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L’évolution des sceaux de Chine

2019-08-02 16:09:00 Source:La Chine au présent Auteur:NIU KECHENG
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NIU KECHENG*

 

Le plus ancien sceau chinois remonte à l’époque des Shang. Il a été découvert sur un morceau de poterie exhumé dans des ruines à Anyang dans le Henan. Seule une moitié du sceau était intacte. Au même endroit, trois autres petits sceaux en cuivre ont été découverts dans les années 1930. De forme carrée, ils portent tous des caractères taillés en relief. Bien que les archéologues ne soient toujours pas d’accord sur la signification de ces trois petits sceaux, ils sont unanimes pour dire que ce sont les plus anciens sceaux jamais retrouvés en Chine.

 

Le sceau xi à l’époque des Royaumes combattants
 
À l’époque des Printemps et Automnes et sous les Royaumes combattants, les différentes principautés se disputèrent l’hégémonie de la Chine. Il fallait une garantie de crédit lors des échanges politiques, administratifs et économiques entre les différentes principautés. Or justement, les sceaux représentaient une preuve de crédit émanant d’une autorité. Pendant cette période est également apparu le système de nomination des mandarins basé sur la délivrance d’un sceau. Dans le même temps, avec le développement croissant de l’économie sociale, les échanges commerciaux s’intensifièrent. Ainsi, l’emploi d’une preuve est devenu indispensable et les sceaux individuels se sont popularisés. Il n’existait alors pas de distinction entre les sceaux officiels (sceaux destinés aux affaires publiques du gouvernement) et les sceaux privés (sceaux à usage personnel) qui étaient tous appelés xi. Plus tard, on parla communément de « xi antique des Royaumes combattants ».

 

À l’époque des Royaumes combattants (475-221 av. J.-C.), la technique de moulage du bronze était déjà développée et fut appliquée au moulage des xi. Parmi les xi antiques, on trouve des sceaux en cuivre qui portaient des caractères gravés, mais la plupart étaient des sceaux coulés.
 

 

Les sceaux des dynasties des Qin et des Han

 

Après l’unification du pays en 221 av. J.-C., Ying Zheng, empereur Shihuangdi de la dynastie des Qin, adopta une série de mesures politiques afin de consolider et d’unifier le pays et de renforcer la centralisation. Un système de hiérarchie des sceaux très rigoureux fut établi dans lequel xi désignait exclusivement le sceau de l’empereur et yin, celui des ministres et des gens du commun. Ils étaient également classés selon leur qualité et la forme de leur poignée.

 

Pendant une période assez longue au début de la dynastie des Han de l’Ouest (206 av. J.-C.-8 ap. J.-C.), on continua à appliquer ce système hiérarchique. En 104 av. J.- C., l’empereur Wudi des Han entreprit de modifier le système des sceaux officiels. Une nouvelle distinction apparut dans les sceaux utilisés par les fonctionnaires qui furent appelés zhang ou yin selon leur fonction publique. Quant aux sceaux privés, il devint nécessaire d’ajouter les caractères siyin (sceau privé) après la signature. Des règlements furent également adoptés concernant les sceaux des fonctionnaires. À chaque catégorie de fonctionnaire correspondait un certain type de sceau défini par la qualité du matériau, la forme de sa poignée et la couleur de son ruban. De fait, les sceaux de la dynastie des Han constituent un exemple typique de la systématisation des sceaux chinois. Leur forme était relativement uniforme. La plupart étaient carrés.

 

La hiérarchie sigillaire des Qin et des Han est restée en usage jusqu’à l’époque des Trois Royaumes (220-265), durant laquelle la situation sociale était instable et les guerres, fréquentes. La nomination et la révocation des fonctionnaires étaient généralement décidées dans l’urgence et les sceaux, preuves de nomination, étaient moulés dans la précipitation. La méthode adoptée à cette époque-là était le moulage unifié d’un certain nombre de sceaux de réserve, sans caractère. Lors de la nomination d’un fonctionnaire, on gravait au dernier moment des caractères sur l’un de ces sceaux de réserve. Ainsi, le système de gestion des sceaux, très rigoureux sous les Qin et les Han, se relâcha-t-il à cette époque. Leur style devint également plus simple.

 

À l’époque des dynasties du Sud et du Nord, le système des sceaux fut presque abandonné. La délivrance des sceaux n’étant plus restreinte, la demande s’agrandit, conduisant à une simplification des gravures. Plus tard, avec l’augmentation de la taille des sceaux et l’apparition de sceaux aux caractères taillés en relief, le style des sceaux des Qin et des Han disparut pendant une longue période. Il fallut attendre la dynastie des Ming (1368-1644) pour que les graveurs lettrés le réutilisent.
 

 

La séparation des sceaux officiels et privés et l’apparition de l’art de la gravure des sceaux

 

Suite à la diversification de l’usage des sceaux, une distinction nette apparut entre les « sceaux officiels » et les « sceaux privés ». Les sceaux officiels furent destinés à l’exécution du pouvoir politique et les sceaux privés, aux différents échanges entre les membres de la société. Le sceau représentait une preuve de crédit de son propriétaire.

 

À l’époque des Printemps et Automnes et sous les Royaumes combattants, il existait déjà une différence entre les sceaux officiels et privés, basée sur leur usage. Leur forme était identique. À partir de la dynastie des Sui (581-618), une distinction s’installa progressivement : les sceaux officiels devinrent de plus en plus grands, et les sceaux privés conservèrent leur forme originale. Sous la dynastie des Tang (618-907), la distinction entre les sceaux officiels et les sceaux privés devint encore plus évidente. En 1012, le gouvernement donna l’ordre d’interdire le moulage de sceaux privés. Ils devaient donc être gravés sur du bois ou sur de l’os. À l’époque des Tang et des Song, les sceaux officiels et privés se distinguèrent également par leur fonction. Avec le développement de la peinture et de la calligraphie, un grand nombre de peintres et de calligraphes considérèrent les sceaux comme un motif de création et les apposèrent sur leurs œuvres. C’est ainsi qu’apparut le sceau de l’artiste. Certains collectionneurs se mirent également à apposer leur sceau sur les peintures et les calligraphies dont ils faisaient l’acquisition. Un nouveau type de sceau vit le jour : le sceau du collectionneur. Il constitua, avec le sceau de l’artiste, les deux principaux types de sceaux privés. En réalité, cela ouvrit une nouvelle voie dans le développement des sceaux privés, qui devinrent une pratique artistique. À partir de la dynastie des Song, les sceaux officiels et privés se différencièrent de plus en plus par leur style. Peu à peu, l’ensemble des sceaux privés prirent une dimension artistique. La gravure des sceaux de lettrés se développa sous les Yuan, les Ming et les Qing (1616-1911). Les sceaux officiels restèrent destinés aux affaires publiques. Leur usage exigeait une forme classique. Mais la recherche esthétique qui avait germé dans la catégorie des sceaux privés conduisit à l’émergence d’un art de la gravure très particulier.

 

*NIU KECHENG est diplômé de la faculté d’histoire de l’Université de Pékin et du département d’histoire de la GSCASS (Graduate School of Chinese Academy of Social Sciences). Il est maintenant président et chercheur de l’Institut des Beaux-Arts de l’Académie nationale des arts de Chine. Son œuvre The Coloured Chinese Painting a gagné le Prix national du livre. Il a aussi présidé le projet national de planification des arts « Recherche des couleurs traditionnelles chinoises » et publié une collection Niu Kecheng’s Chinese Landscape Works.

 

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