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La Saint-Valentin chinoise

2019-07-03 16:11:00 Source:La Chine au présent Auteur:MARINE YAN
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MARINE YAN, membre de la rédaction 

Lorsque la chaleur de l’été s’est installée, les arbres et les plantes dégagent un doux parfum. Le soir, les étoiles scintillent dans le ciel ; la voie lactée s’étend du nord au sud, marquée à chaque extrémité par deux des étoiles les plus brillantes visibles depuis la Terre : Altaïr et Véga. Selon une légende qui se transmet depuis des millénaires, ces deux étoiles ont un lien avec la tragédie d’une tisserande et d’un bouvier.  

La mystérieuse légende raconte l’histoire d’une déesse (Zhinü : tisserande) qui tombe amoureuse d’un agriculteur (Niulang : bouvier). Ils se marient et mènent une vie heureuse. Mais la mère de la jeune fée est opposée à ce mariage, car le bouvier est un humain. Elle oblige donc sa fille à revenir au ciel et pour les séparer, elle crée une large rivière impossible à traverser : c’est la Voie lactée. 

Toutefois, la déesse et son mari continuent de se voir une fois par an car les pies, émues par leur amour sincère, construisent un pont au travers de la Voie lactée pour qu’ils puissent se retrouver. Ainsi, leur amour reste intact. 

C’est en raison de cette légende mystérieuse que la date du 7 juillet du calendrier lunaire est considérée comme la Saint-Valentin chinoise. 

La légende de Niulang et Zhinü 

Niulang était un garçon robuste et travailleur. Orphelin, il vivait à l’écart de la ville, dans la misère. D’ailleurs, il n’aimait pas la ville et préférait vivre loin des hommes. Cependant, il ne vivait pas seul, il partageait sa vie avec son ami le buffle, lui vouant une amitié sans bornes. 

Niulang menait donc une vie simple, cultivant son champ, chassant et pêchant pour assurer son quotidien. Un jour, il décida de s’aventurer un peu plus loin, jusque dans une forêt qu’il ne connaissait pas. Toujours accompagné du fidèle animal, il trouva l’endroit charmant et prit grand plaisir à écouter les oiseaux. Il flâna ainsi quelques heures, profitant du calme de la forêt. Il finit par atteindre un grand lac qui brillait sous les rayons du soleil. 

Mais bientôt, le ciel se couvrit et, levant la tête, il aperçut une chose étrange : des jeunes filles descendaient des nuages. Elles semblaient flotter dans les airs ! Arrivées près du lac, les jeunes filles commencèrent à se déshabiller. Elles jouaient et riaient de bon cœur. Une fois nues, elles plongèrent dans le lac et profitèrent de la douceur du soleil qui était revenu. 

Caché derrière un buisson, Niulang suivait le spectacle sans en perdre une miette. Il n’en croyait pas ses yeux : ainsi donc, il existait bien des êtres immortels et ceux-ci venaient parfois sur terre... Depuis sa cachette, il observait leurs jeux et tomba vite sous leur charme. Parmi ces créatures ravissantes, l’une d’entre elles, la plus jeune, retenait particulièrement son attention. Elle était tellement belle qu’il en tomba immédiatement amoureux. 

Après quelques heures de jeux aquatiques, la plus âgée rappela ses sœurs et leur fit signe qu’il était temps de rentrer. Peiné de constater que l’élue de son cœur allait disparaître, Niulang consulta son ami le buffle afin de trouver une idée pour retenir la jeune fille qui portait le nom de Zhinü. 

 « Cache ses vêtements ! », lui conseilla celui-ci. 

Aussitôt dit, aussitôt fait. Tandis que les autres jeunes filles regagnaient déjà les nuages, Zhinü était toujours à la recherche de ses vêtements. Elle commençait à perdre patience quand elle s’aperçut que quelqu’un l’observait. Apeurée, elle se réfugia tout de suite derrière un buisson. Maladroit, Niulang s’approcha d’elle. 

Le jeune homme se présenta et lui rendit ses vêtements tout en lui déclarant sa flamme. Amusée par le tour que lui avait joué ce terrien, Zhinü fût aussitôt conquise par ce jeune homme si timide et charmant. 

Elle décida de rester sur terre et d’y vivre une vie tranquille et heureuse avec son bien-aimé et leur ami le buffle. Niulang et Zhinü savouraient un bonheur parfait et donnèrent naissance à un garçon et une fille. Cependant, les sœurs de Zhinü se sentaient trahies, car les lois du ciel interdisent à un immortel de s’unir avec un terrien, fût-il le meilleur d’entre eux. Aussi, un jour que Niulang était parti à la pêche avec ses enfants, les soeurs de la jeune femme vinrent la chercher pour la ramener chez elles. Zhinü refusant de les suivre, elles décidèrent d’employer la force et l’enlevèrent. À l’idée de ne plus revoir son mari et ses enfants, la jeune femme se mit à pleurer et les appela de toutes ses forces. 

