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L’initiative « la Ceinture et la Route » renforce la coopération sino-africaine

2018-09-03 10:30:00 Source:La Chine au présent Author:HE WENPING
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Le 30 juillet 2017, le chantier du port de Lamu, au Kenya, construit par China Communications Construction

 

 

HE WENPING*

 

Même si la Chine et l’Afrique sont éloignées sur le plan géographique, les échanges amicaux entre eux remontent très loin dans l’histoire. Depuis le voyage de Zhang Qian dans les contrées occidentales au IIe siècle av. J.-C. sous la dynastie des Han, l’amitié sino-africaine dure depuis plus de 2 000 ans. Aujourd’hui, la Chine et l’Afrique ont toutes deux besoin de participer en profondeur à la mondialisation et de développer l’économie durable. C’est la raison pour laquelle elles considèrent leurs relations comme une occasion de développement mutuel et comme le point d’appui de leur stratégie extérieure.

 

La Chine et l’Afrique ont besoin l’une de l’autre

 

Du point de vue économique, la Chine et l’Afrique ont une base solide et des ressources abondantes pour concrétiser la complémentarité, la réciprocité et la coopération gagnant-gagnant. Le continent africain compte 54 pays et nourrit une population de plus d’un milliard. L’Afrique regorge de ressources humaines et naturelles. Ce marché immense possède un grand potentiel pour son propre développement. Mais à cause du pillage de longue date des colonisateurs et des conflits locaux, l’économie africaine accuse un retard et elle manque de capitaux, de technologies et d’expérience. À l’inverse, la Chine, après 40 ans de réforme et d’ouverture, a vu son PIB et sa puissance s’accroître d’une manière importante. La Chine d’aujourd’hui est dotée de technologies, d’équipements et de talents de tous niveaux. Elle a accumulé les expériences réussies depuis la réforme et l’ouverture, ainsi que des acquis solides dans sa construction économique. Mais en même temps, la Chine doit faire face à de nouveaux problèmes tels que la pénurie des ressources et l’intensification de la concurrence sur le marché intérieur. Le développement de la Chine et de l’Afrique est à la fois interdépendant et complémentaire, d’où une nouvelle opportunité historique pour les deux parties.

 

En comparaison avec la coopération entre l’Occident et l’Afrique, la relation sino-africaine trouve son origine historique dans des liens plus profonds, basés sur le respect mutuel et la coopération gagnant-gagnant. En outre, le gouvernement chinois et les entreprises chinoises voient dans l’Afrique un immense potentiel et une grande opportunité, au lieu de la considérer comme un « poids » ou un « risque ». Quant au mode de coopération, la Chine a mis en synergie l’aide, l’investissement et le commerce. Cette aide chinoise est octroyée à l’Afrique « sans aucune condition » et respecte le principe de « non-intervention dans les affaires intérieures ». En outre, nous avons davantage mis l’accent sur l’aide bilatérale et la construction des infrastructures.

 

Évidemment, la coopération sino-africaine est confrontée à des défis. Comment faire progresser l’aide accordée à l’Afrique et la coopération économique et commerciale dans le temps tout en restant proche de la réalité et des besoins pratiques des Africains ? Comment orienter davantage les aides vers les projets qui améliorent le bien-être du peuple et vers les projets les plus productifs ? Comment renforcer la coopération internationale et rendre les aides accordées à l’Afrique plus efficaces ? Comment mieux protéger les intérêts des Chinois à l’étranger et les investissements chinois en Afrique ?

 

Le Forum sur la coopération sino-africaine fondé en 2000 sert de plate-forme stratégique institutionnelle pour les échanges bilatéraux et la coopération, ce qui permet à la coopération sino-africaine de progresser rapidement dans toutes les dimensions depuis maintenant 18 ans. Aujourd’hui, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique depuis neuf ans, soit à partir de l’année où la Chine a dépassé les États-Unis en 2009. L’Afrique est le troisième marché d’investissement et le deuxième marché de travaux sous contrat à l’étranger pour la Chine.
 
Le 17 juillet 2018, à Abuja, au Nigéria, des habitants locaux prennent le tramway réalisé par une entreprise chinoise.
 

 

L’initiative « la Ceinture et la Route » connecte l’Afrique
 
Depuis le lancement de l’initiative « la Ceinture et la Route » par le gouvernement chinois en 2013, le continent africain, riche de ses ressources, doté d’un immense potentiel et ayant un grand besoin d’infrastructures, a participé activement à la construction de « la Ceinture et la Route ». Dans ce processus, les pays africains ont saisi cette opportunité historique importante pour réaliser l’industrialisation globale de leurs économies. En mars 2018, dans les deux semaines qui ont suivi les « deux sessions », trois présidents de pays africains, le Cameroun, la Namibie et le Zimbabwe, ont fait une visite en Chine et ont exprimé leur forte volonté de connecter la stratégie de développement de leurs pays à l’initiative « la Ceinture et la Route » de la Chine. En juillet, le président chinois Xi Jinping a effectué une tournée en Afrique, dont le Sénégal et Maurice qui relèvent d’une importance particulière pour « la Route maritime de la Soie du XXIe siècle ». Les deux pays ont exprimé leurs souhaits d’exploiter leurs potentiels de développement dans la coopération offerte par « la Route maritime de la Soie ».

