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Tous pour un ou un pour tous ?

2018-07-31 14:34:00 Source:La Chine au présent Author:HU BILIANG
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 M. Barroso, ancien président de la Commission européenne, a déclaré que la tendance à la

mondialisation est irréversible et que l’ouverture de la Chine est bénéfique pour le monde.

 

HU BILIANG*

 

Le journal allemand Handelsblatt a rapporté en avril que les ambassadeurs en Chine de plusieurs États membres de l’Union européenne (UE) avaient rédigé un rapport critiquant l’initiative « la Ceinture et la Route », disant qu’elle divisait l’UE et remodelait la mondialisation pour qu’elle corresponde aux intérêts nationaux de la Chine.

 

Ce concept de développement à grande échelle ayant été proposé il y a seulement cinq ans, et une grande partie des travaux de construction entrepris n’en étant encore qu’à leurs débuts, il n’est guère surprenant que les opinions et points de vue abondent.

 

Une série de projets d’investissements et de construction impliquant des infrastructures et l’énergie ont déjà été lancés avec des institutions financières telles que le Fonds de la Route de la Soie, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII) et la Nouvelle banque de développement (NBD), et ont pu être réalisés grâce à la coopération internationale. La Chine a également tenté de mettre en commun la sagesse internationale et d’accroître la compréhension globale vis-à-vis de l’initiative « la Ceinture et la Route » en organisant des programmes d’échanges mutuels, y compris le Forum de « la Ceinture et la Route » pour la coopération internationale l’année dernière.

 

Pourtant, en dépit de ces efforts, la compréhension internationale vis-à-vis de l’initiative reste insuffisante et les raisons qui la justifient méritent d’être prises en considération.

 

Qui en bénéficie ?

 

Une opinion répandue parmi les sceptiques est que les entreprises chinoises monopolisent les projets, alors que peu d’entreprises étrangères ont les mêmes opportunités. Certains ont prétendu que c’était le résultat d’un traitement préférentiel dans l’attribution des marchés publics. Cependant, selon cette logique, si cette initiative, une feuille de route pour le développement international, servait uniquement les intérêts de la Chine, elle serait mal soutenue et non viable, finissant par nuire aux intérêts des entreprises chinoises qui investissent, et finalement, de la Chine elle-même.

 

Alors pourquoi une telle impression a-t-elle cours en dépit de son absence de logique ?

 

Au stade initial de cette initiative, il s’agit surtout de grands projets d’infrastructures qui nécessitent de lourds investissements et un long processus de construction, à haut risque et avec un rendement minimal à court terme. La Chine avait l’intention d’apporter une collaboration internationale à de tels projets, mais peu de pays ou d’entreprises étrangères étaient disposés à s’impliquer dans ces phases liminaires ou à partager les risques avec leurs homologues chinois.

 

Certaines entreprises d’État chinoises n’ont donc eu d’autre choix que de poursuivre seules. Une fois le plus gros du travail achevé, la situation des investissements des pays concernés s’en trouvera considérablement améliorée et les risques considérablement réduits. À ce stade, nous verrons probablement de plus en plus d’investissements provenant de sources diversifiées qui choisiront de devenir actifs dans des projets le long des nouvelles Routes de la Soie.

 

Certains prétendent que l’initiative  « la Ceinture et la Route » donne à la Chine un accès commode aux matières premières. Il n’y a rien de fondamentalement faux dans cette affirmation, et il n’y a rien de mal à négocier des matières premières le long de ces routes selon les règles du commerce international. Cet échange de biens répond non seulement à la demande en Chine, mais contribue également de manière significative au développement économique des pays exportateurs. Toutes ces pratiques commerciales sont conformes aux règles du commerce international et reposent sur des avantages mutuels sans coercition.

 

Il est également vrai que le développement de l’initiative peut contribuer à réduire la capacité excédentaire de la Chine. Certaines entreprises chinoises déplacent des capacités de production vers ces pays – réduisant la capacité excédentaire de la Chine, mais en même temps, et peut-être plus important encore, en favorisant l’industrialisation de ces pays partenaires. Par exemple, en Chine, la capacité de production excédentaire existe dans les secteurs de l’acier, du ciment et du verre plat, mais ces matériaux sont très demandés par les pays en développement qui cherchent à construire rapidement leurs infrastructures. Par conséquent, la coopération internationale en matière de capacités de la Chine est un arrangement mutuellement bénéfique dans sa conception.

 

Une aide à l’UE

 

Bien que beaucoup de malentendus sur l’initiative soient attribuables à un manque de connaissances, certaines des critiques mentionnées dans le rapport sont moins défendables, et les affirmations selon lesquelles l’initiative vise à diviser l’UE et façonner la mondialisation en fonction des intérêts propres de la Chine ne sont pas cohérentes.

