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La nouvelle vie des Wa après l’éradication de la pauvreté

2020-07-03 16:14:00 Source:La Chine au présent Auteur:MA LI
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« Aujourd’hui, nos compatriotes de l’ethnie va sont entrés dans une nouvelle ère. Ils mènent une belle vie et jouissent d’une nouvelle maison. Les adultes ont un travail et les enfants ont accès à l’école. Les Va sont engagés sur la grande voie de bonheur », a déclaré Wei Jinlong, député de la XIIIe Assemblée populaire nationale (APN), membre du comité permanent du comité du Parti et secrétaire de la commission politico-juridique du district autonome va de Ximeng, près de la ville de Pu’er, dans la province du Yunnan. Il a accordé une interview à La Chine au présent le 24 mai 2020, dans laquelle il décrit la nouvelle vie du peuple de l’ethnie va.

 

Âgé de 43 ans, Wei Jinlong travaille en première ligne de la lutte contre la pauvreté dans le district de Ximeng, et ce depuis plusieurs années. Il a personnellement vécu les changements par lesquels l’ethnie va est passée, de la pauvreté à une vie aisée.

 

« La pauvreté est une douleur dans mon cœur »

 

L’ethnie va a sauté sans transition de la société primitive à la société socialiste. En Chine, elle est composée d’environ 430 000 personnes, qui vivent principalement dans les districts autonomes va de Ximeng et de Cang-yuan, dans la province du Yunnan.

 

La chanson Les Va chantent une nouvelle chanson, composée dans les années 1960, exprime la joie et le désir de l’ethnie va envers cette nouvelle vie.

 

« Tout le monde dans le district de Ximeng connaît cette chanson. Ce que nous chantons, c’est notre aspiration à une vie meilleure. En réalité, il n’est pas facile de se défaire d’une vie marquée par le manque de nourriture et de vêtements », confie Wei Jinlong. Il affirme que, quand il était petit, cette situation était la norme. La vie était vraiment pénible.

 

Mais heureusement, Wei Jinlong a eu la chance de terminer ses études secondaires. Il a ensuite passé cinq ans dans l’armée avant de retourner dans sa région natale.

 

En 2003, alors qu’il venait d’entrer au bureau des affaires civiles du district de Ximeng, il a rendu visite au village de Longkan, près du bourg de Wenggake. Lors de cette visite, il a rencontré un parent inquiet pour sa fille. Wei Jinlong a été empli de tristesse en apprenant les conditions de vie de cette famille : « Les parents n’avaient pas d’argent pour soigner leur fille. À l’époque, le pays n’avait pas encore généralisé le système médical coopératif rural, beaucoup de Va n’avaient donc pas de protection médicale. Tout le monde avait peur d’être malade, parce qu’il n’y avait pas d’argent pour voir le médecin. Généralement, les patients âgés, abandonnés à leur sort, ne pouvaient rien faire d’autre que de rester à la maison. Je suis convaincu que les gens qui ont connu ces expériences dramatiques peuvent comprendre que la pauvreté était une douleur dans le cœur. »

 

Grâce à des aides financières, la fille a finalement été envoyée à l’hôpital. Selon Wei Jinlong, éradiquer la pauvreté restait un obstacle insurmontable dans la vie des Va ces dernières années, en raison de problèmes de transports, mais aussi de la mentalité fermée et arriérée des habitants.
 
Des paysans de l’ethnie va abandonnent les méthodes anciennes pour se tourner vers l’agriculture scientifique et accroître leurs revenus. Sur la photo, Wei Jinlong observe la croissance du riz dans un champ.

 

« Les Va chanteront une nouvelle chanson »
 
Âgé de 25 ans, Yangua est un cadre du village de Galou (dans le bourg de Zhongke). Au cours des années précédentes, il a été placé sur la liste des foyers pauvres de Galou parce qu’il ne disposait ni des connaissances, ni des techniques, ni des moyens nécessaires pour s’enrichir. « Auparavant, les jeunes Va pauvres, comme Yangua, étaient partout. Leurs ancêtres ont mené bien longtemps une existence misérable dans les montagnes. La pauvreté intergénérationnelle constituait un cercle vicieux », déclare Wei Jinlong. Il explique que puisque les causes de la pauvreté étaient différentes pour chaque foyer, son travail consistait à identifier avec précision les plus démunis et à appliquer des mesures ciblées à chaque foyer.

 

Après avoir pris connaissance de la situation réelle de la famille de Yangua, les autorités locales ont décidé de la former à la culture. « Sous la direction du département supérieur des technologies agricoles, Yangua et sa femme ont commencé à cultiver, selon les conditions locales, des pois, des giantarums, du gingembre, des noix et du bambou. En 2017, les revenus annuels de leur famille ont atteint 65 000 yuans, en ne comptant que la culture. Ils ont réussi à sortir de la pauvreté », avance Wei Jinlong. Selon lui, Yangua travaille également comme maçon à présent, et sa famille s’est installée dans une nouvelle maison. Grâce à son exemple de lutte contre la pauvreté, Yangua est devenu maintenant un responsable du village.

 

Le village de Yongbuluo, près du bourg de Zhongke, comprend 375 foyers ; 179 d’entre eux ont été placés sur la liste des foyers pauvres du village. « Jusqu’en 2008, les habitants ne cultivaient que du riz et du maïs. Peu de gens faisaient pousser des petits amomes et du colza. À l’époque, le revenu net par habitant de tout le village était d’environ 1 100 yuans. Ce village faisait partie des villages extrêmement pauvres du district de Ximeng. La faiblesse de ses industries constituait le plus grand obstacle à son développement », souligne Wei Jinlong, qui avait déjà travaillé à Zhongke en 2006 et qui y avait promu la lutte contre la pauvreté.

