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Du potentiel en patinage sur piste courte

2018-02-01 11:44:00 Source:La Chine au présent Author:JORGE RAMÍREZ CALZADILLA
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Lorsqu’il y a 30 ans, la Fédération internationale de patinage (FIRS) a donné le feu vert au patinage de vitesse sur piste courte pour qu’il fasse sa première apparition olympique en tant que sport de démonstration à Calgary en 1988, une foule de sceptiques n’a pas manqué l’occasion de critiquer l’octroi d’un si grand honneur à un sport qu’ils considéraient comme un simple calque du patinage de vitesse sur piste longue, une discipline qui fait partie des épreuves olympiques depuis les premiers Jeux d’hiver à Chamonix en 1924.

 

À la fin des années 1980, la popularité grandissante en Asie du Sud-Est, en Amérique du Nord et en Europe des compétitions de patinage sur piste courte ne suffisait toujours pas à convaincre ses détracteurs trop habitués aux épreuves spectaculaires et beaucoup plus orthodoxes de patinage sur piste longue. Mais le test réalisé dans la province canadienne de l’Alberta aura finalement eu le mérite de faire taire les éternels opposants aux pistes de 111 mètres dans la mesure où la critique s’est concentrée sur les polémiques en matière d’arbitrage dans un sport où les exigences tactiques sont poussées à l’extrême étant donné l’étroitesse de la piste.

 

Ainsi, contre vents et marées, ce sport aura finalement réussi à se faire une place parmi les disciplines olympiques des Jeux d’hiver. Quatre années après Calgary, aux JO d’Albertville en 1992, le patinage de vitesse sur piste courte a rejoint la liste des disciplines olympiques officielles, et depuis cette date, une lutte acharnée s’est engagée sur la glace entre quatre nations, deux en Asie, la Corée du Sud et la Chine, et deux en Amérique du Nord, le Canada et les États-Unis. Les chiffres reflètent avec éloquence cette domination : depuis que la discipline a fait son entrée officielle aux JO en 1992, les équipes de ces quatre pays ont remporté 119 des 144 médailles octroyées, dont 42 sur les 48 en or.

 

Le 8 juin 2017, à Harbin dans la province du Heilongjiang,

un enfant suit un entraînement de patinage.

 

Le duel Chine-Corée du Sud

 

La rivalité entre les équipes sud-coréenne et chinoise occupe le devant de la scène, et le palmarès des médailles dans cette discipline depuis qu’elle a fait son entrée aux Jeux olympiques suffit à illustrer une supériorité qui est devenue presque écrasante.

 

Mis à part le duo asiatique, seul le Canada peut se targuer d’avoir occupé la position de pays le plus titré. Lors des JO d’Albertville, le pays est arrivé en tête du classement avec 3 médailles, à égalité avec l’équipe sud-coréenne. Depuis, la Chine et la Corée du Sud, non contentes d’accumuler les médailles, se sont toujours réservé le meilleur butin, respectivement à trois reprises (Nagano en 1998, Salt Lake City en 2002 et Sotchi en 2014), et à cinq reprises (Albertville en 1992 – même score que le Canada –, Lillehammer en 1994, Nagano en 1998 – même score que la Chine –, Turin en 2006 et Vancouver en 2010).

 

Et si l’on regarde le total des médailles d’or, qui détermine en grande partie la position d’une équipe sur le tableau des médailles, c’est encore une fois le tandem asiatique qui s’est accordé le monopole des lauriers.

 

La seule exception à la règle ont été les Jeux de Sotchi en 2014 où la Russie, pays hôte, a propulsé en haut du tableau le jeune Viktor Ahn qui venait de changer de drapeau (après avoir représenté la Corée du Sud aux Jeux de Salt Lake City et de Turin sous le nom d’Ahn Hyun-Soo) et le vétéran Vladimir Grigorev qui fait encore preuve d’une belle forme. Mais sur les 6 éditions précédentes, la Corée du Sud a mené le palmarès des médailles à 4 reprises (1992, 1994, 1998 et 2006) et la Chine à 2 reprises (2002 et 2010).

 

Le 24 novembre 2017, Han Yutong participe à la « Shanghai Super Cup »

2017 de l’Union internationale de patinage.

 

Le géant asiatique doit la majorité de ses triomphes à son équipe féminine, à commencer par les deux Yang Yang qui se sont illustrées dans la seconde moitié des années 1990 et au début des années 2000 (la première ayant récolté 2 médailles d’or, 2 d’argent et 1 de bronze, et la seconde 4 d’argent et 1 de bronze), mais également Wang Meng (4-1-1) qui a malheureusement dû renoncer aux JO de Sotchi en raison d’une fracture, et enfin Zhou Yang (3-0-0).

