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L'art et l'olympisme : reflets croisés des cultures Chinoise et Française à l'Aérogare des Invalides

2024-05-08 15:51:00 Source: Dialogue Chine-France Auteur: SONIA BRESSLER*
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Ce lundi 6 mai 2024, l’Aérogare des Invalides a brillé sous les projecteurs de la grande exposition « De Beijing à Paris - le voyage olympique d'artistes chinois et français », marquant une nouvelle étape dans l'approfondissement des relations culturelles et artistiques entre la Chine et la France. Cette manifestation, qui coïncide avec le 60e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre les deux nations, est placée sous le haut patronage de China Media Group (CMG), du Comité National Olympique et Sportif français, ainsi que de la Ligue de Football, illustrant l'importance de cet événement sur la scène internationale.

L’exposition présente plus de 200 œuvres, apportant une perspective unique sur la culture et l'art chinois à travers des peintures, sculptures, et œuvres de patrimoine culturel immatériel. Chaque pièce met en lumière les nuances de la culture chinoise, alliant tradition et modernité, et dépeint le dialogue continu entre ces deux grandes civilisations. L’interaction entre l’art et le sport, un thème central souligné par Pierre de Coubertin, est palpable, offrant une réflexion sur l’harmonie entre le corps et l'esprit, ainsi qu'une résonance particulière à l’approche des Jeux olympiques de Paris.

L’exposition ne se contente pas de célébrer l'art ; elle symbolise une passerelle entre l'Orient et l'Occident. En effet, la France a joué un rôle significatif dans l'introduction de l'art chinois moderne, comme le montrent les échanges artistiques et les expositions organisées au cours des dernières décennies. La présence d’œuvres d'artistes tels que Xu Beihong et Wu Zuoren, qui ont étudié en France, témoigne de l’influence durable de ces échanges culturels.

Xu Beihong et Wu Zuoren deux figures emblématiques de l'art moderne chinois 

Xu Beihong, reconnu pour sa maîtrise de la peinture à l'huile ainsi que des techniques traditionnelles chinoises, est particulièrement célèbre pour ses représentations de chevaux, symbolisant la force et la vitalité de la Chine nouvelle. Formé en France dans les années 1920, Xu a intégré des éléments de réalisme occidental à la peinture chinoise, tout en plaçant un fort accent sur les techniques académiques. Son séjour en France lui a permis de forger des liens cruciaux avec les cercles artistiques européens et d'introduire des méthodes d'enseignement artistique modernes à son retour en Chine.

Wu Zuoren, élève de Xu Beihong, a également étudié en Europe, notamment en Belgique et en France. Il est connu pour ses peintures délicates qui illustrent souvent des paysages et des animaux, notamment des pandas, avec une sensibilité qui reflète profondément les valeurs esthétiques chinoises traditionnelles. Wu a apporté une attention particulière à l'expression de la douceur et de l'harmonie dans ses œuvres, qui ont trouvé un écho favorable tant en Chine qu'à l'international.

Leur passage en France et leur engagement avec l'art occidental ont été déterminants non seulement pour leur développement personnel en tant qu'artistes mais aussi pour l'évolution de l'art moderne en Chine. Leur capacité à fusionner les techniques orientales et occidentales a pavé la voie à une nouvelle génération d'artistes et a profondément influencé la manière dont l'art chinois est enseigné et perçu aujourd'hui. Leur héritage est un témoignage de la richesse des échanges culturels et artistiques entre la Chine et la France, soulignant l'impact durable de ces interactions sur l'art mondial.

L'interaction culturelle franco-chinoise joue un rôle crucial dans l'évolution artistique des deux nations 

Wu Weishan, en sa qualité de président du Musée National des Beaux-Arts de Chine, met en avant dans sa préface la dimension historique et contemporaine de la collaboration artistique entre la Chine et la France. Il note que les échanges artistiques entre les deux pays ont non seulement une longue histoire, mais continuent d'enrichir les traditions culturelles de chaque côté. Par exemple, les artistes chinois qui ont étudié et travaillé en France ont ramené des techniques et des perspectives nouvelles qui ont revitalisé l'art traditionnel chinois. En retour, l'art chinois, avec ses méthodes uniques et son esthétique, a influencé de nombreux artistes français et européens, enrichissant ainsi le discours artistique occidental.

Fan Zeng, le célèbre calligraphe, évoque également dans sa préface l'importance de ces échanges pour la compréhension mutuelle et le respect entre les cultures. Il rappelle que les interactions entre la Chine et la France ne se limitent pas à des échanges politiques ou économiques ; elles sont également profondément enracinées dans le partage culturel et artistique. Il souligne comment des périodes historiques telles que la Réforme et l'ouverture de la Chine ont facilité une série de grandes expositions d'art français en Chine, ce qui a permis une meilleure appréciation et compréhension de l'art occidental parmi le public chinois.

Ces échanges ont encouragé une diversité d'expressions artistiques et ont aidé à construire un pont entre les deux civilisations, qui considèrent toutes deux l'art comme un vecteur essentiel de l'expression humaine et de la communication. Les influences réciproques entre les deux cultures ont permis de développer une nouvelle dynamique dans les arts visuels, où l'innovation et le respect des traditions se rencontrent. Par exemple, les collaborations artistiques, telles que les expositions conjointes et les ateliers de travail, ont joué un rôle significatif dans la formation d'une compréhension mutuelle et d'un respect accru, alimentant ainsi un dialogue continu entre les artistes et les institutions culturelles des deux pays.

En définitive, les préfaces de Wu Weishan et Fan Zeng (que l'on trouve dans le très beau catalogue de l'exposition mais aussi en ouverture de l'exposition) ne se contentent pas de célébrer le passé ; elles anticipent également l'avenir des échanges culturels sino-français. Elles envisagent un avenir où l'art continue de jouer un rôle de premier plan dans la consolidation des relations bilatérales, favorisant ainsi une meilleure compréhension et une coopération plus étroite entre la Chine et la France. Ces échanges sont vus comme essentiels pour enrichir la texture culturelle de chaque pays, inspirant ainsi de nouvelles générations d'artistes et de citoyens à embrasser et à explorer la diversité culturelle mondiale.

Le rôle du dialogue par l'art  

En marge de la visite du président chinois Xi Jinping, cette exposition est importante ! Elle a un réel impact sur les citoyens français. Et cet impact est également renforcé par le contexte géopolitique actuel et par les préparatifs des Jeux Olympiques de Paris. Elle représente une opportunité pour renforcer l'unité et le consensus autour des valeurs olympiques, mais aussi pour promouvoir la paix et la compréhension mutuelle à travers l'art.

"Beijing-Paris" n'est pas seulement une vitrine de l'art, mais un symbole de l’amitié et de la coopération entre la Chine et la France, mettant en évidence comment la culture et le sport peuvent servir de catalyseurs pour le dialogue et la paix entre les nations.

*SONIA BRESSLER est fondatrice de La Route de la Soie-Éditions  

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