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La NBA en plein boom

2018-09-29 16:05:00 Source:La Chine au présent Author:ORGE RAMÍREZ CALZADILLA
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Le 12 septembre 2017, Kobe Bryant, célèbre joueur de basket-ball de la NBA,
rencontre les élèves de l’école Hainan Overseas Chinese Middle School.
 
 
ORGE RAMÍREZ CALZADILLA*

 

Cette année, comme tous les quatre ans, les mondiaux ont battu leur plein et personne ne s’est étonné de voir dans certaines régions reculées de la planète, des supporters soutenir des équipes composées de joueurs dont ils ne connaissaient ni la langue, ni même les prénoms.

 

La Chine compte, elle aussi, un grand nombre de ces supporters fortuits qui débordent de passion pour Messi, Ronaldo, Neymar, l’Allemagne, la France ou l’Espagne. Force est de constater que le sport n’obéit pas à la logique des frontières : la joie fugace que procure un but, une feinte ou une victoire n’est pas nécessairement liée à l’orgueil patriotique.

 

Ce phénomène qu’on observe avec le football s’applique également au basket-ball, notamment en Chine. En effet, bien qu’ils ne soient pas représentés au sein de la NBA par un de leurs compatriotes, les supporters chinois suivent avec assiduité la NBA ; c’est d’ailleurs la ligue sportive la plus suivie sur le net à l’heure actuelle en Chine (bien plus que les ligues européennes de football).

 

À la conquête de la Chine

 

Les premiers liens entre la NBA et le basket-ball chinois remontent à 1985 lorsque la ligue professionnelle américaine a commencé à accueillir les modestes équipes nationales du géant asiatique.

 

Pour la NBA et l’expansion de son marché, il est très regrettable que la flopée de joueurs étrangers qui a rejoint la ligue après l’effondrement du bloc soviétique au début des années 1990 et suite au show offert par la Dream Team et Michael Jordan aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992 n’ait pas compté de joueur d’origine chinoise. Mais il est vrai que leur niveau était encore bien en-deçà de celui de leurs pairs d’Europe de l’Est qui ont ouvert la voie à l’internationalisation progressive de la NBA.

 

La NBA a été fondée en 1946 et, depuis le jour où elle a admis pour la première fois un joueur étranger, à savoir le Canadien d’origine italienne Hank Biasatti, le nombre et la hiérarchie des joueurs étrangers qu’elle accueille a connu une augmentation significative. Aujourd’hui des joueurs comme Nowitzki, Ginóbili, les frères Gasol, Parker, Horford, Antetokounmpo succèdent à des Petrovic, des Wilkins, des Divac, des Kukoc, des Mutombo, ou des Nash. Pour la saison 2017-2018, 110 athlètes provenant de 42 nations et régions du monde (un record historique) ont été qualifiés.

 

Forte de ses 1,4 milliard d’habitants, la Chine, connaît actuellement un développement sportif rapide et le basket-ball y jouit d’un véritable regain de popularité. Pourtant, le nombre de joueurs chinois ayant été admis en NBA demeure insignifiant, et parmi ceux-ci, un seul avait véritablement l’étoffe d’un champion.

 

De Wang Zhizhi (joueur en NBA de 2001 à 2005), premier joueur chinois admis à une draft (en 1999), en passant par Mengke Bateer (en NBA de 2001 à 2004), Yi Jianlian (en NBA de 2007 à 2012), Sun Yue (en NBA de 2008 à 2009), et enfin les récentes recrues Zhou Qi et Wang Zhelin (sélectionnés au deuxième tour de la draft 2017), le rôle des joueurs originaires de Chine a été purement symbolique, à l’exception de Yao Ming (NBA de 2002 à 2011).

 

Ce dernier, du haut de ses 2,29 mètres, s’est imposé dès ses débuts comme une figure éminente de la NBA et l’est demeuré jusqu’à ce que son physique de géant lui joue de mauvais tours et qu’une série de lésions l’obligent à prendre une retraite anticipée. Membre du Basketball Hall of Fame, sélectionné huit fois pour le NBA All-Star Game, le svelte joueur chinois, qui évolue au poste de pivot, a formé avec Tracy McGrady un redoutable tandem qui a permis aux Rockets de Houston de devenir une équipe incontournable des playoffs.

 

Hors du terrain, Yao a été le principal ambassadeur de la NBA dans une campagne menée par David Stern, commissaire de la NBA, puis par son successeur Adam Silver, qui avait pour but de conquérir le géant asiatique. Et grâce au pivot des Rockets de Houston, la NBA a pu jouer ses premiers matchs de pré-saison en territoire chinois en 2004, devenant ainsi la première grande ligue américaine de sport professionnel (NBA, MLB, NFL et NHL) à promouvoir une telle initiative.

