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Venir en Chine, un défi

2019-07-03 14:56:00 Source:La Chine au présent Auteur:ABEL ROSALES GINARTE
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ABEL ROSALES GINARTE, membre de la rédaction

 

« La Chine est entrée dans ma vie en 2008 quand ma mère m’a annoncé l’ouverture d’un cours de chinois en Uruguay. Malheureusement, je n’ai pas réussi le test d’inscription. Par la suite, j’ai regardé la cérémonie d’inauguration des Jeux olympiques de Beijing qui m’a beaucoup impressionné, et j’ai décidé de donner une nouvelle chance au chinois », raconte Ismael Santana. Il travaille actuellement en tant que consultant à l’ambassade d’Uruguay en Chine. Sa mission principale est l’interprétation, une des spécialités les plus difficiles, surtout quand on l’exerce pour des autorités de haut niveau. Ses thèmes de prédilection sont les questions commerciales et l’investissement.

 

Il a gardé de très bons souvenirs de ses premiers mois d’apprentissage du chinois en Uruguay. « J’ai commencé à m’entourer de Chinois qui vivaient en Uruguay et leur attitude très positive face à un Uruguayen qui s’intéressait à leur culture et leur pays était tellement communicative que j’ai décidé d’arrêter mes études pour venir en Chine. » La communauté chinoise en Uruguay est assez limitée. Selon les données de l’ambassade de Chine en Uruguay, il y avait l’année dernière 300 Chinois en Uruguay. Ils célèbrent les fêtes traditionnelles du calendrier chinois comme la fête du Printemps ou la fête de la Mi-Automne. « C’est eux qui ont motivé ma décision de continuer à étudier le chinois. »

 

À l’idée des opportunités qui pourraient résulter de l’Expo universelle de Shanghai 2010, Ismael Santana a mis le cap sur la Chine, et plus précisément sur la ville de Shanghai. « Des Chinois qui tenaient un restaurant à Montevideo m’avaient dit que si un jour je voulais aller à Shanghai, ils pourraient m’héberger. C’est donc ce que j’ai fait. À ce moment-là, l’agence Uruguay XXI cherchait des personnes pour travailler sur le pavillon Uruguay de l’Expo de Shanghai. Une opportunité pour moi de rendre ma situation plus officielle. » Mais la meilleure nouvelle est arrivée encore après. Au cours de l’Expo, le jeune homme a rencontré Rosario Portell qui était à l’époque ambassadrice d’Uruguay en Chine. « Elle m’a parlé des bourses que la Chine offrait aux étudiants uruguayens et elle m’a donné l’opportunité d’aller à Beijing. Suite à cela, je suis retourné en Uruguay et j’ai fait ma demande de bourse en mars 2011. »

 

Au cours de l’entretien pour la bourse, on lui a demandé d’expliquer son intérêt pour la Chine et pour le chinois et on lui a posé des questions sur sa famille. En guise de test, on lui a demandé de faire l’interprète pour un entraîneur de ping-pong qui était alors en visite à Montevideo. « Je lui ai raconté mes expériences puis je lui ai chanté un air de l’opéra de Pékin Shajiabang, cela l’a émerveillé. Le 22 juillet, ils m’ont appelé pour m’annoncer qu’ils me donnaient la bourse et à la fin du mois d’août, j’étais déjà en Chine. » Il a alors suivi un cours préparatoire de chinois à l’Université des langues et cultures de Beijing, puis il a entamé sa licence de politique internationale à l’université Renmin de Chine. « La première année a été relativement difficile, car même avec de bonnes connaissances linguistiques, suivre des cours dans une université de ce niveau, avec des étudiants chinois qui sont pour certains les meilleurs de leurs provinces et de leurs villes, est extrêmement exigeant et il faut s’adapter. »
 

 

Le métier d’interprète

 

Même si la Chine n’était pas tout à fait comme il l’avait imaginée, arriver de Montevideo à Shanghai a été une expérience particulière. « Je pensais que j’allais arriver dans une ville plus chinoise en termes d’architecture, je pensais qu’on y parlerait seulement le mandarin, mais on y parle aussi le dialecte de Shanghai et mes premiers mois ont été très intenses. » Pour Ismael Santana, la Chine représente un défi mais avec le temps, c’est extrêmement gratifiant, particulièrement lorsqu’on apprend la langue. « Pouvoir entrer en contact avec la population locale et mieux la connaître sont les principaux obstacles que rencontrent les étrangers en arrivant. »

