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Tous les chemins mènent en Chine

2018-07-31 15:49:00 Source:La Chine au présent Author:
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Ana Gabriela Martínez
ABEL ROSALES GINARTE, membre de la rédaction
 
Pour Ana Gabriela Martínez Díaz, l’établissement en juin 2017 des relations diplomatiques entre son pays natal, le Panama, et la Chine était dans l’ordre des choses. « Ces dernières années, la Chine a émergé parmi de nombreux autres pays en développement. En Amérique latine et particulièrement dans mon pays, le Panama, nous avons ressenti les effets de ce développement. On peut vraiment affirmer qu’aujourd’hui, tous les chemins mènent en Chine et que la Chine fait son chemin à travers le monde. »

 

Les premiers Chinois sont arrivés au Panama au milieu du XIXe siècle pour la construction du chemin de fer interocéanique. « Et cela a continué avec la construction du canal de Panama sous le contrôle des Français et des Américains. » Tout comme dans les pays voisins, les Chinois ont développé des liens amicaux avec les Panaméens et se sont installés sur l’isthme. Grâce à sa position géographique et à son canal, le Panama a toujours été, au cours de l’histoire, un point commercial stratégique du continent américain. « Après des dizaines d’années, mon pays a fini par recouvrer sa souveraineté sur l’ensemble de son territoire et sur le canal qui étaient entre les mains des États-Unis. Depuis sa construction, le canal de Panama est la seule route maritime qui relie la Chine aux principales villes de l’est des États-Unis et au bassin du Mississippi. »

 

Mieux connaître la Chine

 

Ana Gabriela Martínez s’est installée en Chine pour y poursuivre ses études et effectuer un master en nouveaux médias, créativité et technologie à l’Université de communication de Chine. L’occasion d’étudier également le chinois. « J’ai obtenu mon certificat de fin d’études secondaires à l’institut Sun Yat-sen du Panama, une école sino-panaméenne. C’est ce qui a éveillé en moi le désir de mieux connaître la culture et la langue chinoises. » Dans cette école, les cours de mandarin étaient obligatoires et les résultats obtenus dans cette matière comptaient dans la note finale qui permettait d’obtenir le certificat de fin d’études secondaires. « Étudier avec des professeurs chinois m’a donné envie de réussir à maîtriser le mandarin, une langue qui est considérée comme l’une des plus difficiles au monde. »

 

La jeune panaméenne éprouve une grande reconnaissance envers le gouvernement chinois qui lui a donné l’opportunité de poursuivre ses études de chinois et de faire un master dans le domaine des nouveaux médias. « En tant qu’étudiants étrangers, nous avons la chance de découvrir le monde des médias chinois et d’en faire l’expérience ; nous abordons notamment les thèmes des réseaux sociaux, de l’idéologie et de sa mise en pratique, du développement du commerce en ligne. »

 

L’automne où elle a découvert la Chine avec sa famille est resté gravé dans sa mémoire. « Nous avons visité les lieux les plus connus, évidemment la Grande Muraille, le temple du Ciel et bien d’autres lieux. » Ensuite, lorsqu’elle a commencé les cours à l’université, elle a dû relever le défi de s’adapter à la culture chinoise ainsi qu’aux cultures des autres étudiants étrangers de l’université. « Les étudiants étrangers forment des groupes et apprennent ensemble à gérer le choc culturel. Que ce soit pour des choses basiques comme se débrouiller au marché, prendre un taxi, utiliser les applications mobiles et WeChat, ou pour communiquer avec les professeurs chinois. »

 

Une expérience à la fois fascinante et intrigante

 

Assez rapidement, Ana Gabriela Martínez a rencontré des Chinois qui parlaient anglais ou espagnol avec lesquels elle s’est liée d’amitié. « Nous pouvons engager de vraies conversations, échanger nos idées sur les normes sociales, les conventions, discuter des comportements, de l’avenir et même de nos croyances. » Elle accorde de l’importance à ces amitiés grâce auxquelles elle apprend à apprécier la différence « et à valoriser ce qui unit, comme par exemple le plaisir commun de cuisiner des plats typiques, la danse, la musique, le cinéma, etc. »

 