 

La Chine a toujours été en faveur de l’intégration européenne. Au cours de ce processus, la Chine a approfondi sa coopération avec des pays européens dans la construction de ports et de voies ferrées dans le but de renforcer les relations économiques et commerciales entre la Chine et l’Europe. Cela peut, non seulement renforcer les liens entre la Chine et l’Europe, mais aussi conduire le processus d’intégration européenne et de synthèse économique à travers l’Eurasie. Il semble donc contradictoire de suggérer que l’intention de la Chine est de diviser l’UE.

 

Il est également clair que l’initiative représente un nouveau moyen de préserver la mondialisation. C’est un programme conçu pour servir le développement partagé de la Chine et le reste du monde, en particulier pour faciliter le décollage économique des pays en développement.

 

La plate-forme de coopération internationale des nouvelles Routes de la Soie a été mise en avant par la Chine pour faire en sorte que le programme soit collaboratif. Il a également été indiqué à de nombreuses reprises que l’initiative vise à construire une communauté de destin pour l’humanité avec tous les membres de la communauté internationale. La Chine a déployé des efforts conjoints pour créer des institutions financières multilatérales telles que la BAII et la NBD afin de fournir un soutien financier aux pays en développement en améliorant leurs infrastructures, tandis que le Centre pour les connaissances internationales sur le développement cherche à partager ses expériences de développement avec d’autres économies émergentes.

 

Les efforts de la Chine pour sauvegarder la mondialisation aideront probablement le pays à acquérir une plus grande influence sur la scène mondiale. Mais cette influence est positive et peut contribuer à renforcer la croissance durable de l’économie mondiale, établir un monde sans pauvreté, faire progresser la mondialisation, améliorer les systèmes de gouvernance mondiale et promouvoir le développement commun de l’humanité tout en préservant la paix mondiale. Les ambitions de la Chine ne sont pas une menace pour le monde.

 

Le rapport accuse également l’initiative d’entraver le libre-échange. Au contraire, en reliant différentes régions par la construction d’infrastructures, de couloirs de transports et de couloirs économiques, l’initiative peut en fait créer un environnement plus libéralisé et plus ouvert pour le commerce international. Grâce à la mise en place d’un réseau mondial de transport et d’infrastructures, plus de protagonistes que jamais pourront participer au commerce mondial, annonçant une nouvelle ère de participation aux échanges internationaux.

 

Pas d’impérialisme des créanciers

 

Une autre accusation récente, de l’universitaire indien Brahma Chellaney, est que l’initiative représente une sorte d’« impérialisme des créanciers ». Selon M. Chellaney, en fournissant de grandes quantités de crédits bon marché aux pays le long des nouvelles Routes de la Soie, la Chine crée délibérément un piège de la dette pour ces gouvernements, les obligeant à céder des actifs naturels. Le point de vue de M. Chellaney a ensuite été rapporté par des médias aux États-Unis, au Japon et en Australie.

 

Une grande partie du soutien financier à la construction des projets de l’initiative provient en effet d’institutions financières chinoises, et certains pays ont effectué un grand nombre de prêts bon marché à la Chine. Mais de là à supposer que la Chine crée intentionnellement un piège de la dette, dont elle pourra plus tard tirer parti, c’est pousser un peu loin le raisonnement. En encourageant l’initiative, la Chine a suivi le principe « concertation, synergie et partage », sans imposer de conditions politiques ni contraindre les autres à conclure des marchés. Chaque arrangement est basé sur une coopération volontaire et égale.

 

Avant de collaborer à des projets, la Chine et ses partenaires réalisent une évaluation conjointe sur la durabilité et les avantages économiques et sociaux des projets, dans le but d’éviter les risques et les résultats potentiellement négatifs pour chaque partie. Par exemple, les investissements totaux dans le projet ferroviaire Chine-Laos sont de 7 milliards de dollars, dont 2,1 milliards sont financés par le gouvernement laotien en empruntant un prêt à taux réduit de 30 ans à la Banque d’import-export de Chine. Selon l’accord, le gouvernement laotien remboursera moins de 100 millions de dollars chaque année. Après avoir évalué la faisabilité, les deux pays ont convenu qu’un tel plan était réalisable, et si le gouvernement laotien n’est pas en mesure de faire face aux échéances, il pourra fournir du carbonate de potassium. Cela illustre que la collaboration, dans le cadre de cette initiative, est fondée sur l’égalité, les avantages mutuels et la confiance.

 

 

*HU BILIANG est professeur et directeur de l’Institut des nouvelles Routes de la Soie à l’Université normale de Beijing.

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