
Le 15e Plan quinquennal (2026-2030), récemment adopté lors des Deux Sessions, s’inscrit dans la continuité du 14e Plan quinquennal (2021-2025), illustrant l’engagement de la Chine en faveur d’une vision stratégique à long terme.
La Chine a ouvert ses marchés à l’Afrique grâce à d’importantes réductions des restrictions commerciales. Elle a renforcé ses échanges avec d’autres pays par l’intermédiaire de l’initiative « la Ceinture et la Route », du Partenariat économique régional global (RCEP) et de l’élargissement des BRICS. Elle a également développé la coopération régionale à travers l’Organisation de coopération de Shanghai et ses partenariats avec l’ASEAN. Les chiffres de 2025 indiquent que la Chine a atteint tous ses objectifs de croissance, accédé à davantage de marchés avec des produits plus diversifiés et accru son commerce international durant une année pourtant très difficile.
Si cela est vrai pour la Chine, les États-Unis connaissent quant à eux une situation de turbulences tant sur le plan intérieur qu’international.
Sur le plan international, les États-Unis ont mené des frappes coordonnées contre l’Iran avec Israël. Ils ont enlevé le président du Venezuela et son épouse. Ils poursuivent une guerre par procuration visant à affaiblir la Russie et imposent des droits de douane au monde entier. Ils continuent de soutenir et d’approvisionner Israël, malgré la déclaration de la Cour internationale de justice ayant évoqué un « génocide plausible » et, afin d’éviter toute enquête, ils ont sanctionné des juges internationaux.
Malgré les promesses et déclarations faites avant les élections, Donald Trump n’a pas mis fin aux guerres en Ukraine ni à Gaza. Il a menacé d’envahir le Groenland, territoire autonome sous la souveraineté du Royaume du Danemark. Il a bombardé l’Irak, le Nigeria, la Somalie et le Yémen et menacé la Colombie. Son secrétaire d’État a laissé entendre, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, que seule l’influence américaine pouvait apporter la paix et la prospérité au monde.
Sur le plan intérieur, les États-Unis font face à une dette nationale incontrôlable de 38 700 milliards de dollars. Il existe un déficit massif de la sécurité sociale qui, selon de nombreux experts, pourrait entraîner un défaut de paiement dès 2032. Le pays s’est désindustrialisé et se dirige vers une dépendance accrue aux produits fabriqués dans le Sud global. Les stratégies de « relocalisation » et de « friend-shoring » (relocalisation chez les alliés) n’ont pas réussi à endiguer le déclin industriel américain. La politique tarifaire de Trump a été annulée par la Cour suprême, mais ce revers l’a conduit à redoubler d’efforts en utilisant d’autres législations permettant d’imposer des droits de douane encore plus larges qui, contrairement aux affirmations de son administration, sont payés par les importateurs et les consommateurs américains.

Des étudiants de l’Université du Nevada à Las Vegas visitent Rua da Felicidade, une attraction principale à Macao.
Les observateurs occidentaux comprennent souvent mal la planification chinoise. Chatham House, un think tank occidental, considère le plan quinquennal chinois comme un risque et remet en question l’intérêt d’établir des plans sur une période aussi longue pour un pays aussi vaste, divers et peuplé que la Chine. Il s’interroge également sur la capacité du pays à atteindre ses objectifs de croissance. Son rapport décrit le plan comme « la consolidation finale du passage de la Chine vers la technologie comme moteur de la croissance économique », comme s’il s’agissait d’une fin plutôt que d’une étape dans un processus continu. Le Tony Blair Institute for Global Affairs adopte une vision similaire, suggérant que la Chine passe d’une participation active à un rôle de leadership dans les affaires internationales.
Comme beaucoup d’analyses occidentales sur la Chine, ces interprétations sont erronées. Il n’y a jamais eu d’adage plus vrai que « ne pas planifier, c’est planifier son échec ». Par ailleurs, la Chine ne cherche pas à diriger le monde ; elle vise la multipolarité et l’équité. Elle ne cherche pas la domination internationale ; elle cherche l’autosuffisance dans les secteurs stratégiques tout en défendant sa sécurité nationale.
La Chine s’inquiète à juste titre des goulots d’étranglement mondiaux concernant des ressources stratégiques telles que les semi-conducteurs, le pétrole ou les approvisionnements alimentaires. Les États-Unis ont clairement montré qu’ils étaient prêts à utiliser ces instruments pour freiner la croissance de la Chine. Il est donc logique et responsable de planifier des réserves, des alternatives et des productions nationales.
