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Construire une économie mondiale ouverte

2019-08-01 11:00:00 Source:La Chine au présent Auteur:ZHANG HUI
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Le 28 juin 2019, le 14e Sommet du G20 s’est tenu à Osaka (au Japon), en présence du président chinois Xi Jinping (4e à droite au 1er rang) et d’autres dirigeants.
 
ZHANG HUI, membre de la rédaction

 

À l’occasion du 14e Sommet des dirigeants du G20 qui s’est tenu dans la ville japonaise d’Osaka du 28 au 29 juin, les dirigeants de 20 pays ont abordé un certain nombre de questions sensibles qui préoccupent l’ensemble de la communauté internationale, notamment la réforme de l’OMC et le développement de l’économie numérique. En outre, ce sommet a été l’occasion d’une première entrevue entre les chefs d’État chinois et américain depuis l’escalade des frictions commerciales bilatérales.

 

Lors de ce sommet, le président chinois Xi Jinping a prononcé un discours avançant des concepts, solutions et mesures qui ont été largement salués.

 

L’ouverture en faveur d’un nouveau cycle de libéralisation du commerce mondial

 

Dans son discours intitulé Travailler ensemble et combiner nos efforts pour créer une économie mondiale de haute qualité, Xi Jinping a souligné la nécessité de poursuivre dans la même voie : progresser dans la réforme et l’innovation afin de développer des moteurs de croissance ; suivre le courant de l’époque afin d’améliorer la gouvernance mondiale ; tenter de briser les goulots d’étranglement du développement ; embrasser l’esprit de partenariat afin de régler les divergences. Le président chinois a réaffirmé que la Chine lancerait plusieurs autres initiatives majeures afin d’ouvrir son marché, d’augmenter ses importations, d’améliorer son environnement des affaires, de mettre en œuvre l’égalité de traitement et d’accélérer les négociations économiques et commerciales. La Chine s’efforce ainsi d’atteindre un développement de haute qualité en accélérant son entrée dans une nouvelle phase d’ouverture.

 

« Je pense que le président Xi a tenu un discours très important à ce sommet, promettant au monde d’ouvrir davantage le marché chinois, d’augmenter les importations, et d’intercéder auprès de certaines entreprises étrangères pour qu’elles bénéficient du même traitement que les entreprises chinoises et évoluent dans un climat de concurrence loyale, et ce pour tout le monde, pas seulement pour quelques pays », a commenté John Kirton, directeur du Groupe de recherche sur le G20 à l’université de Toronto, dans une interview exclusive pour La Chine au présent. Un discours qui a donc rassuré les partenaires commerciaux de la Chine dont certains craignaient que la Chine ne conclue des accords bilatéraux qu’avec les États-Unis, au seul profit des entreprises américaines. « Bien que les relations entre la Chine et les États-Unis soient devenues capitales, la Chine prête aussi attention aux autres pays, considérant le monde dans son ensemble », a analysé John Kirton.

 

Depuis des années, l’institution pour laquelle travaille John Kirton suit de près l’évolution du G20 ainsi que les promesses des États membres et leur application. Le Rapport 2018 de conformité finale du Sommet du G20 à Buenos Aires rendu par le Groupe de recherche sur le G20 dresse un bilan de la mise à exécution des 20 engagements majeurs pris par les membres du G20 dans la période du 2 décembre 2018 au 10 mai 2019. Dans le classement des pays ayant le mieux joint le geste à la parole, la Chine arrive au troisième rang avec une note de 88 %, bien au-dessus de la moyenne établie à 78 %.

 

À propos du développement de la Chine ces dernières années, John Kirton a affirmé : « De toute évidence, la Chine marche dans la bonne direction en convertissant son économie autrefois axée sur les exportations en une économie plus ouverte et plus transparente. Le gouvernement réduit ses interventions et ses subventions pour laisser les entreprises privées jouer un rôle majeur. L’économie est également davantage orientée vers le marché. » Et d’ajouter : « Ce Sommet du G20 a envoyé des signes encourageants, qui laissent à penser que la Chine et les États-Unis sont disposés à travailler ensemble pour ouvrir un nouveau cycle de libéralisation du commerce, ce qui profitera au monde entier. »

 

De l’avis de John Kirton, la Chine joue un rôle de plus en plus prépondérant dans les affaires internationales et dans tous les aspects du développement économique mondial. « Par exemple, la Chine est le foyer de nombreuses entreprises leaders de l’économie numérique, comme Alibaba. La Chine est numéro un en matière de paiement mobile et de réseaux sociaux. Je pense que dans un futur proche, tous les pays du monde pourront profiter des diverses innovations technologiques apportées par les entreprises chinoises. »

 

Quant à l’idée du président Xi de construire une communauté de destin pour l’humanité, John Kirton l’approuve vivement. « Il est primordial de définir des concepts et valeurs autour du développement d’un pays. Je me rappelle qu’au Sommet du G20 de 2016 à Hangzhou, le président Xi avait souligné que l’économie et le commerce avaient beau être importants pour un pays, ce qui primait, c’était de vivre dans un bon environnement naturel. »

 

John Kirton a ajouté : « Le président Xi place l’environnement au premier plan du développement d’un pays, montrant l’exemple dans la lutte mondiale contre le changement climatique. C’est pourquoi, à mon sens, les valeurs du développement vert sont bien au cœur du concept de communauté de destin pour l’humantié préconisé par le président Xi. »

 

Pour John Kirton, si la Chine se développe d’après cette théorie de gouvernance, le pays a toutes les chances de devenir un véritable chef de file du développement mondial.
 

