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La ville « mauve » de Shenzhen

2018-05-04 10:19:00 Source:La Chine au présent Author:JULIEN BUFFET, membre de la rédaction
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Concert donné par un orchestre russe dans le cadre du

stival international de musique à Shenzhen

Au regard des conflits géopolitiques mondiaux, on pourrait croire que le dialogue entre les civilisations et la promotion des arts et de la culture ne sont plus d’actualité. Mais la Chine, pays cinq fois millénaire, se détache de cette morosité ambiante et fait du dialogue interculturel la pierre de touche de l’initiative « la Ceinture et la Route ». À Shenzhen, la culture et les Belles lettres sont désormais au cœur des nouvelles Routes de la Soie.

L’économie « mauve » des nouvelles Routes de la Soie

Tout a commencé en 1980, avec la politique de réforme et d’ouverture de Deng Xiaoping, à Shenzhen dans le delta de la rivière des Perles. La ville portuaire était alors l’une des expériences économiques les plus audacieuses. En quelques années, un petit bourg de 30 000 âmes se transforma en une ville florissante de 11 millions d’habitants. Désormais manufacture du monde dans les technologies innovantes et modèle de ville intelligente dans le delta de la rivière des Perles, Shenzhen est l’une des villes qui s’étend le plus rapidement avec une moyenne d’âge des résidents qui ne dépasse pas 30 ans. Mais ce serait une erreur de croire, comme l’avait formulé le célèbre architecte Rem Koolhass, que Shenzhen est une « ville générique » sans histoire et sans âme vouée entièrement au monde tout puissant des affaires. Le « désert culturel » longtemps dénigré n’est plus !

Aujourd’hui, comme il y a 40 ans, Shenzhen joue le rôle de leader dans la définition des caractéristiques de l’économie « mauve » chinoise, à savoir un modèle économique de développement durable axé sur le potentiel culturel des biens et des services. Dès 2003, Shenzhen a pris la tête de ce mode de développement au niveau national en mettant en œuvre la stratégie pour une ville basée sur la culture. Par ailleurs, la ville a débuté en 2015 la réalisation du Plan 2020 pour le développement culturel innovant en soutenant les industries culturelles et créatives.

Ainsi, la culture importe bien et les chiffres sont impressionnants. Entre 2003 et 2016, la valeur ajoutée produite par les industries culturelles et créatives sont passées de 2,5 % à 10 % du PIB de la ville. La croissance annuelle du secteur dépasse les 20 %.

Un jardin artificiel inspiré de la culture pop à Shenzhen

Alors que Shenzhen est en passe de devenir la ville pivot de l’initiative de « la Ceinture et la Route », son attractivité croissante repose bel et bien sur l’économie « mauve ». En effet, en améliorant la qualité de vie, la culture stimule la créativité humaine, la capacité à innover et, en conséquence, la compétitivité de la ville.

La tendance est relativement nouvelle mais elle embrasse l’ensemble des villes portuaires du Sud de la Chine qui sont une interface économique et culturelle privilégiée entre le pays et le monde. À cet égard, l’année 2016 a été une étape importante dans la réflexion chinoise sur la promotion de l’économie « mauve ». Premier symbole fort de ce point de départ privilégié des routes mondiales de la culture et des humanités, la cérémonie de signature de la Ligue internationale des théâtres des Routes de la Soie (SRILT) à Xiamen, qui crée le premier réseau mondial de théâtres et d’opéras.

Cette même année 2016, Han Wangxi, chef adjoint du département de la Communication de Shenzhen, était en visite dans la ville portuaire de Kaunas en Lituanie. Il fut impressionné de voir comment une si petite ville avait réussi à devenir celle du design, distinguée par l’UNESCO. Encouragé par cet exemple, Shenzhen met en place dès l’année suivante de nouveaux grands événements culturels. Aux alentours des années 2022-2025, Shenzhen ambitionne ainsi de devenir une ville mondiale, à l’image de Hong Kong, reposant sur toutes sortes d’industries culturelles : le design, l’animation, les jeux, la mode, etc.

À la pointe des tendances musicales

Toutefois, la musique est profondément ancrée dans l’identité culturelle de la ville à l’image du Festival international de musique de « la Ceinture et la Route » de Shenzhen qui fête en 2018 sa seconde édition du 23 mars au 29 avril. La majorité des chanteurs et pianistes classiques les plus brillants ont été formés à la musique à Shenzhen : Li Yundi, Zhang Haochen, Chen Sa et Zhang Zuo. Han Wangxi lui-même est un joueur de flûte de bambou accompli et un amateur d’opéra kunqu, typique de la province du Jiangsu. Shenzhen est aussi considéré comme le repaire de la musique pop en Chine. L’étoile montante et chanteur Dimash Kudaibergen, qui fit une prestation à la télévision française en 2017, a participé au Festival international et les groupes de musiques occidentaux comme OneRepublic sont déjà prêts pour leur concert live à Shenzhen le 2 mai 2018.

Shenzhen est littéralement enveloppée de toutes sortes de musiques. Chaque arrondissement de la ville possède son propre théâtre et toute la ville compte, selon les statistiques municipales, environ 400 000 pianos. Parmi les 300 000 jeunes adeptes de piano, peu d’entre eux seront distingués, mais ce fut le cas de Pan Linzi. La jeune femme a appris le piano à Shenzhen et donné une prestation musicale en tant que l’une des cinq fiertés des jeunes artistes de la ville. Amicale et profondément impliquée pour vivre sa propre sensibilité musicale, la talentueuse Pan Linzi représente l’état d’esprit de l’initiative « la Ceinture et la Route », à travers le partage d’expériences et la création de son propre modèle sans chercher à reproduire les vieux schémas.

Cette nouvelle génération lie son identité chinoise avec une culture cosmopolite guidée par la soif de connaissance, la conduite d’une vie saine et la liberté de création. Ce vent de fraîcheur va droit au cœur des artistes et orchestres mondialement connus qui sont venus au Festival international de musique de Shenzhen. Le légendaire pianiste russe Mikhail Pletnev a reçu une ovation debout du public et le chef d’orchestre plein de fougue Alexander Sladkovsky a ensorcelé la salle.

Enfin, le Boléro de Ravel, arrangé par Jiang Ying, a réuni le grand joueur de bandonéon argentin Walter Rios, la trompettiste française Lucienne Renaudin-Vary et le violoniste chinois Lin Chaoliang entre autres. Ce moment musical unique a fait prendre conscience à la salle, bien mieux que des mots, que l’initiative chinoise pour la paix et le développement appartient à toutes les cultures et pays du monde.

Sur les nouvelles Routes de la Soie, la musique irradie et nous fait tous jouer sur la même partition. Il appartient désormais aux peuples de la transformer en une symphonie mondiale.

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