Si la Chine ne représente aucune menace militaire pour les États-Unis, il est clair que l’idée, pour Washington, d’un concurrent quasi équivalent dans le commerce mondial constitue une atteinte à son orgueil national. La Maison-Blanche et le Congrès interprètent cela comme un danger clair et immédiat pour la « sécurité nationale ». Ainsi, plutôt que de planifier comme la Chine pour surmonter ces défis, ils ont choisi une autre voie : la division et la désinformation.
Les divisions aux États-Unis sont profondes : entre les camps « rouges » et « bleus », entre les riches et les pauvres, entre les suprémacistes chrétiens blancs et les autres, et entre les partisans d’Israël et le reste du pays. Les agents de l’Immigration and Customs Enforcement ont parcouru les villes, emprisonné des milliers de migrants et tué plusieurs citoyens américains. Les dossiers Epstein sont devenus un problème majeur pour l’élite politique, qui préférerait les voir disparaître, tandis que le public exige des explications sur chaque révélation. La liberté d’expression passe au second plan et n’est acceptable que lorsqu’elle correspond à un spectre approuvé, déterminé non pas par le gouvernement mais par ses donateurs. Des bastions de la liberté d’expression comme les universités ont été avertis, et certains même sanctionnés, pour avoir permis des expressions qui ne s’y conformaient pas. L’Université Columbia, à elle seule, a perdu jusqu’à 400 millions de dollars de subventions et de contrats fédéraux.

Des habitants font leurs courses dans un supermarché à Huai’an (Jiangsu), le 13 mars 2026.
Les situations chaotiques aux États-Unis contrastent fortement avec ce qui se passe en Chine. Le Tony Blair Institute offre d’ailleurs une vision rare et relativement équilibrée du plan chinois. Ce document-cadre exige une préparation intensive, une coordination massive et est de nature socioéconomique plutôt que politique. Il vise à garantir les meilleurs bénéfices pour la population chinoise. Il inclut la participation du gouvernement, mais aussi du monde universitaire, de l’industrie, des entreprises et littéralement des millions de suggestions provenant du public.
Au cours des cinq dernières années, la Chine n’a lancé aucune guerre et n’a connu aucune rupture majeure dans ses relations internationales. Elle n’a rien vécu de comparable aux événements du 6 janvier, lorsque le Capitole des États-Unis a été pris d’assaut, ni lancé d’interventions militaires à l’étranger. Au contraire, elle a sorti des millions de personnes de la pauvreté, tandis que les États-Unis ont vu croître l’insécurité économique parmi certaines parties de leur population.
L’espérance de vie en Chine a atteint 79 ans, un niveau comparable à celui des pays développés. Le pays a amélioré la consommation intérieure, augmenté la production d’électricité et renforcé la protection de l’environnement. Tout cela montre que la planification centrale, la mise en œuvre locale et la consultation constante du public apportent stabilité et sécurité.
Les personnes vivant en Chine remarquent à peine les changements quotidiens. L’air est plus propre, les voitures plus silencieuses, les centres commerciaux plus fréquentés, les magasins remplis de produits abordables, les restaurants bondés et les livraisons à domicile abondantes. Il existe des trains, des avions, des bus, des ferries et des taxis pour nous emmener partout où nous voulons aller. Les gens ont des revenus correspondant à leur mode de vie ; la plupart n’ont besoin que d’un seul emploi et leurs comptes bancaires débordent d’épargne. Le pays est sûr : il y a très peu de criminalité de rue et pas de sans-abri. En réalité, c’est exactement à quoi devrait ressembler la normalité.
Les visiteurs en Chine sont souvent étonnés par l’accueil chaleureux, la stabilité, les infrastructures, les libertés, la sécurité et la sûreté. Ces dernières années, la Chine a étendu les séjours sans visa à davantage de pays, permettant à plus de voyageurs d’observer ces réalités de leurs propres yeux.
La planification sociale à long terme, la croissance économique, la gouvernance stable et la stabilité politique conduisent toutes à une conclusion : le système choisi par la Chine fonctionne. Il fonctionne bien et bénéficie à la grande majorité des populations, tant au niveau national qu’international. Il y a assurément de précieuses leçons à en tirer.
*JERRY GREY est un écrivain indépendant britanno-australien qui a étudié la gestion du changement interculturel en Chine et qui vit dans le pays depuis près de deux décennies.