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La responsabilité de la Chine dans la conjoncture mondiale difficile

2019-08-01 11:06:00 Source:La Chine au présent Auteur:JIANG YUECHUN
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Des centaines de conteneurs sont entreposés dans le terminal à conteneurs Qianwan entièrement automatisé du port de Qingdao, le 4 mai 2018.

 

JIANG YUECHUN*

 

Fondé en 1999, le Sommet du G20 est devenu, en l’espace de deux décennies, une plate-forme importante pour la gouvernance économique mondiale. Ce mécanisme, bien que dépourvu d’une assise juridique propre à étayer les résultats dégagés, joue pourtant un rôle indispensable au bon fonctionnement de l’économie internationale.

 

De nos jours, à l’heure où le monde est témoin d’un réveil des mouvements antimondialisation et populistes et d’une résurgence du protectionnisme, la gouvernance mondiale doit faire face à de grands défis. Qui plus est, l’unilatéralisme a accentué le ralentissement de la croissance économique mondiale et le protectionnisme a porté un coup sans précédent au système de libre-échange multilatéral. C’est dans ce contexte difficile qu’a été organisé le Sommet du G20 à Osaka.

 

Parler d’une seule voix

 

Ce sommet organisé à Osaka a porté ses fruits, puisque la plupart des États membres ont vivement manifesté leur opposition à l’unilatéralisme et leur soutien au libre-échange, qualifiant le protectionnisme de « persona non grata ». Il faut dire que ces deux dernières années, l’unilatéralisme et le protectionnisme ont sérieusement perturbé l’ordre des marchés internationaux et déstabilisé le fonctionnement de l’économie mondiale. C’est à ce moment-là que les États-Unis ont déclenché une guerre commerciale à des pays comme la Chine.

 

Depuis lors, face à l’accroissement des incertitudes, les perspectives de croissance de l’économie mondiale ne sont guère réjouissantes. Au début de cette année, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, à l’image d’autres institutions économiques, ont abaissé leurs prévisions de croissance pour 2019. C’est pourquoi la communauté internationale attendait le Sommet du G20 à Osaka avec impatience.

 

Au premier jour de cette rencontre, le premier ministre japonais Shinzo Abe, hôte de ce Sommet du G20 à Osaka, a exprimé sa « profonde inquiétude » vis-à-vis de la situation du commerce mondial. Il a exhorté les membres du G20 à profiter de ce sommet pour transmettre à la communauté internationale un message clair et puissant, signifiant leur volonté de défendre fermement un commerce mondial « libre, juste et non discriminatoire ». En outre, il a déclaré que le Japon, pays « portant haut la bannière du libre-échange », soutient fermement l’amélioration du système commercial multilatéral et les négociations en faveur d’accords de coopération économiques.

 

Lors de ce sommet, le président chinois Xi Jinping a réaffirmé en diverses occasions la position de la Chine, qui rejette l’unilatéralisme et défend le système de libre-échange, étant d’avis que l’unilatéralisme et le protectionnisme sont actuellement les plus grands risques qui planent sur l’économie mondiale. Au sujet du développement de l’économie numérique, Xi Jinping a insisté sur le besoin de créer un environnement de marché juste, équitable et non discriminatoire, ce qui implique pour le pays de ne pas chercher à se développer en fermant ses portes, et pour le gouvernement, de ne pas interférer dans le fonctionnement du marché.

 

Les remarques du président Xi ont trouvé un écho favorable chez les membres du G20, car la position de la Chine reflète en réalité les aspirations communes de la communauté internationale. Les responsabilités et mesures concrètes prises par la Chine ont injecté une énergie positive dans l’économie globale et rehaussé les attentes en matière de stabilité économique mondiale.

 

Les progrès atteints dans les relations sino-américaines
 
Au-delà du sommet en lui-même, tous les pays du monde avaient les yeux rivés sur la rencontre des chefs d’État chinois et américain organisée dans le cadre de cet événement, intervenant peu de temps après l’escalade des frictions commerciales entre la Chine et les États-Unis.

 

Lors de cette rencontre des chefs d’État chinois et américain, le président Xi a évoqué la « diplomatie du ping-pong » engagée 48 ans plus tôt entre la Chine et les États-Unis. Comme l’a souligné le président Xi, les quelque 40 ans de relations sino-américaines ont mis en évidence un principe de base : la collaboration est synonyme de gain, tandis que le conflit est synonyme de perte. La coopération et le dialogue sont préférables aux frictions et aux confrontations. Et d’ajouter que « malgré leurs divergences, la Chine et les États-Unis partagent des intérêts communs considérables, ouvrant sur un éventail de champs de coopération. Les deux parties doivent donc rejeter la confrontation et le conflit, pour faire valoir leurs avantages complémentaires et se développer de concert. »

 

Le président Xi a recommandé aux deux parties de « suivre les principes et orientations définis aux plus hautes sphères du pouvoir, maintenir les interactions à tous les niveaux et renforcer la coopération dans divers domaines, afin de promouvoir conjointement des relations bilatérales fondées sur la coordination, la coopération et la stabilité ». À propos des frictions commerciales, Xi Jinping a déclaré : « La Chine et les États-Unis, les deux plus grandes économies du monde, doivent régler leurs différends par la voie du dialogue et de la consultation, tout en recherchant des solutions acceptables par l’autre partie. »

 

En réponse à la sincérité et au calme de la partie chinoise, le président Trump s’est « radouci » dans ses discours, tenant des propos encourageants sur quelques points clés. Tout d’abord, « les États-Unis sont disposés à conclure avec la Chine un accord commercial mutuellement acceptable d’une importance historique ». En d’autres termes, les négociations commerciales sino-américaines reprendront. Ensuite, les États-Unis ont promis de « renoncer à l’imposition de nouveaux droits de douane ». En d’autres termes, cette récente proposition, qui envisageait de fixer de nouvelles mesures tarifaires sur 300 milliards de dollars de marchandises chinoises, a été jetée aux oubliettes.