 

Des relations sino-américaines fondées sur la coordination, la coopération et la stabilité

 

Le 29 juin vers midi, le président chinois Xi Jinping a rencontré son homologue américain Donald Trump. Les deux parties sont convenues de continuer à promouvoir des relations sino-américaines fondées sur la coordination, la coopération et la stabilité, et comptent reprendre les consultations économiques et commerciales fondées sur l’égalité et le respect mutuel. La partie américaine a déclaré qu’elle n’imposerait plus de droits de douane supplémentaires sur les exportations chinoises. Cet entretien entre les chefs d’État chinois et américain à Osaka a émis un signal positif, qui a stimulé le marché mondial et conforté les attentes en matière de développement économique mondial.

 

D’après Robert Lawrence Kuhn, expert américain des questions propres à la Chine, ce face-à-face des chefs d’État chinois et américain a permis d’atteindre des consensus non négligeables, ce qui est déjà un premier pas. Il est impératif que les deux parties renforcent encore leur coopération et leurs échanges dans divers domaines. La Chine promet de s’ouvrir davantage et encourage le milieu des affaires américain à soutenir fermement le resserrement des liens sino-américains.

 

Selon Stephen Roach, chercheur à l’université de Yale aux États-Unis, ce tête-à-tête des chefs d’État chinois et américain a permis d’amener certains problèmes économiques et commerciaux bilatéraux vers un début de résolution, même s’il reste de grands défis à relever. Il considère que les États-Unis ne doivent pas manquer de répondre aux signaux lancés par la Chine lors du dernier Sommet du G20 à Osaka lorsque celle-ci a annoncé de grandes mesures pour élargir son ouverture.

 

À la veille du Sommet du G20 à Osaka, le Bureau du représentant américain au commerce (USTR) à Washington avait tenu une audience concernant la mise en place de mesures tarifaires sur environ 300 milliards de dollars de marchandises chinoises. Lors de cette audience qui a duré sept jours, 303 des 314 représentants ayant pris part au vote se sont prononcés contre ces droits de douanes majorés, soit 96 % des votants.

 

Les importateurs et les consommateurs américains seront effectivement les premiers à payer la note d’une telle hausse des droits de douane. D’après une enquête réalisée par la Fédération nationale de la vente au détail aux États-Unis, rien que pour l’ameublement, la hausse des droits de douane entraînerait pour les consommateurs américains une hausse de leurs dépenses de 4,6 milliards de dollars par an. En outre, les frictions commerciales sino-américaines ont un impact négatif sur la croissance économique américaine. D’après un rapport publié conjointement par la Chambre de commerce des États-Unis et Rhodium Group en mars de cette année, le PIB des États-Unis risque de diminuer de 91 milliards de dollars en 2019 en raison de ces frictions.

 

Parallèlement, ces frictions portent préjudice à l’économie mondiale. Dans son rapport Perspectives de l’économie mondiale paru en avril dernier, le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse sa prévision de croissance de l’économie mondiale pour 2019, la diminuant de 3,6% à 3,3 %, arguant que les frictions commerciales entre la Chine et les États-Unis freineront durablement la croissance de l’économie mondiale. Elles ont d’ailleurs déjà entraîné un ralentissement des investissements internationaux.

 

Il ne fait aucun doute que l’entrevue entre les deux chefs d’État à Osaka aura des répercussions positives sur l’économie mondiale. Comme l’a souligné le président Xi au cours de la réunion, la Chine et les États-Unis partagent des intérêts colossaux. Les deux pays ont donc tout lieu de coopérer en fidèles partenaires, au profit non seulement de la Chine et des États-Unis, mais aussi du monde entier.

 

Des larges consensus en faveur du multilatéralisme
 
Au moment du Sommet du G20 à Osaka, le président Xi a assisté, outre la séance plénière, à d’autres « petites rencontres multilatérales » telles que la réunion des dirigeants des BRICS, la réunion des dirigeants chinois et africains, ou encore la réunion entre les dirigeants chinois, russe et indien. À ces occasions, il a appelé toutes les parties à adhérer au concept de gouvernance mondiale basée sur le principe de consultations approfondies, de contributions conjointes et de bénéfices partagés. Il les a invitées à maintenir le système international fondé sur le droit international avec les Nations Unies au centre, ainsi qu’à maintenir le système commercial multilatéral fondé sur les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Il les a encore exhortées à œuvrer ensemble à promouvoir le multilatéralisme et le libre-échange, faire progresser la démocratisation des relations internationales et construire une économie mondiale ouverte. Des sollicitations qui ont reçu un accueil positif de la part de tous, aussi bien dans l’enceinte du Sommet du G20 qu’en dehors.

