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L’artisanat traditionnel en héritage

2020-02-21 15:08:00 Source:La Chine au présent Auteur:XU YANG
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La cathédrale Sainte-Sophie sous la belle neige hivernale

 

À la fin de la dynastie des Qing, le train, un moyen de transport avancé à cette époque, connectait le Nord-Est de la Chine à une Europe bien lointaine. Grâce à ce mode de locomotion moderne, la ville de Harbin, qui n’était au départ qu’une distillerie et un sanctuaire spirituel, s’ouvrait à la littérature, aux religions, aux techniciens, aux médecins et aux voyageurs d’occident.

Relier l’Est et l’Ouest

En 1896, le tsar russe Nicolas II a dirigé la construction du chemin de fer transsibérien qui traversait la moitié de l’Europe de Moscou à Vladivostok. Le tronçon de voie ferrée qui s’étendait à travers le territoire chinois du Nord-Est était appelé le chemin de fer chinois de l’Est.

Le 9 juin 1898, la première vague de cheminots est arrivée de Vladivostok à Tianjia Shaoguo Tun, petit village célèbre pour une distillerie dirigée par la famille Tian. Plus tard, les Russes ont choisi cette date comme étant celle de la fondation de la ville de Harbin, et ont ainsi commencé à en faire une ville moderne.

L’une des histoires les plus fascinantes sur Harbin est celle des expatriés russes qui ont migré à plusieurs endroits le long du chemin de fer, parmi lesquelles un grand nombre de Juifs. À la fin du XIXe siècle, Harbin était le plus grand lieu de rassemblement d’émigrés juifs d’Extrême-Orient, atteignant jusqu’à 20 000 personnes à son apogée.

Certains d’entre eux ont commencé à ouvrir des magasins dans le centre-ville florissant de Harbin et ont peut-être contribué à briser les conditions de vie cloisonnée qui existaient entre les colons russes et les Chinois. Plus tard, au cours de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’avait lieu une vague d’antisémitisme sans précédent, Harbin est devenu un sanctuaire pour les Juifs qui ont apporté de nombreuses contributions notables au développement de la ville.

Quiconque visite Harbin se doit d’aller sur l’Avenue centrale, s’étendant de la tour commémorative du contrôle des inondations le long de la rive de la rivière Songhua au nord jusqu’à la place Xinyang au sud. L’Avenue centrale était à l’origine une colonie pour les Chinois prévue par l’Administration russe des chemins de fer chinois de l’Est, et donc surnommé « China Avenue ». Plus tard, le nom a été changé pour l’Avenue centrale. Cette célèbre avenue centenaire, d’une longueur de mille mètres, est faite de beaux pavés carrés en pierre, bordée par des bâtiments uniques des deux côtés. Les styles architecturaux de ces derniers, au nombre de 70, proviennent d’occident comprenant le baroque, la renaissance, l’éclectisme et l’art nouveau.

Parmi les bâtiments anciens de l’Avenue centrale, le plus populaire est le Modern Hotel, qui adopte une architecture de style nouveau. Cet hôtel centenaire est célèbre grâce à la série télévisée Gunshots au Modern Hotel et au Modern Popsicle café.

Le restaurant Huameixi est considéré par les résidents de Harbin comme un authentique restaurant russe. Il y a près de 100 ans, le restaurant n’était qu’une petite pâtisserie russe située au coin de la rue. Avec le temps, il s’agrandit pour devenir le plus célèbre restaurant de la ville. Tous ces anciens restaurants de Harbin sont les témoins du développement de la cité au cours du siècle dernier et en sont devenus les monuments. Chacun d’eux a un fondateur similaire : un marchand juif itinérant.

Avec l’afflux de Russes à Harbin, venaient également les tenues et la cuisine. Aux menus de nos jours, des mets tels que la saucisse rouge chinoise, le lieba (pain russe), la soupe subo (soupe russe) et le kvas chlebovy (boisson fermentée russe). Tout cela atteste de l’influence importante de la nourriture et des boissons typiques russes sur la vie des habitants. L’influence étrangère a eu tellement d’impact sur la culture locale que même le guobaorou (le porc frit), fameux plat chinois du Nord-Est, originaires de Harbin, auraient été inspirés par des Russes qui appréciaient la nourriture aigre-douce.

L’amour pour la mode à Harbin est lié à l’introduction précoce de vêtements occidentaux comme les costumes d’affaires ou les robes typiques de Russie.

En quelques décennies à peine, les expatriés ont eu un impact important sur les modes de vie à travers le Nord-Est de la Chine.

 

Des bonhommes de neige le long du fleuve Songhua, dans l’arrondissement de Daoli, à Harbin

 

Cathédrales emblématiques

À la fin de la guerre russo-japonaise en 1905, une certaine appréhension pouvait se faire sentir chez les troupes russes restées à Harbin. Deux ans après la fin de la guerre, les autorités militaires russes ont ordonné la construction d’une église afin d’apaiser leurs soldats. Au cours de la même année, avec le soutien financier d’un marchand russe, l’église a été agrandie. Deux décennies plus tard, en 1932, la plus grande église orthodoxe d’Extrême-Orient a finalement été achevée. Elle a été baptisée cathédrale Sainte-Sophie.

