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Travailler ensemble pour un avenir durable

2021-02-03 09:06:00 Source:La Chine au présent Auteur:FRANCISCUS CORNELIS GERARDUS MARIA TIMMERMANS
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Le 15 décembre 2020, dans la centrale photovoltaïque de Haidong dans la nouvelle zone de Binhai à Hai’an (Jiangsu), des techniciens inspectent les installations photovoltaïques.

 

La pandémie de COVID-19 a fait des ravages sur tous les continents et exercé une pression sans précédent sur nos économies.

 

Toutefois, pendant que nous continuons à nous consacrer à la lutte contre le COVID-19 et à l’examen de ses conséquences sur l’économie mondiale, les autres crises mondiales perdurent : dérèglement climatique, déclin de la biodiversité, pollution et surexploitation des ressources.

 

Ces crises sont liées. Le changement climatique accélère la destruction de l’environnement en entraînant sécheresses, inondations et feux de forêt. La perte de biodiversité et l’utilisation non durable des ressources naturelles sont quant à elles les principaux facteurs du changement climatique.

 

En toute logique, les solutions à ces crises devraient également être liées. Avec des écosystèmes sains, nous pouvons davantage atténuer le changement climatique et nous y adapter.

 

Le Pacte vert pour l’Europe

 

Il y a environ un an, à une époque où le monde était encore bien différent d’aujourd’hui, nous avons présenté le Pacte vert pour l’Europe (ou « Green New Deal » européen). Il a été conçu pour devenir la nouvelle stratégie de croissance de l’Europe, une stratégie visant à concilier durabilité environnementale, économique et sociale.

 

Et avec l’impact de la crise du COVID-19, la transition verte que nous avions déjà planifiée avec le Pacte vert pour l’Europe est devenue, en outre, notre feuille de route pour la reprise en Europe.

 

Il mettra l’accent sur les infrastructures durables, les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, mais aussi sur le verdissement de nos villes et campagnes, les produits et services écologiques, l’agriculture et l’alimentation durables, les transports propres et l’innovation dans les technologies propres. Il nous mettra sur la bonne voie, celle qui mène à un avenir durable.

 

Nous sortirons progressivement de l’« économie carbonée » pour passer à une économie propre, innovante, inclusive et circulaire, avec laquelle nous pourrons restaurer la biodiversité et réduire la pollution, tout en créant de la croissance et des emplois et en garantissant la santé et la prospérité.
 

 

Croissance verte

 

Je suis profondément convaincu qu’aujourd’hui nous avons une rare occasion de soutenir la transition écologique pour « reconstruire en mieux ». C’est le chemin commun que nous devons emprunter pour parvenir à la reprise, au profit des peuples et de la planète. Et bien que nous débloquions actuellement des sommes d’argent colossales, nous ne pourrons les dépenser qu’une seule fois.

 

J’entends souvent des critiques concernant la voie que nous avons choisie : celle-ci nous serait préjudiciable, agir pour le climat et l’environnement ferait souffrir nos économies, et en particulier au moment même où nous traversons la pire récession économique depuis des générations, nous devrions attendre un peu. Je refuse d’accepter ce compromis.

 

La transition vers la neutralité climatique exigera de nous tous que nous prenions de temps à autre des décisions difficiles. Mais le plus important, c’est que nous constatons à présent que cet objectif n’est pas impossible à atteindre.

 

Depuis 1990, le PIB global de l’UE a augmenté de plus de 60 %, tandis que les émissions nettes de gaz à effet de serre ont diminué d’un quart. Aller de l’avant dans la lutte contre le changement climatique n’est pas synonyme d’un retour en arrière, comme certains voudraient le faire croire. Il s’agit, au contraire, d’un saut dans l’avenir, dans tous les sens du terme.

 

En fait, NE PAS agir pour le climat et l’environnement se solderait par une catastrophe économique. Plus de la moitié du PIB mondial dépend de la nature et des services qu’elle fournit. Si l’on examine les coûts qu’occasionnerait une absence d’action, il devient clair que nous ne pouvons pas nous permettre de NE PAS investir dans la transition verte.
 
Politiques clés

 

Le pacte vert est un plan complet, qui comprend un mécanisme de fonds pour une transition juste, une législation en matière de changement climatique, une stratégie « de la ferme à la table », une stratégie en faveur de la biodiversité, une stratégie pour l’hydrogène, une stratégie sur l’éolien offshore, un plan d’action pour l’économie circulaire… Et cette liste devrait encore s’allonger prochainement.

 

Nos politiques et stratégies sont axées sur notre objectif ambitieux de faire de l’Europe le premier continent climatiquement neutre d’ici 2050. Nous sommes en train d’inscrire cet objectif dans la loi et nous avons déjà soumis la stratégie à long terme que nous envisageons de suivre pour l’atteindre auprès de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Mais, dans le même temps, nous mettons tout le monde au défi de nous battre, car dans une « course au zéro net » (zéro émission nette), nous sommes tous gagnants à la fin.

