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Imposer des droits de douane supplémentaires : une solution au déficit commercial américain ?

2019-06-14 16:09:00 Source: Auteur:
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La guerre commerciale sino-américaine continue de faire les gros titres et d’alimenter les inquiétudes partout dans le monde. Mais les droits de douane supplémentaires décidés par les États-Unis peuvent-ils résoudre les problèmes commerciaux ? Quelle sera la réaction des consommateurs dans le monde suite aux accusations formulées à l’encontre du groupe chinois Huawei ? Quelle orientation suivra l’économie mondiale ? Ce sont autant de questions qui préoccupent la planète et que nous allons aborder l’une après l’autre dans La Chine au présent.

Dans l’émission d’aujourd’hui, nous nous pencherons donc sur la première question, à savoir si les droits de douane supplémentaires sont une solution au déficit commercial américain.

Le président américain Donald Trump a twitté à plusieurs reprises que les États-Unis perdaient 500 milliards de dollars par an au travers de leurs échanges commerciaux avec la Chine.

Mais le monde commence à avoir l’habitude des twittes enflammés de Trump. Du point de vue chinois, les chiffres de ce déficit commercial américain doivent être relativisés. Il est tout à fait exact de dire que la Chine enregistre un excédent du point de vue des échanges de marchandises, par contre ce sont bien les États-Unis qui affichent un excédent pour les échanges de services. Or, une position équilibrée voudrait que l’on tienne compte des échanges de marchandises et de services, et dans ce cas le déficit commercial des États-Unis avec la Chine ne dépasse pas 150 milliards de dollars, très loin donc des 500 milliards assénés par M. Trump.

Et d’ailleurs avec ce chiffre de 150 milliards, peut-on vraiment dire que les États-Unis ont « payé cher » le déficit commercial bilatéral, et que la Chine, à l’inverse, en a tiré profit ?

Dans le Livre blanc intitulé La position de la Chine sur les consultations économiques et commerciales sino-américaines publié le 2 juin dernier, Wang Shouwen, vice-ministre chinois du Commerce et représentant adjoint des négociations commerciales internationales, a répondu que l’excédent commercial de la Chine avec les États-Unis au niveau des marchandises découlent à 53 % du commerce de transformation.

Sur ce point, il faut savoir que la Chine ne perçoit qu’un faible montant des recettes liées au commerce de transformation, alors que les États-Unis, positionnés aux maillons de la conception, de l’approvisionnement en pièces détachées et du marketing, en sont largement bénéficiaires. Mais si véritablement une partie était gagnante et l’autre perdante, comment expliquer que les relations commerciales sino-américaines aient autant progressé jusqu’à aujourd’hui ? Cela semble tenir de la mystification.

Dans une interview donnée aux médias chinois, Stephen Roach, chercheur à l’université Yale aux États-Unis, a déclaré lors d’une interview avec les médias chinois que le déficit commercial est mal compris par l’administration Trump.

Le gouvernement américain souhaite accroître les investissements et stimuler la croissance, mais en raison du faible taux d’épargne aux États-Unis, le pays se voit contraint « d’importer des économies » en provenance de l’étranger. Cet apport en capital à toutefois un coût qui correspond au déficit du compte courant et du déficit commercial à long terme des États-Unis.

Dans ces conditions, rejeter toute la faute sur la Chine en incriminant, entre autres, le déficit commercial, n’est qu’une manière de fuir ses propres responsabilités.

En 2017, les États-Unis accusaient un déficit commercial dans le secteur des marchandises avec 102 économies dans le monde.

Quand on a à l’esprit la totalité des faits, peut-on affirmer que les droits de douane supplémentaires imposés aux marchandises chinoises sont la solution au problème du déficit américain ? Selon Stephen Roach, il est très difficile de l’affirmer. Les droits supplémentaires appliqués aux marchandises chinoises permettront éventuellement de restructurer le déficit commercial multilatéral, mais ils ne réduiront en aucun cas ni son montant ni son ampleur.

Des enquêtes corroborent d’ailleurs le point de vue de M. Roach. Selon un rapport publié par le Bureau du recensement des États-Unis le 30 mai, le déficit commercial des États-Unis du point de vue des marchandises s’élevait pour le mois d’avril à 72,1 milliards de dollars, en hausse de 0,3 % par rapport au mois précédent et de 5,7 % en glissement annuel.

Il est à noter que les droits supplémentaires imposés aux marchandises chinoises risquent de contraindre les États-Unis à importer des produits de substitution plus coûteux auprès d’autres partenaires commerciaux, ce qui se traduira par une hausse des taxes aux dépens des consommateurs américain. Déjà, les ménages américains commencent à ressentir l’impact de cette mesure sur leur pouvoir d’achat.

En d’autres termes, face à l’énorme marché de consommation chinois et à la demande durable en importations, si les États-Unis maintiennent des droits de douane élevés à l’égard des marchandises chinoises, et que la Chine impose également les droits de douane supplémentaires sur des marchandises américaines, les pays européens, entre autres, pourraient bénéficier de nouvelles opportunités d’exportation en Chine.

 

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