La cathédrale Sainte-Sophie a un style architectural typiquement byzantin, avec un dôme vert foncé en forme de bulbe et une élégante voûte de clocher. La structure globale est un mélange de brique et de bois. Les murs sont en briques rouges et les sculptures de tuiles exquises sont d’une grande ingéniosité. Avec les bâtiments environnants et la grande place de l’église, le bâtiment a l’air grand et solennel de loin. De près, chaque détail de la structure a une riche profondeur, montrant la solennité sacrée de l’architecture religieuse. Bien sûr, toute description de la cathédrale ne serait pas complète sans mentionner les pigeons qui se rassemblent sur le toit vert. Ces gardiens de l’église sont très amicaux avec les gens et se précipiteront sur la nourriture que vous pourriez leur offrir.

La cathédrale Sainte-Sophie servait autrefois d’entrepôt pour le grand magasin de Harbin, mais fait dorénavant office de galerie d’art architectural, ne remplissant plus sa fonction religieuse.

Au sud de la cathédrale, sur la rue Jihong, se trouve une vieille église délabrée cachée dans l’ombre d’une ruelle. Elle est appelée l’église orthodoxe Holy Iveron Icon. C’était également à l’origine une église militaire russe. Contrairement à la cathédrale Sainte-Sophie qui est bien conservée, Holy Iveron Icon a été endommagée au fil du temps. Elle se tient aujourd’hui tranquillement à côté de l’orphelinat. Ces courbes gracieuses, ces sculptures en briques fines et ces mosaïques colorées aux portes de l’orphelinat révèlent encore sa gloire architecturale passée.

La rue Dongdazhi

Dongdazhi, donnant sur la place du Musée, est calme et tranquille, car elle abrite la plupart des édifices religieux de Harbin. Certains d’entre eux sont encore utilisés à des fins religieuses. Avec le départ des émigrants russes, le nombre de croyants orthodoxes orientaux a considérablement diminué à Harbin. Autrefois, la ville avait de nombreuses églises orthodoxes orientales, mais aujourd’hui la cathédrale Notre-Dame de Harbin est la seule de la rue Dongdazhi qui continue de mener des offices. L’église orthodoxe orientale voisine de la Vierge Marie Sabbat qui sert maintenant de salle d’exposition. L’église orthodoxe Saint Alekseïev, à proximité de la rue Shike, a été convertie en église catholique dans les années 1980. Il y a également la cathédrale du Sacré-Cœur de Jésus de Harbin, une église catholique polonaise, qui fait face à une église luthérienne allemande.

Situé au bout de la rue Dongdazhi se trouve le temple boud-dhiste chinois Jile, qui a été construit dans les années 1920. Les habitants les plus âgés de Harbin pensent que le temple est destiné à conserver la foi traditionnelle du peuple chinois.

 

 

Paris d’Orient

Niché dans un coin plutôt calme, à la première intersection de l’Avenue centrale, se dresse un manoir isolé, de couleur jaune délavée, dont les murs sont couverts de vignes. Quelques petites chaises sont disposées devant le bâtiment, cachées sous les vignes, avec en fond plaque, porte et fenêtres vertes foncées qui créent une ambiance réfléchie. La fenêtre est ornée d’ustensiles russes et une plaque indique « Russia Coffee & Food ». Digne d’une boutique de vieux meuble, vous ne pouvez vous empêcher en poussant la porte de ressentir une forme de nostalgie du passé.

Plus bas, la rue Huayuan qui croise la rue Gogol est relativement calme. Cette rue abrite un certain nombre de consulats étrangers à Harbin. Il servait autrefois de lieu de vie pour les employés de la Chinese Eastern Railway. Pour cette raison, de nombreux logements de style russe s’y trouvent. Parce que la plupart des maisons à l’époque avaient des jardins (Huayuan), la rue a été, à juste titre, surnommée la rue Huayuan.

Il est aisé de se déplacer à pied dans Harbin. Ce n’est qu’en flânant, et en admirant tous les détails de l’environnement, que les voyageurs pourront entendre les mélodies jouées au piano ou les chants angéliques entonnés depuis les cafés ou les églises. En ce qui concerne l’architecture, Harbin est assez jeune, elle n’a jamais eu besoin de muraille. Cela reflète beaucoup l’esprit inclusif de la ville, accueillant des visiteurs du monde entier, partageant avec eux tous les aspects de la vie et faisant de Harbin ce qu’elle est aujourd’hui.

Que Harbin soit ou non une « Paris d’Orient » n’a pas une importance vitale, car elle s’est forgée une réputation unique. C’est une vieille ville pittoresque, une ville qui aura à jamais le titre unique de « Ville d’été de Glace ».

 

XU YANG est un écrivain indépendant.

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