 

Au cours de la réunion des dirigeants chinois et africains, le président Xi Jinping a indiqué que, quelle que soit l’évolution de la situation internationale, l’intention initiale de la coopération sino-africaine, à savoir le développement commun et le bénéfice partagé, ne changera pas ; de même, la détermination de la Chine et des pays africains à travailler main dans la main pour construire une communauté de destin aux liens plus étroits ne faiblira pas. Le président Xi Jinping a d’ailleurs formulé le vœu que la coopération Chine-Afrique joue trois grands rôles : précurseur du développement gagnant-gagnant, leader de la coopération ouverte et défenseur du multilatéralisme.

 

Les dirigeants africains ont exprimé leur gratitude à l’égard de la Chine, qui contribue depuis des années au développement des pays africains. Ils espèrent que d’autres pays suivront l’exemple de la Chine.

 

C’était la première fois, en cette année 2019, qu’une telle rencontre entre les dirigeants chinois et africains était organisée parallèlement au Sommet des dirigeants du G20.

 

Lors de la réunion des dirigeants des BRICS, Xi Jinping a souligné que les BRICS doivent consolider l’unité et la coopération, insistant sur la nécessité de renforcer leur partenariat stratégique, de promouvoir le perfectionnement de la gouvernance mondiale et d’approfondir la coopération pragmatique dans divers domaines.

 

Les dirigeants des pays ayant participé à la réunion, de leur côté, ont déclaré que les BRICS doivent renforcer la coordination, afin de jouer un plus grand rôle moteur pour la prospérité commune et la croissance économique mondiale. À cette fin, il convient de sauvegarder le multilatéralisme ainsi que le système commercial international fondé sur des règles ; de promouvoir un modèle commercial et de développement juste et durable basé sur le respect mutuel ; et de définir des agendas mieux équilibrés pour les négociations commerciales internationales. Les BRICS doivent davantage faire ressortir la valeur stratégique de leur unité et de leur coopération, tout en défendant fermement le droit de se développer des pays en développement, pour que les économies émergentes et les pays en développement occupent une place plus importante dans les affaires internationales.

 

La réunion entre les dirigeants chinois, russe et indien, en marge du Sommet du G20, a vu le jour au Sommet de Buenos Aires en 2018. Cette année, lors de cette rencontre tripartite, Xi Jinping a précisé que la Chine, la Russie et l’Inde devaient promouvoir la multipolarisation du monde et la démocratisation des relations internationales, s’efforcer de résoudre le problème du déséquilibre du développement économique mondial afin de construire une économie mondiale ouverte propice à un meilleur développement des marchés émergents et des pays en développement, faire en sorte de maintenir la paix et la stabilité mondiales et régionales, prôner l’idée d’une stratégie sécuritaire commune, intégrée, coopérative et durable, et adhérer au principe consistant à traiter les grands dossiers d’actualité par la voix du dialogue politique.

 

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré que dans la conjoncture actuelle, la Russie, la Chine et l’Inde devaient s’engager fermement à préserver le système international centré sur les Nations Unies, à maintenir l’ordre international basé sur le droit international, et à défendre les principes diplomatiques de base du respect de la souveraineté nationale et de la non-ingérence dans les affaires intérieures. Ils doivent s’opposer à l’unilatéralisme et au protectionnisme.

 

Selon le premier ministre indien Narendra Modi, il est dans l’intérêt commun de l’Inde, de la Chine et de la Russie de préserver le multilatéralisme, le droit international et les règles internationales. Les trois pays doivent intensifier leur communication et leur coordination concernant la réforme de la gouvernance à l’échelle mondiale, ainsi que la sécurité et la lutte antiterroriste à l’échelle régionale.

 

Selon le président Xi Jinping, le monde actuel connaît des changements majeurs d’une ampleur inédite : les marchés émergents et les pays en développement suivent une ascension à un rythme sans précédent ; le nouveau cycle de révolution technologique et de transformation industrielle a donné lieu à une modernisation et une concurrence sans précédent ; le caractère inadapté et inégalitaire du système de gouvernance mondiale et de la situation internationale a atteint un niveau sans précédent.

 

En conclusion, le Sommet du G20 va désormais au-delà des sujets purement économiques, s’intéressant notamment au changement climatique ou à la sécurité. Le Sommet des dirigeants du G20 marque également l’occasion pour les marchés émergents et pays en développement de se rencontrer afin de renforcer leur communication et leur coordination, d’affermir leur cohésion et de rechercher de nouveaux consensus afin d’aboutir à une gouvernance mondiale plus équilibrée.

 

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