 

Le président Trump a également précisé : « Je ne témoigne aucune hostilité à l’égard de la Chine et j’espère que nos relations bilatérales s’amélioreront », un rappel à l’ordre à peine voilé ciblant certains conseillers « faucons », notamment Mike Pence, vice-président des États-Unis, et Mike Pompeo, Secrétaire d’État des États-Unis. Par là même, il a réfuté les théories des « mauvaises langues » prédisant la « désolidarisation Chine–États-Unis » et l’avènement d’une « nouvelle guerre froide ». De surcroît, le président Trump a préconisé de « promouvoir conjointement des relations bilatérales fondées sur la coordination, la coopération et la stabilité », un discours en parfait écho avec les directives du chef d’État chinois.

 

Par conséquent, cette réunion des dirigeants chinois et américain au Sommet d’Osaka a permis de relancer les négociations commerciales sino-américaines, mais plus important encore, de parvenir à un consensus quant au positionnement futur des relations bilatérales. Prochainement, les équipes de travail des deux parties entameront des négociations en vue de conclure dans les meilleurs délais un accord reposant sur le respect mutuel, l’égalité et les avantages réciproques. Cet accord alimentera le développement des relations économiques et commerciales sino-américaines, de même qu’il contribuera à la bonne marche de l’économie mondiale.

 

Des solutions chinoises pour l’économie mondiale
 
Depuis la crise financière internationale de 2008, la position et le rôle de la Chine dans l’enceinte du G20 vont croissant. À l’heure où l’économie mondiale se trouve à un carrefour et subit une pression à la baisse sans précédent, les pays du monde entier attendent de la Chine qu’elle expose ses solutions.

 

Lors du Sommet d’Osaka, le président chinois a martelé que le protectionnisme est la cause fondamentale de cette forte pression à la baisse exercée sur l’économie mondiale. Il a proposé de « progresser dans la réforme et l’innovation afin de développer des moteurs de croissance ». Il a encore prescrit de renforcer le système commercial multilatéral et a soumis quatre « bonnes pratiques » pour améliorer la gouvernance mondiale, reflétant l’aspiration de la grande majorité des États membres. Réforme et ouverture, égalité et coopération, bénéfices mutuels et résultats gagnant-gagnant : tels sont les principes fondamentaux que les dirigeants chinois ont toujours suivi et qui sont aujourd’hui au cœur des solutions et concepts chinois.

 

Les faits ont démontré que ces idées constituent la base de la coexistence pacifique ainsi que la voie vers la prospérité. Aucun pays ou dirigeant n’a de raison de s’y opposer s’il embrasse la paix et souhaite pour son peuple de bonnes conditions de vie et de travail. C’est pour cette raison que la Chine joue un rôle toujours plus actif dans le mécanisme du G20.

 

La Chine met ses solutions à disposition de l’économie mondiale, mais en plus, elle donne l’exemple, en tant que grand pays responsable, en prenant des mesures concrètes en faveur de l’approfondissement de la réforme et de l’ouverture. Le président Xi a également annoncé que, dans le sillage des mesures récemment adoptées, la Chine lancera plusieurs initiatives majeures destinées à accélérer l’avènement d’un nouveau cycle d’ouverture et à réaliser un développement de haute qualité.

 

Premièrement, la Chine ouvrira davantage son marché. Des listes négatives révisées sur l’accès des investissements étrangers au marché seront publiées ; six nouvelles zones pilotes de libre-échange seront établies ; et le processus de construction du port franc de Hainan sera accéléré.

 

Deuxièmement, afin d’accroître les importations, la Chine réduira de son propre chef le niveau des droits de douane, s’efforcera d’éliminer les barrières commerciales non tarifaires et abaissera considérablement les coûts institutionnels pesant sur les importations.

 

Troisièmement, à dessein d’améliorer continuellement l’environnement des affaires, la Chine appliquera à compter du 1er janvier 2020 la nouvelle Loi sur les investissements étrangers, prévoyant l’introduction d’un mécanisme de dommages-intérêts punitifs pour les violations aux droits de propriété intellectuelle. Ce cadre judiciaire plus strict permettra d’améliorer le niveau de protection de la propriété intellectuelle.

 

Quatrièmement, toutes les entreprises enregistrées en Chine, quel que soit leur type, seront traitées sur un pied d’égalité, sans discrimination. Par ailleurs, un mécanisme de plainte sera mis en place à destination des entreprises étrangères.

 

Cinquièmement, des efforts seront investis pour faire avancer les négociations économiques et commerciales. La Chine promouvra la facilitation et la libéralisation du commerce et des investissements avec les pays voisins ainsi qu’avec l’Europe.

 

En conclusion, les solutions et les actions de la Chine préservent le système commercial multilatéral et réfrènent la pression à la baisse dont pâtit l’économie mondiale. En avançant des idées et orientations exemplaires, propices à la coopération mutuellement bénéfique entre les pays du monde, la Chine redonne, une fois de plus, vigueur et espoir à l’économie mondiale.
 
*JIANG YUECHUN est directeur et chercheur à l’Institut d’économie mondiale relevant de l’Institut des études internationales de Chine.
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