 

Nous venons également de proposer un nouvel objectif intermédiaire pour consolider notre ambition à l’horizon 2030. Désormais, nous projetons de réduire les émissions nettes de gaz à effet de serre d’au moins 55 % d’ici 2030.

 

Il est important de fixer un objectif ambitieux sans délai, pour laisser au secteur industriel suffisamment de temps pour s’adapter, surtout à l’heure actuelle où il est en proie aux incertitudes. Cela évitera que nous nous enfermions aujourd’hui dans des industries à forte intensité de carbone, qui finissent par générer des actifs sans viabilité et ne font qu’aggraver les coups portés à notre climat pendant que nous restons plantés là sans agir.
 
 

 

Comment y parvenir

 

Certains se demanderont peut-être comment nous espérons atteindre tous ces objectifs. Les ambitions sont nobles et les annonces sont importantes pour clarifier l’orientation à long terme. Mais à un moment donné, il faut aussi commencer à avancer.

 

En ce moment, nous sommes dans les dernières phases de négociations portant sur le prochain budget de l’UE pour la période 2021-2027 et sur le paquet financier destiné à stimuler la reprise post-COVID-19, appelé « Next Generation EU ».

 

Ce paquet d’un montant record de 1 800 milliards d’euros nous placera dans une position de force pour faire face aux réalités d’aujourd’hui et répondre aux défis de demain.

 

Dans ce budget, chaque euro sera dépensé en tenant compte du climat. Dans l’ensemble, 30 % des fonds européens seront consacrés à la lutte contre le changement climatique, soit un taux record. Et parmi les autres fonds, aucune dépense ne devra nuire à l’action climatique. Le principe « Do No Harm » (ne pas nuire) est donc devenu un élément fondamental au cœur de toutes nos actions.

 

Dans l’optique de la reprise, des projets phares spécifiques dynamiseront l’investissement dans les technologies propres, notamment le recours à l’hydrogène, l’exploitation des énergies renouvelables, la rénovation des bâtiments, l’accélération du déploiement des transports et des infrastructures écologiques et durables, ainsi que l’accélération de notre transition vers une économie circulaire.

 

Nous appuierons cette force de frappe financière en introduisant des modifications réglementaires majeures.

 

Nous préparons actuellement une série de propositions législatives pour l’année prochaine en vue d’instaurer le cadre juridique nécessaire.

 

L’un des instruments les plus puissants dont nous disposons pour faire baisser les émissions en Europe, c’est notre système d’échange de quotas d’émission (SEQE).

 

De nos jours, le SEQE-UE nous permet d’aller au-delà de nos objectifs. Ce système couvre actuellement 45 % de l’ensemble des émissions émises dans l’UE. Et les dernières données indiquent qu’une baisse des émissions de 30 % par rapport à 2005 a été enregistrée.

 

Nous présenterons en 2021 une proposition visant à étendre le SEQE pour qu’il couvre d’autres secteurs, tels que les bâtiments, les transports et potentiellement l’expédition par bateau.

 

Beaucoup ont douté du SEQE à son lancement et l’ont critiqué. Mais il s’est avéré efficace et très résilient, à tel point qu’il a été copié avec succès par-delà les frontières de l’UE.
 
L’usine Tesla Giga Shanghai a organisé une cérémonie pour fêter l’exportation vers l’Europe des véhicules Model 3 fabriqués par la Chine, le 26 octobre 2020.

 

Coopération avec la Chine

 

Dans le domaine du climat et de l’environnement, la Chine et l’UE ont le potentiel nécessaire pour coopérer, réaliser des progrès communs et prendre le leadership mondial.

 

En ce qui concerne la biodiversité, nous devons saisir l’occasion de la COP15 qui aura lieu à Kunming en 2021 pour mettre la nature sur la voie du rétablissement. C’est une nécessité, pour la santé et le bien-être de l’humanité, pour la sécurité alimentaire, pour le développement économique et pour la stabilité de la société. Si un accord global affichant le juste niveau d’ambition pouvait être trouvé à Kunming, la Chine signerait une belle réussite, qui montrerait au monde le leadership nécessaire.

 

En tant qu’hôte, la Chine a un rôle clé à jouer, puisqu’elle doit convaincre d’autres pays de se fixer des objectifs ambitieux, mesurables et assortis de délais, qui seront soumis à un suivi et un examen plus stricts. L’UE est prête et encline à soutenir une conclusion ambitieuse.

 

Savoir que la Chine a l’intention d’atteindre le pic de ses émissions avant 2030 et que le président Xi s’engage à atteindre la neutralité carbone avant 2060 me conforte dans ma démarche.

