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Un début d’année prometteur pour les relations culturelles sino-françaises

2019-03-05 16:20:00 Source:La Chine au présent Auteur:PAULINE AIROLDI et HAN BING
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28 novembre 2014, inauguration de l’exposition « Rodin, l’œuvre d’une vie » au Musée national de Chine
 
PAULINE AIROLDI, membre de la rédaction et HAN BING* 
 
La visite en Chine, en janvier, de Catherine Chevillot, conservateur général du patrimoine, directrice du musée Rodin, laisse à penser que l’année 2019 sera fructueuse pour les échanges culturels entre la Chine et la France. Dans un entretien accordé à la presse lors de la réception organisée par l’ambassade de Chine en France à l’occasion du 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays, Catherine Chevillot déclare : « Je crois que les échanges culturels se renforcent, notamment depuis le cinquantième anniversaire et les accords de haut niveau sur les échanges humains, je crois que ça a donné un coup d’accélérateur aux échanges. »

 

Preuve en est : la directrice du musée Rodin s’est rendue à Shenzhen en janvier 2019 pour y discuter, avec la collectionneuse chinoise Wu Jin, d’un projet de création d’un centre Rodin dans cette ville du sud de la Chine. Sa visite s’est conclue par la signature d’un mémorandum d’entente entre le Bureau municipal de la culture, du sport et du tourisme de Shenzhen, le gouvernement populaire de l’arrondissement Futian et le musée Rodin. Un projet, soutenu à la fois par l’ambassade de Chine et les autorités françaises, sur lequel elle travaille avec la collectionneuse depuis déjà un an et demi et qui, contrairement à de nombreux projets que la directrice a rejetés ces dernières années en raison de leur caractère trop commercial, revêt cette fois-ci une véritable dimension éducative.

 

À entendre Catherine Chevillot, qui confie avoir été frappée par la place très importante donnée à la pédagogie dans les musées chinois avec des clés de lecture proposées au public et de larges espaces, au sein même des musées, dédiés aux activités pédagogiques,  on comprend que l’éducation est au cœur de ses préoccupations. « Et dans ce domaine-là, affirme-t-elle, la Chine est en avance sur nous. » Ainsi, pour la directrice du musée Rodin, il est important qu’un projet artistique invite à la réflexion et favorise le dialogue entre les cultures, car c’est aussi le moyen d’approfondir notre compréhension mutuelle. Elle explique : « Ce que je trouve intéressant, c’est que ce projet pourrait être une vraie occasion de travailler sur ce qu’est une sculpture intéressante pour les Français, pour les Chinois, et pourquoi Rodin, ça marche dans les deux cas. » Au vu de la notoriété dont jouit le sculpteur français auprès du public chinois, il existe pour Catherine Chevillot une amorce de dialogue évidente entre Rodin et la Chine. En 2014, dans le cadre des célébrations du cinquantième anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques sino-françaises, la directrice du musée Rodin avait déjà mené à bien un projet d’exposition avec le Musée national de Chine. Intitulée « Rodin, l’œuvre d’une vie » et présentée au Musée national situé sur la place Tian’anmen, cette exposition, la plus grande jamais consacrée à Rodin en Chine réunissant 139 œuvres issues de la collection du musée Rodin, a rencontré un véritable succès. Autant de signes pour Catherine Chevillot que le moment est peut-être venu « d’aller plus loin, d’essayer d’avoir un dialogue entre sculpture chinoise et sculpture française ».
 
Des visiteurs à l’exposition « Rodin, l’œuvre d’une vie »

 

Ainsi, la directrice du musée Rodin préconise plus d’échanges et de discussions entre les spécialistes de l’art chinois et français, notamment à travers l’organisation régulière de rencontres ou de symposiums. Quelle est la place de la sculpture dans chacune de nos civilisations ? Quels sont les croisements ? Quel type de sculpture chinoise est appréciée en France ? Quel type de sculpture française est appréciée en Chine ? « Tout ça, ce sont des questions que je trouve très intéressantes », déclare Catherine Chevillot. En matière d’art, le dialogue a d’ailleurs toujours existé. « Rodin lui-même s’est intéressé à la Chine, rappelle la directrice du musée. Ses collections renfermaient des objets chinois, et beaucoup de sculpteurs chinois sont venus se former en France dans les années 1920. » Et ces échanges sont essentiels, car si l’on dit souvent que l’art est universel, la perception que l’on a d’une œuvre d’art peut être différente d’une culture à l’autre. Et c’est précisément grâce à ce regard nouveau porté par une personne dont le bagage culturel est différent que l’on peut élargir la réflexion et approfondir notre connaissance d’une œuvre d’art. Catherine Chevillot est persuadée que le projet de création d’un centre Rodin à Shenzhen apportera autant à la Chine qu’à la France. À ses interlocuteurs chinois à Shenzhen, elle a d’ailleurs confié : « Je pense que vous allez nous apprendre des choses sur Rodin, parce que vous le verrez d’une manière qui n’a jamais été la nôtre. » L’art et les échanges culturels doivent être synonymes d’enrichissement mutuel.

 

Selon Catherine Chevillot, le secret de la réussite des relations culturelles sino-françaises réside dans le travail commun sur les projets, et ce, dès l’étape de la conception. Et là encore, la spécialiste de la sculpture semble confiante, car depuis qu’elle a découvert la Chine il y a six ans, elle a toujours eu le sentiment que les échanges étaient faciles. Elle raconte : « Je me suis immédiatement sentie bien. » et elle garde un souvenir très positif de l’organisation de l’exposition Rodin au Musée national de Chine en 2014, « ça s’est très bien passé avec l’équipe du Musée national ». Si l’on ajoute à cela « le travail, la volonté d’arriver à quelque chose, cette énergie qui déplacerait les montagnes », caractéristique, selon Catherine Chevillot, du peuple chinois, il ne fait aucun doute que ce très beau projet portera ses fruits et ajoutera une nouvelle pierre à l’édifice des relations culturelles sino-françaises.

 

*HAN BING est correspondant en France pour l’agence Xinhua.

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