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« Nous voulons servir de catalyseur entre l’UE et la Chine »

2019-08-01 11:21:00 Source:La Chine au présent Auteur:SUN CHAO
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SUN CHAO*
 
« Bien que je sois Grec, je me sens comme chez moi en Chine », a déclaré Leonidas Rokanas, ambassadeur de Grèce en Chine, avant d’ajouter que son pays soutient très positivement l’initiative « la Ceinture et la Route ».

   

L’initiative offre un cadre de coopération

   

Question : En octobre 2018, lors de leur rencontre, les dirigeants chinois et grecs ont souligné la nécessité de renforcer la coopération économique et commerciale ainsi que les investissements dans le cadre de l’initiative « la Ceinture et la Route ». Alors quels plans et quelles mesures la Grèce compte-t-elle adopter pour mieux participer à cette initiative ?

   

Réponse : Nous soutenons tous très positivement l’initiative « la Ceinture et la Route ». À présent, plus de 100 pays et organisations internationales ont déjà pris part à ce grand projet qui profitera à plus de 4 milliards de personnes.

   

Notre collaboration économique avec la Chine remonte à 2006, bien avant que l’initiative « la Ceinture et la Route » ne soit formulée et officiellement mise en pratique en 2013. Elle a commencé par une coopération maritime dans le port du Pirée. La Grèce possède une longue histoire maritime, s’étant développée particulièrement autour des voyages et du commerce ; tandis que la Chine est la troisième puissance maritime au regard de sa marine marchande.

   

Suite au lancement de l’initiative « la Ceinture et la Route », notre coopération s’est étendue à d’autres domaines, notamment les infrastructures, l’énergie, les télécommunications, le tourisme, l’agriculture, les hautes technologies, mais aussi la finance et les banques. Nous souhaitons que les banques chinoises, telles que la Banque industrielle et commerciale de Chine et la Banque de développement de Chine, établissent des succursales en Grèce.

   

L’initiative « la Ceinture et la Route » offre aux deux parties une excellente plate-forme et un formidable cadre de coopération. En août 2018, la Grèce et la Chine ont signé un mémorandum d’entente, s’engageant toutes deux à promouvoir conjointement l’initiative « la Ceinture et la Route ». Après la prise de ses fonctions de ministre grec des Affaires étrangères, Giorgos Katrougalos a choisi la Chine comme première destination de visite à l’étranger, ce qui illustre l’importance et la priorité que nous accordons aux relations gréco-chinoises.

   

Q. : De plus en plus de pays adhèrent à l’initiative « la Ceinture et la Route » et la soutiennent. La Grèce est le premier pays développé d’Europe à avoir signé un mémorandum d’accord avec la Chine. De son côté, la Chine soutient également le Plan d’investissement pour l’Europe et encourage activement la coopération sur les marchés tiers. Que pensez-vous de la coopération sur les marchés tiers et quelles sont, selon vous, les opportunités à saisir pour la Chine et la Grèce à cet égard ?

   

R. : La coopération sur les marchés tiers constitue, en effet, un volet de la participation de la Grèce à l’initiative « la Ceinture et la Route ». Nous sommes très favorables à la coopération sur les marchés tiers. Nous espérons également que davantage de pays y participent de manière plus ouverte et plus inclusive. Nous souhaitons également que cette approche soit liée aux programmes de l’Union européenne, par exemple la stratégie européenne sur la connectivité entre l’Europe et l’Asie.

   

L’UE et la Chine ont conclu un partenariat stratégique global, que la Grèce s’efforce de promouvoir. Nous voulons servir de catalyseur entre l’UE et la Chine. Par conséquent, nous travaillons à l’élaboration d’un accord d’investissement, qui sera fondé sur des conditions équitables et pourra promouvoir le libre-échange conformément au principe de réciprocité.

   

La Chine et la Grèce sont des partenaires importants
 
Q. : La Grèce dispose d’une industrie de la construction navale à la pointe de la technologie. Quant à la Chine, elle possède des avantages dans les domaines de la construction et la réparation navale, des équipements maritimes high-tech et du financement. Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet ?

   

R. : Moody’s, l’une des agences de notation les plus réputées au monde, a augmenté de deux points sa note de la dette souveraine grecque. C’est une bonne chose, car nous pouvons maintenant vendre des obligations sur le marché et tirer parti en quelque sorte de l’afflux de fonds, ce qui est propice à la croissance de notre économie.

   

Les Chinois connaissent déjà bien notre marché et y ont massivement investi. Par exemple, China Ocean Shipping Company (COSCO), l’une des plus grandes compagnies maritimes au monde, a pris une large participation au capital du port du Pirée, une infrastructure très importante probablement appelée à devenir le port numéro un en Méditerranée en 2019. La société State Grid Corporation of China, de son côté, a racheté 24 % des parts de Public Power Corporation, principal opérateur du réseau électrique grec. D’autres sociétés bien connues, telles que Huawei et ZTE, ont également injecté des fonds en Grèce, principalement dans des grandes entreprises du secteur de l’énergie.