De l’endroit où il pêchait, Niulang entendit les cris de sa bien-aimée. Il bondit alors sur son ami le buffle et celui-ci s’élança à toute vitesse, si bien qu’il finit par rattraper Zhinü, qui faisait tout son possible pour ralentir ses sœurs. Mais elle oubliait que celles-ci étaient des êtres immortels dotés de pouvoirs magiques ! 

Voyant Niulang se rapprocher dangereusement, elles firent apparaître une rivière pour faire obstacle aux malheureux poursuivants. Niulang et son buffle s’arrêtèrent net. Désespéré, Niulang appela Zhinü qui avait été relâchée par les immortelles. La jeune femme était effondrée à l’idée d’être séparée de ceux qu’elle aimait. 

Émus par la situation, les oiseaux de la forêt, qui connaissaient bien le jeune couple, décidèrent d’agir immédiatement. En quelques secondes, les pies se réunirent et formèrent un pont au-dessus de la rivière. Ainsi, les deux amants purent se rejoindre et, fous de joie, tombèrent dans les bras l’un de l’autre. Au bout d’un moment, Zhinü se résolut à annoncer à Niulang la triste vérité et articula entre deux sanglots : 

 « Il m’est interdit de vivre plus longtemps avec toi ! » 

« Comment cela ? », s’exclama son époux. 

« Je ne suis pas de ce monde, et il me faut retourner vivre dans mon monde. Toutefois, une grâce nous est accordée. Je pourrai venir te voir chaque année, à cette date, à cet endroit. » 

À peine Zhinü avait-elle achevé sa phrase qu’elle s’envola, filant à travers les airs vers le nuage dont elle était descendue... 

Et c’est ainsi que tous les ans, à la date anniversaire de ce jour qui correspond au 7 juillet du calendrier solaire (le 7e jour de la 7e lune), les amoureux célèbrent les retrouvailles de Niulang et Zhinü.

 

 

Une autre Saint-Valentin, en quelque sorte... 

Alors désormais, une fois la nuit tombée, levez les yeux vers les étoiles et vous constaterez que l’histoire de Niulang et Zhinü n’est peut-être pas une légende. Car Altaïr (le bouvier) et Véga (Zhinü) sont toujours séparées par la voie lactée... 

Autrefois cette fête Qixi était aussi appelée « fête des jeunes filles » ou « fête où les jeunes filles montrent leurs compétences domestiques ». Les femmes organisaient une cérémonie pour honorer Zhinü et lui demander sagesse, dextérité et un mariage heureux. Elles faisaient aussi démonstration de leurs talents de brodeuses et de pâtissières, car ces qualités étaient très appréciées chez les jeunes filles en âge de se marier. La coutume veut également que les jeunes filles se réunissent pour confectionner des raviolis. Dans l’un des raviolis, elles cachent une aiguille (symbole de dextérité), dans un second, une pièce de monnaie en cuivre (symbole de la chance), et dans un troisième, un jujube rouge (symbole du mariage). Toujours selon la coutume, on peut préparer ce jour-là des potions magiques à base d’eau de rosée et de pâte de pain ou de cyprès qui permettent de rester en bonne santé et de vivre plus longtemps. 

Aujourd’hui les coutumes et traditions liées à cette fête disparaissent peu à peu. D’abord parce que de nos jours, le tissage et la couture ne sont plus considérés comme des talents essentiels pour se marier. Ensuite, les jeunes chinois préfèrent aujourd’hui célébrer la Saint-Valentin occidentale, avec des bouquets de fleurs et des chocolats. 

Cependant, les traditions et coutumes ne sont pas totalement oubliées. En effet, de nombreux Chinois continuent de choisir cette date pour leur mariage, espérant que cela leur portera bonheur. En outre, certaines jeunes femmes continuent de prier à la veille de la fête Qixi dans l’espoir de recevoir une demande en mariage. La nuit, les gens restent à l’extérieur pour contempler les étoiles et essayer d’apercevoir la Tisserande. S’ils y parviennent, la légende dit que leurs vœux seront réalisés dans les trois ans. 

Des événements sont également organisés pour aider les célibataires à trouver leur âme sœur, entre autres des événements sportifs, des jeux, des compétitions mais aussi des speed datings et des repas. Les centres commerciaux en profitent aussi pour faire des promotions intéressantes et organiser des jeux-concours pour les couples.

 

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