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Lyon à la confluence de l’amitié franco-chinoise

2019-03-05 11:13:00 Source:La Chine au présent Auteur:GÉRARD COLLOMB
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Le 13 février 2019, le 55e anniversaire de l’établissement des relations
diplomatiques sino-françaises et la fête du printemps sont célébrés à Lyon.
 
 
 
GÉRARD COLLOMB*
 
Le 55e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et la France a pour Lyon une résonance particulière. Car il fait écho à une amitié riche et ancienne qui lie notre cité, plus qu’aucune autre ville française, à ce grand pays.

 

Notre histoire commune remonte en effet à la Renaissance, avec le commerce de la soie et le travail des imprimeurs, qui publièrent les ouvrages fondateurs du savoir européen sur la Chine.

 

Elle s’est développée grâce à l’Institut franco-chinois qui, de 1921 à 1946, forma près de 500 étudiants chinois et où passèrent de grandes figures comme Zhou Enlai, l’un des premiers artisans du rapprochement diplomatique avec la France, ou encore Deng Xiaoping.

 

Ces liens se sont poursuivis tout au long du XXe siècle, s’enrichissant toujours de nouvelles initiatives, dont notre jumelage avec Guangzhou il y a plus de 30 ans est l’un des plus beaux exemples.

 

Si notre amitié est si puissante, c’est qu’elle s’est constamment nourrie des relations qu’entretenaient entre eux Chinois et Lyonnais, notamment dans le domaine économique. Paul Berliet exportait ainsi en Chine dès les années 1950 et c’est lui qui, en 1965, y réalisa le premier transfert de technologie français d’importance. Charles et Alain Mérieux s’y engagèrent dès les années 1970 pour la lutte contre les maladies infectieuses et le P4 de Wuhan est aujourd’hui la traduction la plus éclatante de cette coopération. En décembre dernier, Alain Mérieux a été l’une des dix personnalités étrangères honorées à l’occasion du rassemblement célébrant le 40e anniversaire de la réforme et l’ouverture.

 

C’est bien cette place unique de Lyon dans la relation franco-chinoise qui, en 2014, avait conduit le président de la République populaire de Chine à choisir Lyon pour première étape de sa visite en France.
 
Le 9 mai 2018, à Guangzhou, la Chine fait partie des six pays qualifiés pour la finale
du prestigieux concours de cuisine du Bocuse d’Or à Lyon, en France, en 2019.

 

Ces échanges représentent pour notre ville un enjeu majeur.

 

Aujourd’hui plus de 160 entreprises d’origine rhônalpines sont implantées en Chine, avec de grands groupes comme SEB mais aussi des PME. Dans notre région, on compte 23 entreprises à capitaux chinois qui sont installées et le mouvement se poursuit. Nous l’avons vu l’an dernier avec l’arrivée de 7 nouvelles entreprises comme Ehang ou encore Sunmi, une filiale de Xiaomi, l’un des géants chinois du numérique ; pour notre agglomération, cela représentera 160 créations d’emplois d’ici trois ans. C’est ce dynamisme qui a conduit le vice-premier ministre chinois Hu Chunhua à venir à Lyon en décembre dernier ; j’ai la conviction que cette visite est de bon augure pour l’avenir.

 

La force de nos liens repose sur une histoire. Elle vient aussi de notre capacité à ancrer notre amitié dans le présent, à renouveler sans cesse nos partenariats pour relever ensemble les défis économiques, écologiques, sanitaires, qui sont ceux de notre monde. Pour y faire face, nous avons besoin d’innovation ; nous avons besoin que se développe la connaissance. Je me réjouis donc que notre territoire accueille chaque année 5 000 étudiants chinois, que huit lycées de notre Académie offrent un enseignement de la langue chinoise, que des formations linguistiques continuent à se développer dans plusieurs de nos universités et grandes écoles et que Lyon et la Chine soient riches de 42 partenariats universitaires. Je pense notamment à ceux existant entre l’Insa de Lyon et les universités Jiaotong et Tongji à Shanghai, l’École de Management de Lyon et l’East China Normal University, entre l’université Jean Moulin Lyon 3 et l’université de Sun Yat-sen au Guangdong, ou encore aux collaborations unissant les Écoles normales supérieures de Lyon et de Beijing.

 

C’est bien la richesse de ces échanges, dans tous les domaines, qu’a vocation à promouvoir le Nouvel Institut franco-chinois présidé par Thierry de la Tour d’Artaise et rassemblant des personnalités qui, comme son vice-président Alain Labat, connaissent bien la Chine. Tel est le sens des rencontres que nous organisons ensemble chaque année et qui rassemblent les acteurs majeurs des relations entre nos deux pays, telle la Fondation Prospective et Innovation de Jean-Pierre Raffarin. La première édition de ces « Confluences franco-chinoises » portait sur la culture. La deuxième, l’an dernier, avait pour thème la gestion durable de nos villes. À l’automne prochain, c’est celui de la santé que nous avons retenu.

 

Notre ambition est d’axer notre réflexion sur les grandes questions qui engagent notre avenir commun. Car nous avons la conviction que le long chemin que nous avons déjà parcouru ensemble peut nous y aider.

 

S’il est un enseignement que nous pouvons tirer de la longue amitié qui lie nos deux pays, c’est en effet la fécondité des relations entre deux cultures qui ont misé sur leur complémentarité, et qui, à la confrontation ont préféré la rencontre, à la compétition, l’émulation, à la méfiance, le dialogue. 
 
 
*GÉRARD COLLOMB est maire de Lyon.
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