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Voyage au Xinjiang——Shufu : de la tradition à la modernité

2020-03-06 11:08:00 Source:La Chine au présent Auteur:SONIA BRESSELER
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Vue de la salle d’exposition au Village des instruments de musique

 

Le district de Shufu a un chef-lieu moderne, qui n’apparaît pas dans les guides de voyage. Mais l’objectif ici est de comprendre les enjeux de la Route de la Soie. Le chef-lieu, en pleine construction, est situé à 30 minutes de voiture de la ville de Kashgar.

 

Le Village des instruments de musique
 
Au cœur du chef-lieu, un village entièrement consacré à la musique a été construit. Un peu à l’image des villages de la vallée du raisin de Turpan, il permet de regrouper les artisans, de faciliter les échanges commerciaux et de faire connaître les traditions grâce au Musée d’histoire des instruments de musique.

 

C’est ici que nous rencontrons Abdurahman Abdulla et son fils Ablakhari Rahman, tous deux des artisans.

 

À plus de 64 ans, Abdurahman Abdulla exerce ce métier depuis plus de 50 ans. « J’ai commencé à apprendre à fabriquer des instruments de musique avec mon père quand j’avais six ans. J’ai trois fils qui font comme moi et une quarantaine d’apprentis. Je souhaite former plus d’héritiers afin de contribuer au développement du secteur, confie-t-il. Aujourd’hui, les procédés se sont largement améliorés. Auparavant, les motifs étaient simples. Grâce à de nouveaux procédés, les motifs et l’apparence sont plus riches. La qualité des instruments de musique s’est améliorée, d’une facture plus élégante. »

 

Ablakhari Rahman a l’air timide, il s’affaire avec soin à ses créations. Il n’ose pas trop nous regarder, mais il accepte malgré tout de nous répondre. « J’ai commencé à apprendre ce savoir-faire quand j’avais 8 ans. Cela fait désormais 22 ans. Après avoir terminé mes études au collège, je me suis lancé dans ce métier. Je suis qualifié et je sais fabriquer une dizaine d’instruments de musique. Je fais des instruments de musique, mais je fais aussi des outils pour les travaux des champs. La fabrication des instruments de musique m’apporte un revenu de 30 000 yuans par an. J’ai deux enfants d’âge scolaire », explique-t-il.

 

Il aime le Xinjiang et est fier de sa région. Avec son père, il a remporté de nombreux prix.

 

« Je voudrais me perfectionner et avoir de meilleures conditions de vie. Je voudrais gagner plus et offrir une meilleure vie à ma famille. J’ai deux filles. Donc, je ne peux pas leur transmettre mon savoir-faire. Je dois enseigner à des apprentis. Maintenant, mes neveux ont appris à faire des instruments de musique avec moi », précise-t-il.

 

Je trouve étonnant qu’une femme ne puisse pas fabriquer des instruments de musique. J’aurais dû insister sur ce sujet, mais je n’ai pas osé. Avec le temps, des femmes inventeront probablement de nouveaux sons.

 

Pas très loin du Village des instruments de musique, se dresse un nouveau complexe. Ici j’ai un peu le vertige. Mes yeux ne voient que du sable et il fait une chaleur écrasante : j’ai l’impression que rien ne peut y exister. Ma réaction est stupide, car rien n’efface les bonnes volontés, ni les rêves. C’est la leçon que Liang Tao va me prodiguer.

 

Rencontre avec Liang Tao

 

Liang Tao est un jeune homme, déjà très actif et qui a la responsabilité d’une pépinière de jeunes entreprises de la région. Il est diplômé de l’Université des sciences et des technologies de Changsha. En 2007, il a été recruté par une filiale du Groupe de construction de Guangzhou.

 

Fin 2010, à la demande de la Commission de contrôle et de gestion des biens publics de Guangzhou, des représentants sont arrivés au Xinjiang dans le cadre du soutien au développement industriel de la région. Ils ont alors effectué des enquêtes sur le marché local pendant plus d’un mois. En suivant les politiques de l’État, ils ont décidé de construire un parc commercial. Il nous montre la maquette de ce projet de la Nouvelle Cité de Guangzhou.

 

« Voilà le projet de la Nouvelle Cité de Guangzhou. En février 2011, je suis revenu ici dans le cadre de la création d’une nouvelle société en charge de la mise en œuvre de ce projet. À l’époque, j’étais seulement un employé ordinaire au Département d’exploitation. La nouvelle société a été enregistrée en avril. Je me suis alors chargé de l’établissement du projet, de la démolition dans le cadre de sa mise en œuvre et des ventes. Quatre ans et demi plus tard, j’ai été promu. Je suis maintenant assistant du directeur général et chef du Département d’exploitation. »

 

Le projet de la Nouvelle Cité de Guangzhou a été établi en 2011. La cérémonie de pose de la première pierre a eu lieu en avril 2011 et le projet a été mis en chantier en juillet 2011. Il s’étend sur 400 ha et possède une superficie bâtie de 3,2 millions de m2. Les investissements se sont élevés à 7,2 milliards de yuans. La Nouvelle Cité de Guangzhou est capable d’accueillir plus de 80 000 emplois.

 

Actuellement, plus de 880 entreprises sont déjà présentes dans ce parc commercial, dont l’objectif est d’attirer plus de 20 000 entreprises. C’est vertigineux.

 

« Notre pays est en train de mettre en œuvre l’initiative “la Ceinture et la Route” et le Xinjiang se trouve sur la Ceinture économique de la Route de la Soie. Kashgar occupe une position avantageuse sur la Route de la Soie. Pour les pays avoisinant le Xinjiang, c’est la première étape pour pénétrer en Chine. Notre projet bénéficie ainsi d’une position avantageuse. Nous sommes une plate-forme pour développer le commerce. L’initiative “la Ceinture et la Route” vise à promouvoir les échanges commerciaux. Donc, notre projet correspond à cette initiative. Nous avons la Rue commerciale internationale, dédiée aux commerçants venant des huit pays voisins du Xinjiang, dont le Pakistan, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Ils pourront vendre leurs marchandises ici via notre plate-forme. Nous pourrons aussi vendre nos marchandises chez eux. Nous avons la Zone commerciale transfrontalière. Normalement, une telle zone doit être créée à la frontière. Mais Kashgar se situe à plus de 300 km de Khunjerab. Avec l’approbation de la région autonome, nous avons donc créé cette zone dans le district de Shufu. Nous avons la Base d’exportation des produits électromécaniques et des machines, qui vise à exporter des équipements chinois vers les pays voisins. Nous nous orientons vers l’import-export. Nous avons effectué des enquêtes et beaucoup de marchands des pays voisins vont faire leurs achats à Guangzhou, et dans les provinces du Fujian et du Zhejiang. Si nous acheminons les marchandises de ces régions à Kashgar, les marchands étrangers pourront faire leurs achats à Kashgar. Cela permettra de réduire les coûts et de gagner du temps. »

 

Ce projet est gigantesque et deviendra une plaque tournante pour les entreprises, une façon de rationaliser les échanges commerciaux internationaux avant d’entrer sur le territoire chinois. Cela permet aux marchands locaux de développer des marchés, et aux entreprises de toute la Chine de générer des synergies avec les pays voisins.

 

Au cœur du désert, un grain de sable se transforme en mine d’or quand on applique la bonne équation de ténacité et de rêves.

 

SONIA BRESSELER est philosophe et épistémologue française.  

(Extrait de son livre Xinjiang, les mille & une merveilles de la Route de la Soie)

 

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