 

À elles seules, ces quatre femmes, ont récolté 16 des 53 médailles remportées par la Chine aux JO d’hiver, dont 8 des 12 médailles d’or. Sur les pistes courtes de patinage, en l’espace de 7 Jeux, la Chine affiche un total de 9 médailles d’or, 13 médailles d’argent et 8 de bronze, un apport colossal au palmarès historique du pays qui totalise 12 médailles d’or, 22 d’argent et 19 de bronze alors qu’il ne participe qu’à 5 des 15 disciplines olympiques.

 

Triple championne à Vancouver, Wang Meng mérite bien qu’on lui accorde un paragraphe. En effet, si la chance ne lui avait pas tourné le dos en janvier 2014 lorsqu’elle s’est fracturé le tibia droit au cours d’un entraînement, elle serait sans conteste aujourd’hui la patineuse la plus médaillée d’or et la plus récompensée de l’histoire de ce sport. Une distinction qui revient finalement au russe-sud-coréen Viktor Ahn (6-0-2), suivi par l’américain Apolo Anton Ohno (2-2-4) alors que Wang arrive troisième (en termes de nombre de médailles, avec un score de 4-1-1 mais deuxième en termes de valeur des médailles).

 

Pour l’instant, dans cette discipline, les hommes sont encore loin de pouvoir se mesurer aux femmes même si leurs participations au grand événement hivernal ont quand même été marquées par quelques belles victoires. Li Jiajun, avec 5 médailles (0-2-3) en quatre apparitions olympiques (entre 1994 et 2006) détient le meilleur palmarès.

 

 

Objectif Beijing 2022

 

Pour ce qui est de Pyeongchang 2018, il semblerait que les chances de victoire soient cette fois-ci plutôt du côté des hommes. Une fois de plus, c’est une équipe chinoise au complet (5 et 5) qui s’envolera vers la métropole sud-coréenne, menée pour la troisième fois consécutive par Li Yan, qui a mis un terme à sa carrière de patineuse après les JO de Turin en 2006. La composition de l’équipe est très proche de celle des Mondiaux de Rotterdam en 2017 où Fan Kexin, médaillée d’argent sur l’épreuve du 1 000 mètres à Sotchi, avait remporté l’or sur les 500 mètres, à la surprise générale.

 

Cependant, c’est Wu Dajing qui affiche les plus grandes chances de victoire. Il y a quatre ans, il a escorté Viktor Ahn sur le podium pour l’épreuve du 500 mètres et a en outre récolté le bronze au relais 5 000 mètres hommes. Plus récemment, lors des épreuves des Coupes du monde de Shanghai (du 9 au 12 novembre) et de Séoul (du 16 au 19 novembre), Wu a montré qu’il avait recouvré le dynamisme qui lui a permis de s’imposer par deux fois à l’épreuve du 500 mètres, lors des Mondiaux de Montréal en 2014 et de Moscou en 2015, et qui se retrouve de nouveau en position de surpasser ses concurrents sud-coréens, hongrois, hollandais et canadiens.

 

Sans être au meilleur de sa forme, Fan Kexin a ses chances dans toutes les épreuves individuelles mais elle devra à tout prix éviter des erreurs qui n’ont pas leur place dans une compétition de ce calibre telles que le faux départ qui a entraîné sa disqualification aux derniers Mondiaux de Shanghai.

 

Mais les regards de Li Yan et du collectif des entraîneurs de l’équipe nationale portent au-delà de Pyeongchang et des chances de médailles de Wu Dajing et de Fan Kexin ou des équipes de relais 3 000 mètres femmes et 5 000 mètres hommes. Car si dans la ville sud-coréenne, les membres de l’équipe du pays hôte, qui auront l’avantage de concourir chez eux, partiront largement favoris dans presque toutes les catégories (500, 1 000 et 1 500 individuels hommes et femmes et dans les relais), il en sera tout autrement à Beijing et Zhangjiakou en 2022, Jeux sur lesquels la délégation chinoise mise tous ses espoirs.

 

Les patineurs du géant asiatique, sans sous-estimer l’importance du prochain grand rendez-vous hivernal, l’envisagent plutôt comme une compétition de transition qui devrait permettre à quelques-unes des étoiles montantes de préparer le terrain pour les Jeux de Beijing 2022 où elles porteront la responsabilité de réaffirmer devant leurs supporters que le patinage de vitesse sur piste courte a été et continuera d’être le fleuron de l’équipe chinoise aux JO d’hiver.

 

* JORGE RAMÍREZ CALZADILLA est un journaliste cubain qui collabore depuis plus de dix ans avec différentes revues et médias audiovisuels de son pays et de l’étranger. Il vit à Beijing depuis 2007.

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