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Une nouvelle mondialisation qui ouvre des perspectives de coopération sino-française

2020-07-31 17:27:00 Source:La Chine au présent Auteur:BIAN YONGZU
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Espace Citroën à l’Exposition internationale des importations de Chine
 
Le 5 juin dernier, le président chinois Xi Jinping et son homologue français Emmanuel Macron ont tenu leur quatrième entretien téléphonique depuis le début de l’année. Les deux dirigeants ont convenu de renforcer la coopération sino-française dans des domaines tels que la lutte contre le COVID-19 et l’économie, à dessein d’imprimer un essor encore plus significatif à la relation entre les deux pays. Depuis le début de la pandémie de nouveau coronavirus, les chefs d’État chinois et français se sont téléphoné à quatre reprises afin d’aborder ensemble un large éventail de sujets, ce qui conforte le développement de la relation bilatérale et porte celle-ci à de nouveaux sommets.

 

La Chine comme la France sont des pays qui jouissent d’une grande influence à l’échelle du globe, d’autant plus en cette période difficile où la planète toute entière est aux prises avec le COVID-19. Les deux pays doivent mener une collaboration étroite pour contribuer à la reprise rapide de l’économie mondiale.

 

Régionalisation des chaînes industrielles hâtée par l’épidémie

 

Le COVID-19 a entraîné (et entraînera encore) de profondes répercussions sur l’économie mondiale. Parmi les changements majeurs qu’elle a amenés, cette épidémie a eu pour effet d’accélérer la régionalisation des chaînes industrielles.

 

Selon les données publiées par les douanes chinoises, au cours des quatre premiers mois de 2020, la valeur totale des importations et exportations chinoises de marchandises se chiffrait à 9 070 milliards de yuans, soit une baisse de 4,9 % par rapport à l’année dernière à la même période. L’ASEAN est devenue le premier partenaire commercial de la Chine, enregistrant avec cette dernière 1 350 milliards de yuans d’échanges commerciaux (+5,7 %), ce qui représente 14,9 % de la valeur totale du commerce extérieur chinois. La Chine a effectué des échanges commerciaux d’une valeur totale de 1 230 milliards de yuans (-6,6 %) avec son deuxième partenaire commercial, à savoir l’Union européenne ; et d’une valeur totale de 958,46 milliards de yuans (-12,8 %) avec son troisième partenaire commercial, à savoir les États-Unis.

 

Force est de constater que l’épidémie a porté un coup considérable au commerce international, mais qu’en revanche, elle a resserré les liens commerciaux qui unissent la Chine et l’ASEAN. De la même façon, le volume des échanges entre la Chine et le Japon a baissé de 2,1 %, mais d’un point de vue global, son niveau s’est renforcé. L’on peut en déduire que la coopération dans la dimension des chaînes d’approvisionnement s’intensifie en Asie de l’Est, en particulier entre la Chine et les pays de l’ASEAN, laissant entrevoir une tendance à la régionalisation.

 

Cette tendance devra bientôt gagner l’Europe. Entre les pays européens, plus que n’importe où ailleurs dans le monde, le degré d’intégration est très élevé, ce qui facilite la coopération entre eux. Lorsque le virus a commencé à se propager, certains biens jugés banals en temps normal sont devenus de plus en plus prisés. De nombreux pays, sous le joug de l’épidémie, ont pris conscience de cette situation. Par conséquent, il est devenu indispensable de produire localement les biens essentiels à la vie quotidienne des habitants. Parallèlement, au tout début de l’épidémie en Europe et aux États-Unis, les marchés des capitaux mondiaux ont fait l’objet de grandes fluctuations. Les États-Unis ont même recouru quatre fois au mécanisme du « coupe-circuit » en seulement un mois, ce qui n’est arrivé que très rarement par le passé. Cela s’explique par le fait que les investisseurs n’ont aucun moyen de déterminer, dès lors qu’il n’existe aucun vaccin ou traitement pour contrer le COVID-19, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement que cette épidémie fera subir aux grandes entreprises.

 

Dans ce contexte, c’est aux multinationales qu’il revient de résoudre le problème. Et l’une des solutions possibles consiste à rassembler autant de maillons de la chaîne d’approvisionnement que possible afin de former un centre d’approvisionnement régional, en évitant ainsi la rupture des chaînes d’approvisionnement et de valeur pouvant résulter de soucis logistiques.

 

Il est fort probable que l’Europe, bénéficiant d’une bonne base industrielle, accélérera encore le regroupement des chaînes industrielles. Cette démarche, qui s’inscrit dans la tendance de développement à venir, contribuera à la cohésion au sein de l’Europe et encouragera un développement économique plus équilibré dans la région.

