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Quand les mots se font ponts

2026-05-06 16:09:00 Source: La Chine au présent Auteur: MIYA BENDAOUD, membre de la rédaction
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法语词典

Une simple lettre, partie d’une classe du sud de la France, a traversé les frontières jusqu’au sommet de l’État chinois. Un geste simple qui révèle une évidence : apprendre une langue, c’est aussi créer un lien. 

Elise Leledy, élève de la section de chinois de l’École internationale de Provence-Alpes-Côte d’Azur, s’exprime lors de la cérémonie de remise de la lettre de réponse du président chinois Xi Jinping, à Manosque (France), le 12 mars 2026.

ll suffit parfois de quelques mots pour rapprocher des mondes que tout semble éloigner. C’est le pari qu’ont fait des élèves d’une classe de chinois de l’École internationale de Provence-Alpes-Côte d’Azur : transformer un simple exercice scolaire en une démarche à portée symbolique, en adressant une lettre au président Xi Jinping.

Ce qui aurait pu rester un simple exercice scolaire s’est construit dans le temps comme un véritable projet collectif. Encadrés par leurs enseignants, les élèves ont confronté leurs idées, partagé leurs points de vue, affiné leurs formulations. Chacun a trouvé sa place dans ce processus où l’écriture devient un espace vivant, à la croisée de la pensée, de l’expression et de l’intention.

Comme le résume Amélie Lefebvre, élève de l’école, « nous avons écrit la lettre ensemble, chacun a partagé ses idées et ses émotions ». Derrière ces mots se dessine une expérience commune, faite d’écoute et de dialogue.

Une réponse qui donne du sens

La réponse du président Xi Jinping a donné une résonance particulière à cette initiative. Dans son message, il rappelle que la langue chinoise porte l’héritage d’une civilisation ancienne tout en s’inscrivant pleinement dans le monde contemporain.

« L’apprentissage du chinois permet non seulement de mieux comprendre une Chine à la fois ancienne et moderne, mais aussi de construire un pont vers un avenir meilleur pour la Chine et la France. »

Cette notion de « pont » prend ici une dimension concrète avec l’expérience vécue par les élèves. Pour Arnaud, cette réponse agit comme un véritable encouragement : « cela nous motive à mieux apprendre le chinois et à participer aux échanges entre la France et la Chine ».

Au-delà du contenu, c’est aussi la portée du geste qui marque. Une lettre née dans une salle de classe trouve un écho à un niveau institutionnel élevé, comme si le chemin parcouru par ces mots incarnait déjà ce que la langue rend possible : une rencontre.

Des élèves de la section de chinois de l’École internationale de Provence-Alpes-Côte d’Azur s’essaient à la calligraphie le 5 février 2026.

Des élèves entre émotion et découverte

Dans les jours qui suivent, les élèves évoquent cette expérience avec un mélange de surprise et de satisfaction discrète. Pour Lily, un passage du message a particulièrement retenu son attention : « chaque caractère chinois incarne une profonde sagesse historique ». Une phrase qui, au-delà de sa portée symbolique, vient renforcer le sentiment que l’apprentissage du chinois s’inscrit dans une continuité culturelle riche et vivante.

Ce type d’expérience donne une profondeur supplémentaire à leur parcours. Apprendre une langue ne se limite plus à mémoriser des règles ou à répéter des structures : c’est aussi entrer progressivement dans une autre manière de penser, de structurer le monde et de percevoir le monde.

À travers leurs témoignages, une impression commune se dégage : celle d’un apprentissage qui dépasse le cadre scolaire pour devenir une expérience personnelle, nourrie par la curiosité et l’ouverture.

L’école, lieu de circulation des cultures

Pour l’équipe pédagogique, cette lettre illustre concrètement le rôle que peut jouer l’école dans la circulation des cultures.

Annabelle Rinaudo, directrice adjointe de l’établissement, explique que cette initiative sera valorisée au sein de l’établissement et intégrée aux pratiques pédagogiques. Elle y voit une manière de donner du sens aux apprentissages en les ancrant dans des expériences réelles.

Nicolas Debenne, directeur de l’établissement, souligne également la portée de ce moment, qui s’inscrit dans une dynamique d’échanges plus large.

Les enseignantes, Hu Peixin et Tang Mi, constatent quant à elles un regain d’intérêt chez les élèves. Cette correspondance avec le président Xi Jinping a agi comme un déclencheur concret, donnant à l’apprentissage une dimension plus réelle.

Au fil de cette expérience, une idée s’impose avec évidence : apprendre une langue, ce n’est pas seulement acquérir des connaissances. C’est s’ouvrir à d’autres horizons, à d’autres logiques, à d’autres sensibilités.

L’éducation prend une dimension plus silencieuse mais essentielle. Elle devient un espace où se construisent des liens durables, où les différences ne s’opposent pas mais se répondent. Des ponts invisibles, tissés patiemment à travers les mots, les échanges et les regards, et qui, parfois, commencent simplement par une lettre.

 

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