 

Sa famille a joué un rôle fondamental dans sa réussite professionnelle. « Depuis toujours, ma famille m’a encouragé dans ma volonté de partir explorer. À l’époque, la Chine n’était pas encore ce qu’elle est devenue aujourd’hui et les gens pensaient qu’étudier le chinois ne servirait pas à grand-chose. » Mais l’expérience lui a prouvé qu’il avait pris la bonne décision, car venir étudier en Chine a changé sa vie de façon positive. « Je n’aurais jamais imaginé, lorsque j’étudiais l’informatique en Uruguay, que je passerais sept ans à étudier la politique internationale et à servir d’interprète à des personnalités importantes comme je l’ai fait. »

 

Le travail d’interprète est un métier solitaire et passionnant. En plus de servir de pont entre les cultures, ce travail lui a aussi permis d’améliorer ses capacités professionnelles et d’approfondir ses connaissances culturelles. « Après avoir obtenu mon diplôme, j’ai fait un stage et l’ambassadeur Fernando Lugris m’a fait confiance et m’a donné l’opportunité d’être l’interprète des représentants politiques uruguayens qui venaient effectuer une visite en Chine », raconte Ismael Santana en faisant référence à son travail d’interprète auprès d’intendants, de ministres, de vice-ministres, ou encore de la vice-présidente uruguayenne, Lucía Topolansky. « Jamais je n’aurais imaginé que j’aurais un jour l’opportunité de passer du temps avec eux pendant leurs voyages en Chine et de développer des relations aussi étroites avec ces personnalités. »

 

Le travail d’interprète exige un dévouement total et une curiosité intellectuelle illimitée. « Il m’est arrivé de rencontrer des mots en espagnol que je ne connaissais même pas. Parfois, les autorités ont l’impression que les interprètes parlent trop, par exemple certains représentants uruguayens font des blagues sur le football et je suis obligé de donner des explications pour que les Chinois comprennent et puissent rire aussi. Quand les Chinois rient moins que les Uruguayens, j’ai l’impression d’avoir mal fait mon travail d’interprète. » Car le travail d’interprète consiste à transmettre le plus fidèlement possible les idées exprimées.

 

Une expérience positive

 

Un des événements auxquels Ismael Santana est particulièrement content d’avoir participé est le 11e Sommet commercial Chine-Amérique latine et Caraïbes, qui s’est tenu dans la ville uruguayenne de Punta del Este du 30 novembre au 2 décembre 2017 et qui était organisé par le Conseil chinois pour la promotion du commerce international, Uruguay XXI et la Banque interaméricaine de développement. « Cet événement a nécessité un travail de préparation de longue haleine, mais il a abouti à d’excellents résultats qui nous ont apporté beaucoup de satisfaction. » Il était également aux premières loges lors de la visite en Chine du président uruguayen Tabaré Vázquez en 2016, époque à laquelle il occupait un poste de consultant à l’agence Uruguay XXI. « La visite du ministre des Affaires étrangères Rodolfo Nin Novoa à l’occasion de la semaine de l’Uruguay en Chine et l’adhésion officielle de l’Uruguay à l’initiative ‘‘la Ceinture et la Route’’ ont été des moments historiques dont j’ai été le témoin. »

 

Au cours de sa carrière professionnelle, il a visité de nombreuses villes en Chine. « L’une des villes que je préfère est Xi’an. Penser que c’était l’ancienne capitale, que c’était le début de l’ancienne Route de la Soie et la manière dont ils ont essayé de conserver le visage traditionnel de la ville, c’est un peu ce à quoi s’attend un étranger avant de venir en Chine. » Il évoque également l’immense diversité de la cuisine chinoise, surtout dans une ville comme Beijing, où on trouve des restaurants qui proposent des spécialités de différentes provinces et de différents pays. « J’essaie de préparer chez moi les plats que j’aime, et parfois j’ajoute des condiments uruguayens, par exemple lorsque je prépare des œufs à la tomate. Je suis heureux en Chine, je considère que dans l’ensemble, c’est une expérience stimulante et positive. »

 

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