
Le traitement tarifaire zéro de la Chine pour des produits africains constitue une initiative historique qui témoigne de la profondeur du partenariat stratégique global entre la Chine et l'Afrique, a estimé Amadou Magagi, directeur de la Formation professionnelle à la Chambre de commerce et d'industrie du Niger, dans un entretien récemment accordé à Xinhua.
Selon lui, au-delà de son importance commerciale, cette politique illustre l'engagement constant de la Chine en faveur d'un développement partagé, d'une mondialisation économique plus inclusive et d'une coopération fondée sur les principes du respect mutuel, de l'égalité et des avantages réciproques.
Elle traduit concrètement les engagements pris dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), visant à soutenir l'industrialisation du continent, à renforcer son intégration dans les chaînes de valeur mondiales et à accroître les opportunités offertes aux entreprises africaines.
"Cette mesure contribue également à la construction d'une communauté d'avenir partagé Chine-Afrique, dans laquelle la prospérité de chacun devient un facteur de développement pour l'autre. Elle renforce la confiance mutuelle et ouvre une nouvelle étape dans les relations économiques entre la Chine et l'Afrique", a-t-il souligné.
Selon lui, cette mesure suscite un intérêt croissant des opérateurs économiques africains pour le marché chinois et renforce la confiance des investisseurs dans les perspectives de la coopération économique sino-africaine. Cette politique devrait également favoriser un renforcement des investissements chinois dans les secteurs productifs, les infrastructures logistiques, les zones industrielles, les plateformes de stockage, la transformation agroalimentaire ainsi que le transfert de technologies, a-t-il ajouté.
A moyen et long termes, cette politique devrait accélérer la montée en gamme des exportations africaines et favoriser l'émergence des chaînes de valeur régionales capables de répondre aux exigences du marché chinois, a-t-il prédit.
Evoquant les retombées attendues pour le Niger, M. Magagi a déclaré que cette initiative représente "une opportunité stratégique exceptionnelle" pour son pays.
"Le Niger dispose d'importantes ressources agricoles, pastorales et minières, ainsi que d'un potentiel considérable dans les filières du sésame, de l'arachide, du niébé, de la gomme arabique, du souchet, des produits de l'élevage et de nombreuses autres productions à forte valeur ajoutée", a-t-il expliqué.
Selon lui, l'accès préférentiel au vaste marché chinois permettra d'accroître les exportations nigériennes, d'encourager la transformation locale des matières premières et de stimuler la création d'emplois, notamment au profit des jeunes et des femmes.
Abordant le contexte international, M. Magagi a souligné que, dans un environnement marqué par les tensions commerciales, les incertitudes géopolitiques et la résurgence de certaines formes de protectionnisme, cette initiative de la Chine envoie un message particulièrement fort, réaffirmant l'attachement de la Chine au libre-échange, à l'ouverture économique, au multilatéralisme et au développement commun.
Concernant les perspectives de la coopération économique et commerciale sino-africaine, M. Magagi les a jugées "extrêmement prometteuses".
A ses yeux, la politique de traitement tarifaire zéro constitue une étape importante vers une coopération économique de nouvelle génération, davantage centrée sur l'investissement productif, la transformation industrielle, le développement des infrastructures, l'innovation, la transition numérique et le renforcement des capacités.
Pour optimiser pleinement les bénéfices de cette politique, M. Magagi a préconisé de renforcer les capacités de production et de transformation industrielle en Afrique, d'améliorer la qualité, la normalisation et la certification des produits destinés au marché chinois, de développer les infrastructures logistiques, portuaires et les corridors commerciaux, de faciliter davantage les procédures douanières et les échanges commerciaux, d'encourager les investissements industriels et les partenariats entre entreprises chinoises et africaines, ainsi que d'intensifier le transfert de technologies, le renforcement des compétences et la coopération dans les domaines de l'innovation, de l'économie numérique et de la formation professionnelle.
"Nous sommes convaincus que (...) le partenariat économique sino-africain continuera de se renforcer au bénéfice des peuples des deux parties. En conjuguant les avantages comparatifs de la Chine et le potentiel considérable de l'Afrique, il est possible de construire une coopération exemplaire fondée sur la confiance, la complémentarité, le développement partagé et la prospérité commune, conformément à la vision d'une communauté d'avenir partagé Chine-Afrique", a-t-il conclu.