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L’électrification pour amorcer la relance verte

2020-06-10 15:46:00 Source:La Chine au présent Auteur:
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Le 11 décembre 2019, lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP25) qui s’est tenue à Madrid, le chef de la délégation chinoise, Zhao Yingmin, vice-ministre de l’Écologie et de l’Environnement, montre que jusqu’à la fin du mois d’octobre 2019, le volume de transactions des quotas de CO2 a atteint 347 millions de tonnes équivalent CO2 dans les régions pilotes d’échange d’émissions de carbone, avec une opération évaluée à quelque 7,68 milliards de yuans.

 

Avant tout, il faut célébrer le succès de la mondialisation scientifique. C’est extraordinaire d’observer à quelle vitesse le coronavirus a été identifié et à quelle vitesse les informations se sont répandues, alors que la relation est difficile entre savants et monde politique. Aujourd’hui, l’urgence est de trouver un vaccin et de se préparer à la prochaine pandémie.

L’OMS a un rôle important à jouer. Elle a été vaguement réformée après le SRAS et un règlement sanitaire international a été adopté. Nous devons aller plus loin : il est impératif que les méthodes de calcul des épidémies soient harmonisées et que la recherche soit coordonnée avec les organisations multilatérales.

Sans doute faut-il réinventer le multilatéralisme. Je me permets de vendre l’idée du mécanisme européen dans lequel un élément de supranationalité règle les problèmes communs. L’ONU, par contre, est un syndicat d’États ne voulant pas lâcher leur souveraineté. Une piste à envisager : à côté de son ministre des Affaires étrangères, chaque gouvernement devrait avoir un ministre des Affaires globales, qui s’occuperait uniquement des biens communs. On éviterait ainsi que les ministres des Affaires étrangères défendent seulement les intérêts de leur pays.

La question du climat est de plus en plus prégnante. Des découvertes sont à prévoir dans la manière d’extraire le CO2 de l’atmosphère. En attendant, l’énergie est la clé de la décarbonation de nos économies. Pour ce qui est de la relance verte, je plaide pour l’électrification : il faut électrifier le plus possible les usages finaux de l’énergie, tant dans les habitations que dans les véhicules.

Et ce, tout simplement parce que l’électricité peut être produite de façon décarbonée. L’objectif est d’arriver à 50 % de la consommation d’énergie sous cette forme. On n’arrivera pas – c’est un écologiste qui le dit – à produire suffisamment d’électricité avec le renouvelable. Il faudra compter sur le nucléaire, mais un nucléaire nouveau. Car si les peuples en ont peur, c’est à cause de la longue durée de vie de ses déchets. Dès lors, travaillons ensemble à la transmutation des déchets radioactifs, qui est une méthode pour réduire d’un facteur 100 leur radiotoxicité et leur durée de vie.

L’électricité peut être stockée sous forme d’hydrogène. Nous avons là une belle perspective, où l’hydrogène prendrait la place du pétrole en tant que carburant universel. Mais commençons par l’électrification : c’est une manière simple d’amorcer la relance verte sans tout changer en même temps.

 

*Brice Lalonde est ancien secrétaire général adjoint de l’ONU et ancien ministre français de l’Écologie.

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