Sa première colocatrice était une Vietnamienne qui ne parlait pas beaucoup l’anglais mais qui parlait bien le mandarin. « Au contraire, je maîtrisais bien l’anglais et je venais tout juste de me remettre au mandarin. » Pendant la période où elles ont habité ensemble, elles ont beaucoup appris sur leurs cultures respectives. « Petit à petit, nous avons commencé à communiquer grâce à une connexion universelle, le langage corporel et la musique. Nous avions très rarement recours à un traducteur. » Et puis très vite, elles ont partagé leurs histoires familiales. « Ensemble, nous sommes passées des rires aux larmes. » C’est ainsi qu’en un an de colocation, une jeune panaméenne et une jeune vietnamienne auront finalement réussi à faire tomber les barrières culturelles. « Et tout cela grâce à la Chine. Sans parler de l’opportunité qui nous a été donnée de rencontrer des professeurs chinois que l’on peut considérer comme des grands noms dans le domaine de la communication. »

 

Ana Gabriela Martínez raconte que ce qu’elle apprécie le plus en Chine, ce sont les opportunités infinies qui s’offrent à vous, ainsi que l’humanité et l’authenticité des personnes qu’elle a rencontrées dans ce pays. « Je retiens la passion, la confiance et l’honnêteté avec lesquelles la Chine collabore avec l’étranger. Pour ma part, je m’intéresse aux façons de penser en Chine et également à la symbolique historique des caractères qui sont considérés par les Chinois comme un élément de leur identité culturelle, une richesse qu’ils souhaitent partager avec le monde. »

 

Ana Gabriela Martínez a eu l’occasion de découvrir de nombreuses régions du pays, comme Xi’an dans la province du Shaanxi, Lanzhou, Tianshui et Dunhuang dans la province du Gansu, Tianjin et le Hebei. « Les lieux qui m’ont le plus impressionnée jusqu’à maintenant sont les grottes de Mogao (Dunhuang), pour leur dimension historique et culturelle, et les grottes des monts Maiji (Tianshui), qui s’étendent entre des montagnes et des dunes de sable. J’admire beaucoup l’art des dynasties impériales de Chine qui ont chacunes leurs particularités culturelles et leurs croyances. » La visite du lac du Croissant de Lune (Yueyaquan), un lieu spectaculaire au milieu du désert de Gobi où les reflets bleus, verts et blancs « font naître une vision céleste », reste pour la jeune fille un moment inoubliable.

 

Ana Gabriela Martínez reconnaît que, d’un point de vue culturel, il lui reste encore beaucoup à apprendre, à apprécier et à explorer. « La Chine est un pays qui a tout : des déserts, des montagnes, des vallées, des lacs, des fleuves et même des plages ; selon moi, c’est une des raisons pour lesquelles beaucoup de gens y restent. »

 

La Chine fait son chemin à travers le monde

 

En Chine, la jeune panaméenne a découvert un bon nombre d’avancées scientifiques et technologiques. « La Chine entretient des relations bilatérales étroites avec des pays du monde entier, basées sur le commerce, l’investissement et les échanges culturels et humains. Cependant, je pense que très peu de personnes de mon pays connaissent la culture chinoise ou les principaux aspects de la République populaire de Chine, comme son développement ou la complexité de l’Assemblée populaire nationale. » Ana Gabriela Martínez explique que la population chinoise est plus encline à découvrir la culture panaméenne, au-delà d’un simple intérêt commercial et historique lié au canal de Panama. « Tout cela s’explique par le fait qu’il n’existait pas, jusqu’en juin dernier, de relations diplomatiques et culturelles entre la Chine et le Panama. »

 

Pour Ana Gabriela Martínez, les relations diplomatiques bénéficieront aux deux peuples, que ce soit d’un point de vue social, économique, culturel ou en termes de développement commercial et industriel. « Le Panama peut bénéficier du développement commercial et industriel de la Chine et la Chine peut, quant à elle, tirer profit de la position géographique de ce pays d’Amérique centrale et du canal de Panama. »

 

Tout ce temps passé à Beijing, loin de sa famille, a permis à la jeune panaméenne de se faire des amis originaires de différentes régions du monde, notamment du Zimbabwe, du Kazakhstan, de Grèce, des Bahamas, du Congo ou de Colombie. Désormais, elle souhaite envoyer un message clair aux jeunes panaméens qui désirent étudier en Chine : « Tous les chemins conduisent en Chine et la Chine fait son chemin à travers le monde. »

 

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