 

À l’heure actuelle, pas moins de 17 franchises NBA se sont déjà rendues en Chine pour participer à 26 rencontres, alimentant à Beijing, Shanghai, Macao, Guangzhou et Shenzhen l’enthousiasme pour le basket-ball et établissant une véritable connexion entre les fans chinois et les stars de la ligue qui a ensuite débouché sur la commercialisation de produits tels que des maillots, des casquettes ou des baskets, générant des recettes de plusieurs millions.

 

NBA Store, la chaîne de magasins officielle de la NBA distribue plus de 500 articles dans le géant asiatique, par le biais de ses propres établissements, des magasins Adidas, Wal-Mart et Carrefour, et à travers toute une pléiade de marques associées.

 

Suivant la tendance actuelle dans un domaine où la Chine est très avancée, à savoir la technologie, la NBA a multiplié sa présence sur les réseaux sociaux du pays asiatique avec une campagne digitale virulente de marketing sportif. Le tournant décisif s’est joué en 2015, lorsque la ligue a signé avec Tencent un accord de coopération pour cinq ans d’une valeur de 500 millions de dollars (l’accord international le plus lucratif jamais conclu par la NBA), cédant au géant de la télécommunication, qui compte 963 millions d’utilisateurs, les droits numériques de diffusion de la NBA.

 

En conséquence, les vidéos des finales de la NBA 2017 ont été visionnées par 900 millions de visiteurs et 200 millions d’internautes ont suivi les matchs sur leur téléphone mobile, des statistiques qui ont certainement atteint de nouveaux records après la dernière rencontre pour le titre qui opposait les Golden State Warriors aux Cleveland Cavaliers IV.

 

La ligue, bien consciente de la popularité en Chine de Weibo (la version chinoise de Twitter) et d’applications comme WeChat (l’équivalent de WhatsApp), possède également des comptes sur ces plates-formes digitales. Dans le cas de Weibo, elle est suivie par 33 millions de fans, soit 6 millions de plus que sur son compte Twitter.

 

NBA.com/China est devenu le portail web sportif le plus visité du pays et l’acronyme de la ligue est le terme sportif le plus souvent entré sur Baidu.com, le premier moteur de recherche chinois.

 

À l’heure actuelle, la Chine est le second marché de la NBA après les États-Unis et l’on peut raisonnablement imaginer que dans un futur proche, elle deviendra sa première source de revenus.

 

Une alternative : la CBA

 

Alors que la sélection de Zhou Qi et Wang Zhelin pour la draft 2017 a mis fin à une décennie d’absence des joueurs chinois en NBA, le flux inverse va crescendo. En effet, de plus en plus de joueurs américains, parmi lesquels d’anciennes stars de la NBA, choisissent de continuer ou de terminer leur carrière au sein de la ligue professionnelle chinoise (CBA).

 

Le plus célèbre d’entre eux est sans aucun doute Stephon Marbury qui a remporté trois victoires avec les Beijing Ducks, et qui est adulé par les supporters de la capitale, à tel point qu’un musée et une statue lui ont été dédiés et qu’il a été fait citoyen d’honneur de Beijing.

 

Les ex-joueurs de la NBA ont insufflé à la CBA une dimension spectaculaire, du dynamisme et un style de jeu plus physique. Cependant, la difficulté aujourd’hui est de réussir à trouver un équilibre et d’éviter qu’une sur-représentation de ces nouvelles recrues n’étouffe le développement des jeunes talents chinois. Pour cela, la CBA s’inspire de l’exemple de la Chinese Super League et prend des mesures qui visent à encourager le développement du vivier chinois.

 

Avec Yao Ming comme actuel président de la CBA, les sélections nationales et les opérations menées par la NBA en Chine affichent un avenir prometteur. Le développement massif de la pratique de ce sport– peu coûteux si on le compare au base-ball, au hockey sur glace ou encore, au football américain – est un fait accompli. Il ne manque qu’une seule chose pour couronner le succès de cette belle histoire entre la Chine et le basket-ball : l’apparition d’une nouvelle génération de joueurs qui réalisent d’aussi belles performances sur le terrain des Jeux Olympiques et des Mondiaux que lors de compétitions continentales.

 

*JORGE RAMÍREZ CALZADILLA est un journaliste cubain qui collabore depuis plus de dix ans avec différentes revues et médias audiovisuels de son pays et de l’étranger. Il vit à Beijing depuis 2007.

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