   

La Chine montre également un grand intérêt pour la construction de la route express Terre-Mer, reliant, au sud, le Pirée et au nord, Budapest (Hongrie), en passant par Skopje (Macédoine) et Belgrade (Serbie). Cet itinéraire peut ouvrir une nouvelle voie pour les exportations chinoises vers l’Europe et les produits européens à destination de la Chine.

   

À l’heure actuelle, les conditions d’achat et d’investissement en Grèce sont optimales. Nous avons retrouvé notre compétitivité, au moins en termes de coût de la main-d’œuvre. De fait, les prix sont très intéressants pour ceux qui viennent investir en Grèce. Ce que nous voulons, c’est renforcer l’excellente collaboration que nous avons déjà nouée avec la Chine en matière d’investissement et de commerce. Cependant, nous pouvons également améliorer la coopération dans d’autres domaines tels que le commerce, la technologie, l’agriculture et le tourisme.

   

« Je me sens comme chez moi en Chine »

   

Q. : Comment évaluez-vous votre vie en Chine et quel regard portez-vous sur le peuple chinois ?

   

R. : La Grèce est un pays européen, appartenant donc à un autre continent que la Chine. Et pourtant, bien que je sois Grec, je me sens comme chez moi en Chine. Des milliers de kilomètres séparent les deux pays, mais au final, nous ne sommes pas si éloignés d’un point de vue spirituel. Le peuple grec partage une multitude de points communs avec le peuple chinois, avec des valeurs et des principes de vie fort similaires. Par exemple, nos deux populations sont très attachées à la famille.

   

J’en profite pour exprimer ma sincère admiration pour le peuple chinois et la nation chinoise, ainsi que pour les brillantes réalisations accomplies par la Chine. Elles résultent des efforts conjoints des Chinois ordinaires, et c’est cela que j’appelle le « miracle chinois ».

   

Bien entendu, derrière ce « miracle » se trouvent des leaders remarquables et des politiques avisées. Mais ce qui prime, c’est le peuple chinois, à la fois diligent, déterminé, audacieux et clairvoyant, qui soutient toujours le grand « rêve chinois » et qui a fait de la Chine ce qu’elle est aujourd’hui.

   

Q. : Pourriez-vous nous faire part d’expériences intéressantes que vous avez vécues au fil de votre carrière ?

   

R. : Lorsque je suis en visite dans des pays étrangers, j’admire non seulement la beauté du cadre naturel local, mais aussi tout ce qui a façonné ce pays. En Chine, je suis allé dans 22 provinces, régions autonomes et municipalités relevant directement de l’autorité centrale. La Chine est un pays au vaste territoire riche en ressources naturelles et en paysages splendides. Il y a tant d’endroits qui valent le détour !

   

Je peux citer de nombreux exemples. Dunhuang, dans la province du Gansu, renferme les grottes de Mogao classées au patrimoine culturel mondial de l’UNESCO. Nœud important sur l’ancienne Route de la Soie, Dunhuang est telle une perle dans le désert, c’est impressionnant !

   

Je me suis également rendu à Chengdu, où j’ai visité un musée national doté d’amples collections retraçant l’histoire avec force détails. J’y ai vu de nombreux objets précieux témoignant des civilisations anciennes qui vivaient ici il y a des milliers d’années.

   

J’ai également foulé les terres à la frontière entre la région autonome zhuang du Guangxi et le Vietnam, où j’ai pu observer des marchands chinois et vietnamiens vendre des marchandises directement à bord de leurs bateaux et se livrer au commerce sur l’eau. Bien sûr, je suis aussi allé à Shanghai, cette ville que l’on surnomme le « nouveau Manhattan », qui est plus moderne que Manhattan.

   

Enfin, je tiens à évoquer le Tibet : sa singularité et son caractère sacré me fascinent. Je me rappelle cette statue de Sakyamuni qui trône dans le temple de Jokhang à Lhasa, statue que la princesse Wencheng des Tang (618-907) avait rapportée depuis Chang’an (aujourd’hui Xi’an) à son arrivée au Tibet.

   

Ainsi, j’ai pu constater par moi-même toute la richesse et la diversité de la culture chinoise, et je garde de la Chine d’innombrables souvenirs merveilleux!

   

*SUN CHAO est membre du Comité de rédaction du magazine China Development Observation et vice-présidente du groupe Development Research Think Tank of China. Elle est également l’auteur du livre New Order: Ambassadors’ Views on the “Belt and Road” Initiative.  

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