 

« À l’époque, nous avons décidé d’aider Yongbuluo à sortir de la pauvreté par le développement des industries. Plus spécifiquement, en partant de la politique d’état sur l’assistance ciblée aux démunis et de la réalité du village, nous avons introduit un projet d’élevage d’abeilles chinoises. En outre, à travers des coopérations avec d’autres entreprises, nous avons développé des industries agricoles à haute valeur ajoutée, axées sur les haricots, les pois, les huiles pimentées et les germes verts. Cela nous a permis de poser de bonnes bases pour le développement des industries de Yongbuluo, en aidant les foyers pauvres à éradiquer la pauvreté et en consolidant les résultats de lutte contre la pauvreté », confirme Wei Jinlong. Il ajoute que le changement de vie de la famille de Zhapo en était un bon témoignage.

 

Né en 1975, Zhapo était une personne démunie très connue à Yongbuluo. « Auparavant, il avait la capacité de travailler, mais il n’aimait pas le faire. Sa vie dépendait de l’allocation accordée par l’État. Il avait une mentalité de paresseux : il attendait et profitait de l’aide disponible au lieu de travailler », indique Wei Jinlong. Ce dernier estime qu’il est vraiment difficile de faire changer d’attitude une telle personne.

 

Wei Jinlong et les autres cadres ont rendu visite à Zhapo à plusieurs reprises pour mener à bien le travail idéologique. Grâce à leurs efforts, ce dernier a finalement changé son attitude et commencé à « participer activement au développement des industries du village. » Selon Wei Jinlong, à travers l’élevage des abeilles chinoises et la culture des haricots et de la canne à sucre, la situation financière de la famille de Zhapo s’est bien améliorée. « En 2018, le revenu annuel de la famille a augmenté de plus de 40 000 yuans et le revenu net par habitant a atteint plus de 14 000 yuans. Zhapo a également construit une nouvelle maison de 80 m2, équipée d’une télévision, d’un canapé, d’une machine à laver et d’autres meubles. » L’ex- « paresseux » est devenu « un expert en enrichissement ». Son exemple encourage de plus en plus de personnes. « De nombreux habitants ont changé leur état d’esprit : ils souhaitent spontanément sortir de la pauvreté et cherchent activement les moyens pour s’enrichir. Ce n’est plus la peine de les y pousser », dit Wei Jinlong. Le changement de mentalité des habitants a jeté une base solide pour l’éradication intégrale de la pauvreté.

 

En 2015, le district de Ximeng a lancé des travaux de rénovation des maisons rurales délabrées et la construction de logements résistant aux tremblements de terre. En 2018, 14 739 foyers pauvres avaient déménagé de leur hutte pour s’installer dans un nouveau logement spacieux et lumineux.

 

« Plus de 99 % de la superficie de Zhongke est situé dans la profondeur des montagnes, avec un taux de couverture forestière de 69,59 % », déclare Wei Jinlong. Le bourg comprend cinq villages peuplés d’ethnie va. Ces dernières années, sous l’impulsion des autorités locales, les villageois ont bien exploité les ressources montagneuses pour développer une économie écologique. Grâce à l’élevage des abeilles et à la plantation des cultures à haut rendement, à savoir le caoutchouc, la canne à sucre et les noix, ils sont sortis de la pauvreté. « Actuellement, tous les habitants de Zhongke occupent un logement convenable et ont aussi un revenu stable. Le revenu annuel disponible par habitant s’est établi à plus de 8 000 yuans », poursuit Wei Jinlong.

 

Le 30 avril 2019, le comité provincial du Parti et le gouvernement provincial du Yunnan ont annoncé l’éradication officielle de la pauvreté des districts de Ximeng et de Cangyuan. « L’ethnie va est entrée dans une nouvelle ère. Les Va chanteront une nouvelle chanson sur le bonheur », se réjouit Wei Jinlong, en soulignant ce nouvel essor dans la vie des Va.

 

Le « redressement rural » a encore un long chemin à parcourir
 
« Cette année, le premier ministre Li Keqiang a souligné, dans le Rapport d’activité du gouvernement, qu’il fallait continuer à promouvoir la jonction efficace de la lutte contre la pauvreté et du redressement rural, et aider les gens venant de sortir de la pauvreté à s’enrichir. Cette proposition est un encouragement pour notre travail futur. L’éradication de la pauvreté n’est pas une fin, mais un nouveau point de départ, celui de la nouvelle vie et du nouveau travail. Nous avons encore beaucoup de choses à faire et le redressement rural a encore un long chemin à parcourir », fait remarquer Wei Jinlong. Il est convaincu que la vie des Va sera de plus en plus belle grâce à leur dur labeur.

 

Selon Wei Jinlong, l’apparition du COVID-19 cette année a mis en évidence les lacunes du système médical et hygiénique et du système de prévention des maladies dans les régions frontalières pauvres. De plus, comme les autres districts voisins, le district de Ximeng se situe à la frontière du Yunnan et est difficilement accessible, ce qui gêne fortement les flux de personnes, la logistique et les flux de capitaux, et défavorise ainsi le redressement rural et le développement économique. « Lors des “deux sessions” (APN et CCPPC) de cette année, j’ai formulé deux propositions : la proposition sur le soutien pour l’établissement du système médical et hygiénique et du système de la prévention des maladies dans les districts frontaliers, et la proposition sur l’accélération de la construction de l’autoroute frontalière Ruili-Menglian. J’espère que ces deux suggestions pourront attirer l’attention de l’État et des départements concernés pour résoudre ces problèmes », conclut Wei Jinlong.

 

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