leur capacité d’adaptation et mieux connaître la culture de l’autre pays.

 

23 janvier 2019, défilé de la créatrice Guo Pei lors de la semaine de haute couture à Paris

 

Des vecteurs d’échanges innovants

 

Tout en cherchant à diversifier les domaines et le contenu des échanges humains et culturels, la Chine et la France travaillent à moderniser le mécanisme et les vecteurs d’échanges. Des plates-formes pour les échanges humains et culturels, dirigées par les gouvernements et regroupant des institutions non-officielles, ont été établies, ce qui a dynamisé les échanges humains et culturels bilatéraux.

 

La Chine et la France ont ouvert des centres culturels et organisé les années croisées Chine-France. Le Centre culturel chinois à Paris a ouvert ses portes en novembre 2002. Il s’agit du premier centre culturel chinois installé dans un pays occidental. Le Centre culturel français de Beijing, qui a vu le jour en octobre 2004, est le premier centre culturel étranger en Chine. Depuis leur établissement, ces centres culturels ont organisé d’innombrables activités telles que des expositions, des forums et des conférences, et proposent des cours de langues. Ils sont devenus des ponts de communication essentiels entre les deux peuples.

 

À l’initiative des chefs d’État de la Chine et de la France, de 2003 à 2005, les années croisées Chine-France ont eu lieu successivement en France puis en Chine. Entre octobre 2003 et juillet 2004, dans le cadre de l’Année de la Chine en France, des activités sur le thème « la Chine antique, colorée et moderne » se sont déroulées dans plusieurs villes de France. La partie chinoise a monté plus de 300 projets d’échanges culturels dans les domaines de l’art, de l’éducation, des sciences et technologies, du sport et du tourisme, qui ont attiré plus de deux millions de Français. Entre octobre 2004 et juillet 2005, l’Année de la France en Chine, qui avait pour thème « le romantisme et l’innovation », a permis au public chinois de découvrir le charme de la culture française à travers des activités touchant aux domaines de la photographie, du ballet, de l’opéra, du cirque, de l’architecture, de la haute couture, du design industriel, du cinéma, de la littérature, de la science et technologie.

 

Les années croisées Chine-France ont marqué un jalon historique dans l’histoire des relations bilatérales sino-françaises. Ce grand événement culturel est un bel exemple de dialogue sincère entre deux civilisations, entre l’Orient et l’Occident.

 

À la suite des années croisées Chine-France, les deux pays ont créé d’autres activités telles que le festival Croisements et le Festival du Nouvel an chinois dans le but de maintenir des rapports étroits entre la Chine et la France. L’organisation d’événements culturels de grande envergure entre les deux pays est devenue une habitude ancrée dans les esprits.

 

Dans le cadre de la coopération sino-française au niveau local, un grand nombre d’activités originales sont mises en place et attirent un large public. Jusqu’à aujourd’hui, on compte 100 villes et régions jumelées entre la Chine et la France. Ces jumelages constituent d’importantes plates-formes pour les échanges humains et culturels entre les deux pays.

 

Il faut noter que les échanges et les coopérations dans les domaines humains et culturels s’accompagnent d’échanges réguliers sur la politique culturelle. Ces dernières années, les deux pays ont multiplié les échanges sur le cinéma, les musées, le patrimoine culturel immatériel et la protection de l’environnement et n’ont cessé d’innover. Le mécanisme de coopération s’est stabilisé et une série de projets permanents ont été mis en place. Les deux pays se sont inspirés des expériences du développement de l’industrie culturelle.

 

Le 20 juillet 2017, à Jinhua (province du Zhejiang), une dizaine de spécialistes et 16 volontaires

chinois et français travaillent ensemble à la restauration d’un ancien édifice chinois.

 

Des petits pas qui mènent loin

 

La multiplication des échanges et des coopérations sur les plans humains et culturels entre la Chine et la France impacte la vie quotidienne des deux peuples.