 

Ces dernières années, les deux ailes de la coopération sino-africaine en matière de capacités de production, soit les infrastructures et les zones industrielles, sont en plein boom sur le continent africain. La Chine a aidé les pays africains à construire beaucoup de lignes ferroviaires, telles que la ligne Mombasa-Nairobi au Kenya, la ligne reliant Addis-Abeba, capitale de l’Éthiopie, et Djibouti, ainsi que d’autres lignes construites en Angola et au Nigéria. Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, a indiqué le 31 mai 2017, le jour de la mise en service de la ligne Mombasa-Nairobi, que « l’ouverture de la ligne ferroviaire lance une base pour la nouvelle industrialisation du Kenya ». Depuis un an, l’exploitation de la ligne est stable et sûre : le trafic des voyageurs atteint 1,3 million ; plus de 60 000 conteneurs de marchandises sont transportés ; environ 50 000 emplois ont été créés au Kenya. La partie chinoise a formé plus de 5 000 personnels techniques et administratifs pour la ligne ferroviaire. Maintenant, plus de 100 étudiants du Kenya sont en train de faire leurs études en Chine, en se spécialisant dans l’ingénierie ferroviaire. La ligne Mombasa-Nairobi a facilité énormément les échanges humains entre les deux villes. Le temps de transport des marchandises a été réduit d’une dizaine d’heures à quatre heures, ce qui a permis de baisser les coûts de la logistique. La construction de la ligne ferroviaire a tiré la croissance du PIB du Kenya de 1,5 % à 2 % et a joué un rôle d’entraînement pour la création de nouveaux modes de commerce le long du chemin de fer. La ligne Mombasa-Nairobi a promu le développement sur l’ensemble de la chaîne industrielle en englobant également les ports.

 

La construction des infrastructures lance une base solide pour la coopération sino-africaine dans l’industrialisation. Fin 2015, lors du Sommet de Johannesburg du Forum de coopération sino-africaine (FCSA), le président chinois Xi Jinping a avancé les « dix plans majeurs de coopération » qui représentent une somme totale de 60 milliards de dollars, avec une priorité donnée à la coopération sino-africaine en matière d’industrialisation. Le Fonds de la coopération sino-africaine en matière de capacités de production, d’une valeur de 10 milliards de dollars pour le premier versement, a été spécialement établi. C’est à l’occasion du Sommet des BRICS à Johannesburg en 2018 qu’a été avancée l’idée que « les pays des BRICS et l’Afrique doivent travailler conjointement pour une croissance inclusive et œuvrer pour la prospérité commune à l’ère de la 4e Révolution industrielle. » Depuis le Sommet de Beijing du FCSA en 2006, la Chine a créé six zones de coopération économique et commerciale dans cinq pays africains, à savoir la zone industrielle orientale en Éthiopie, la zone de libre-échange de Lekki au Nigéria, la zone de coopération économique et commerciale de Chine en Zambie, la zone de coopération économique et commerciale du Guangdong au Nigéria, la zone de coopération économique et commerciale Jinfei à Maurice et la zone de coopération économique et commerciale de Suez en Égypte. Le nombre des zones industrielles conjointes qui sont en construction ou déjà mises en opération approche la centaine. À la fin 2017, le stock des investissements chinois en Afrique avait dépassé 100 milliards de dollars. Plus de 3 500 entreprises chinoises ont investi en Afrique et y font du commerce, ce qui a favorisé le développement du continent africain et a permis la transformation des entreprises. Le cas du groupe Huajian, fabricant de chaussures, est exemplaire. Il a été parmi les premiers à s’installer dans la zone industrielle orientale en Éthiopie. Huajian a investi dans la construction d’une usine de chaussures en 2011 qui est aujourd’hui une entreprise modèle dans la coopération sino-africaine en matière de capacités de production. À la fin 2017, Huajian est la plus grande entreprise privée chinoise d’Éthiopie. L’entreprise a acquis des devises qui atteignaient 122 millions de dollars et elle a offert aux locaux 7 500 emplois. Avec une production annuelle de plus de cinq millions de chaussures, Huajian est aujourd’hui le plus grand exportateur de chaussures d’Éthiopie, totalisant 65 % du total des chaussures exportées de ce pays. L’entreprise chinoise et le pays d’accueil pour les investissements se développent ainsi main dans la main.

 

En définitive, en tant que continent qui compte le plus de pays en développement, l’Afrique est non seulement la « base de la base » pour la diplomatie chinoise, mais aussi le meilleur partenaire pour la coopération internationale en matière de capacités de production. Lors de sa visite en Afrique en juillet 2018, le président chinois Xi Jinping a déjà signé un accord de coopération sur la construction conjointe de « la Ceinture et la Route » avec des pays africains comme le Sénégal et le Rwanda, ainsi que des accords dans les domaines de la coopération sur la construction des infrastructures, sur les ressources humaines ainsi que dans la coopération économique et commerciale. Cette année en septembre, la nouvelle édition du Forum sur la coopération sino-africaine à Beijing sera un nouveau témoin de la conjugaison de l’initiative « la Ceinture et la Route » avec l’Afrique. Attendons d’en voir les résultats.

 

*HE WENPING est directrice du Bureau des études sur l’Afrique de l’Institut de recherche sur l’Asie de l’Ouest et l’Afrique relevant de l’Académie des sciences sociales de Chine.

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