 

De par ses efforts, la Chine se classe parmi les leaders mondiaux du « zéro net » (zéro émission nette) dans la lutte contre le changement climatique, ce qui devrait révolutionner l’économie nationale.

 

Le potentiel du pays est déjà palpable : la promotion des véhicules non polluants et le développement rapide des infrastructures de transport écologique en Chine sont vraiment impressionnants, tout comme l’essor qu’ont connu les énergies renouvelables dans le pays ces dernières années.

 

Nous sommes impatients de discuter des détails concernant l’ambition pour 2060 lors du nouveau mécanisme intitulé « Dialogue de haut niveau Chine-UE sur l’environnement et le climat ». Nous avons hâte de travailler ensemble pour garantir le succès de la COP26, en soumettant des versions améliorées des contributions déterminées au niveau national et des stratégies à long terme améliorées conformément à l’Accord de Paris.

 

Je constate aussi avec enthousiasme que la Chine progresse dans son projet de se munir d’un SEQE national. Toutefois, il ne faut pas s’attendre à ce qu’il soit parfait dès le début. Il sera peaufiné au fil du temps, comme ce fut le cas chez nous aussi. Et lancer ce SEQE dès maintenant permettra d’en tirer le meilleur parti pour encourager la transition. Bien entendu, dans l’UE, nous sommes plus qu’enclins à fournir à la Chine notre soutien, ainsi que l’expertise et l’expérience dont nous disposons. Nous sommes prêts à partager tout ce que la Chine souhaiterait que nous partagions.

 

Lancer son propre SEQE sera pour la Chine une étape obligatoire pour démontrer sa crédibilité en tant que leader mondial de l’action climat. Cela enverra un signal fort à tous les citoyens en Chine et ailleurs dans le monde, indiquant que la Chine prend la question climatique au sérieux. Et, comme le SEQE européen pour nous, il dotera la Chine d’un outil puissant permettant de suivre et de gérer ses émissions à l’avenir.

 

Cependant, je me dois de préciser ici que la Chine est le premier émetteur de gaz à effet de serre dans le monde, et que ses émissions sont en constante augmentation. Dès lors, la route menant à la neutralité climatique sera particulièrement longue et difficile. À mon avis, atteindre le pic des émissions le plus tôt possible serait le meilleur moyen pour suivre une trajectoire équilibrée vers l’objectif « zéro émission ».

 

J’ai un immense respect envers les capacités de la Chine et sa détermination. Nous y avons vu tant d’évolutions par le passé. Et dans ce contexte, je tiens à affirmer aussi que la hausse des permis délivrés en 2019 pour les nouveaux projets de centrales à charbon est très préoccupante aux yeux de nombreuses parties à la CCNUCC, dont l’UE. Cette situation va à l’encontre du bon sens économique et complique tout notre travail, ainsi que celui de la Chine.

 

De nombreux économistes, y compris en Chine, s’accordent à dire que ces investissements deviendront les « actifs non-viables » de demain. Pour miser sur l’avenir, nous devons réorienter nos investissements vers les énergies renouvelables et les industries propres.

 

J’espère que nous saurons saisir cette opportunité de nous diriger vers un avenir plus vert et de travailler ensemble. Nous avons toutes les cartes en main pour coopérer, innover, partager nos expériences et idées, et revoir nos ambitions à la hausse en faveur d’une reprise écologique et inclusive à l’échelle mondiale.

 

Au-delà de la simple réduction des émissions, il existe de nombreux autres avantages à amorcer une transition verte. La perte de biodiversité met en péril la sécurité alimentaire et la nutrition. Restaurer la biodiversité permettra de garantir un régime alimentaire sain et nourrissant, de maintenir les emplois dans les zones rurales et d’augmenter la productivité agricole. S’attaquer à la pollution de l’air contribuera à prévenir les décès prématurés ainsi qu’à améliorer notre santé et nos conditions de vie en général, en particulier dans les villes. Plus important encore, lutter contre le changement climatique est la garantie que nous, nos enfants et nos petits-enfants pourront jouir d’un avenir sain et durable sur cette planète. En sachant que la planète en soi pourrait très bien s’en sortir sans nous.

 

C’est avec ces objectifs en vue que l’Union européenne continuera à pousser les États à définir une ambition mondiale de lutte contre le changement climatique. À l’heure où nous nous préparons pour la prochaine COP26, j’ai bon espoir que la Chine se tiendra à nos côtés dans cette initiative.

 

*FRANCISCUS CORNELIS GERARDUS MARIA TIMMERMANS est vice-président exécutif de la Commission européenne chargé du Pacte vert pour l’Europe.

 

Franciscus Cornelis Gerardus Maria Timmermans, vice-président exécutif de la Commission
européenne chargé du Pacte vert pour l’Europe
 
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