 

La culture chinoise est entrée dans la vie quotidienne des Français depuis longtemps, avec la soie, la porcelaine et le thé. Aujourd’hui, la cuisine chinoise, la médecine traditionnelle chinoise et le taï-chi quan se sont largement popularisés chez les Français, véhiculant de nouveaux aspects de la culture chinoise en France. Aujourd’hui, la France compte de plus en plus d’associations de taï-chi, de kung-fu, de cinéma chinois et de médecine traditionnelle chinoise. Ces institutions sont des plates-formes de diffusion de la culture chinoise en France et favorisent les échanges humains et culturels sino-français. Plus important, dans le contexte de la mondialisation économique, les produits « made in China » sont de plus en plus courants en France. La culture chinoise est plus présente dans la vie quotidienne des Français et l’influence plus profondément.

 

De la même façon, la culture française est également très présente dans la vie du peuple chinois, notamment la cuisine française, le vin rouge, la mode, l’art, le cinéma et l’architecture. L’entreprise française Carrefour, géant mondial de la distribution, est le premier distributeur étranger en Chine. La chaîne française d’hypermarché compte aujourd’hui plusieurs centaines de magasins répartis dans de nombreuses villes chinoises et influence profondément la consommation des Chinois. En outre, les films et l’art français sont de plus en plus diffusés dans les cinémas et les institutions culturelles en Chine. La découverte des œuvres artistiques françaises aident les Chinois à mieux connaître et apprécier la culture française.

 

L’empreinte de la culture française est également visible dans le domaine de l’architecture, puisque des architectes français ont contribué au processus de la modernisation chinoise en concevant de grands édifices tels que le Grand Théâtre national de Chine, le nouveau site du Musée de la capitale, le grand théâtre de Shanghai ainsi que le Centre d’art oriental de Shanghai. Ces édifices correspondent aux aspirations esthétiques françaises en matière d’architecture et leur réalisation reflète la rencontre entre la culture française et la culture chinoise.

 

Vers un approfondissement des échanges humains et culturels

 

Les échanges humains et culturels sino-français ne prennent pas seulement la forme d’activités et de projets concrets. Ils donnent également lieu à des dialogues d’idées de plus en plus approfondis entre les deux pays.

 

En Chine et en France, un grand nombre de classiques littéraires et d’ouvrages de recherche de sciences humaines et sociales ont été traduits en chinois et en français. Les échanges et les coopérations entre les deux pays dans le domaine des sciences humaines et sociales ont grandement favorisé la communication et le dialogue entre les deux pays au niveau idéologique. Il y a cinq ans, lors d’un rassemblement à Paris pour célébrer l’établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France, le président chinois Xi Jinping a mentionné des philosophes, des écrivains et des artistes français qui influencent considérablement les Chinois, tels que Voltaire, Rousseau, Sartre, Montaigne, Balzac, Hugo, Millet, Monet, Rodin, etc.

 

Ces échanges d’idées aident les peuples des deux pays à mieux se connaître, se comprendre et s’apprécier. La connaissance de la culture et des valeurs de l’autre favorise la communion d’esprit entre les peuples. Chaque partie s’inspire des idées et des expériences de l’autre et les utilise dans sa stratégie de développement. L’inspiration mutuelle des civilisations est donc primordiale.

 

La Chine et la France ont de nombreux intérêts communs et une forte complémentarité. Le renforcement des échanges et des coopérations sur les plans humains et culturels est non seulement propice à la prospérité et au développement des deux pays, mais également favorable au bien-être du peuple. En ce qui concerne l’avenir, nous espérons sincèrement que la Chine et la France continueront à approfondir leur coopération pragmatique et à améliorer leur mécanisme d’échanges pour donner un nouvel élan au développement d’une relation sino-française stable, durable et prévisible et d’une relation sino-européenne saine et approfondie. Je souhaite que les peuples chinois et français travaillent ensemble à donner l’exemple de la compréhension, de la communication et de l’inspiration mutuelle entre civilisations différentes, apportant ainsi leur contribution au progrès de l’humanité.

 

*ZHANG JINLING est chercheur de l’Institut des études sur l’Europe de l’Académie des sciences sociales de Chine et du Centre de recherches sur le marxisme et la civilisation européenne.

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