 

Ce phénomène peut être considéré comme un ajustement intervenant automatiquement après que la mondialisation passe un certain cap ou encore comme une nouvelle mondialisation optimisée. Cette tendance de régionalisation pourra mettre en jeu les avantages innés des différents États dans tel ou tel domaine afin d’augmenter la productivité, ce qui parallèlement accélérera le processus d’intégration économique des pays de la région.
 

 

Coopération dans le cadre de la nouvelle mondialisation

 

Cette nouvelle mondialisation n’affaiblira pas la coopération économique entre la Chine et l’Europe et entre la Chine et la France, et devra même, en fin de compte, la monter d’un cran. La production locale de certains biens fondamentaux pourra multiplier les opportunités d’emploi dans les divers pays européens et augmenter le revenu des ménages. En outre, la Chine et l’Europe pourront mener une coopération approfondie dans des domaines de haut niveau, comme les hautes technologies, les grands projets d’infrastructures et la finance, comme elles l’ont déjà fait pour la 5G, le TGV et l’automobile. Les dirigeants chinois et français, lors de leur dernier contact téléphonique, ont également souligné le besoin d’appuyer la coopération internationale dans la recherche et le développement de vaccins et de médicaments. À l’avenir, de grandes possibilités de coopération s’ouvriront pour les deux parties dans des secteurs clés, notamment les énergies renouvelables, les technologies optoélectroniques et optiques, la recherche polaire et océanique, les sciences de la vie, l’urbanisme et l’aménagement du territoire, ou encore les véhicules électriques.

 

Les trains de fret Chine-Europe ont révélé leur rôle majeur au premier temps de la pandémie. Selon les statistiques, des records historiques ont été établis au mois de mai 2020 : au total, 1 033 trains ont circulé entre les deux régions (+43 % en glissement annuel) pour acheminer 93 000 EVP (« équivalent vingt pieds », l’unité qui désigne un conteneur standard) de marchandises (+48 % en glissement annuel). Mais ce qu’il convient de noter, c’est la marge d’amélioration colossale qui existe concernant les infrastructures aussi bien en Asie occidentale qu’en Europe centrale et orientale. La Chine affiche les meilleures capacités de conception et de construction d’infrastructures au monde ; l’Europe, de son côté, possède une expérience plus riche en matière de gestion, d’investissement et de financement. Ainsi, la Chine et l’Europe pourront pleinement approfondir leur coopération dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route », ce qui profitera non seulement aux deux parties, mais aussi aux pays situés le long des Nouvelles Routes de la Soie.

 

La tendance de régionalisation économique transformera inévitablement le modèle de gouvernance mondiale actuel, d’une façon telle que le monde s’orientera vers un profil plus multipolaire et équitable. Le monde de demain comptera probablement trois pôles de regroupement des chaînes d’approvisionnement : l’Asie de l’Est, l’Europe et l’Amérique du Nord. Ces trois régions devront également s’imposer comme les trois plus grands centres économiques mondiaux. Le monde unipolaire sera alors progressivement remplacé par un monde multipolaire.

 

La Chine et l’Europe sont des bénéficiaires de la mondialisation économique et du libre-échange. C’est pourquoi elles sont déterminées à maintenir le système commercial multilatéral fondé sur des règles, à s’opposer à l’unilatéralisme et au protectionnisme, et à assumer leurs responsabilités pour l’avènement d’un futur meilleur. Il ne fait aucun doute que l’Europe, avec la France et l’Allemagne en son centre, et que la Chine, classée deuxième économie du monde, joueront toutes deux un rôle croissant dans la gouvernance mondiale.

 

Depuis l’émergence du COVID-19, la Chine et la France renforcent leur coopération dans la prévention et le controle de l’épidémie. Comme les deux chefs d’État l’ont exprimé au moment de leur appel téléphonique, les deux parties devront mettre en œuvre le consensus obtenu lors de la 73e Assemblée mondiale de la santé, aider l’OMS à jouer un rôle important, et soutenir conjointement les pays d’Afrique et des autres régions sous-développées dans leur combat contre l’épidémie.

 

Le COVID-19 a causé de lourdes pertes pour l’économie mondiale et la santé publique, tout en apportant des changements dans la gouvernance mondiale et l’ordre économique. Dans ce contexte en pleine évolution, la coopération sino-européenne de même que la coopération sino-française saisiront les nouvelles opportunités qui s’offrent à elles pour franchir un nouveau palier.

 

*BIAN YONGZU est directeur adjoint et chercheur du département de recherche industrielle à l’Institut d’études financières Chongyang de l’université Renmin de Chine.

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