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L’essor mondial des robots chinois

2026-09-30 12:40:00 Source: La Chine au présent Auteur: CHEN KE*
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La robotique chinoise s’impose sur les marchés mondiaux grâceà une offre diversifiée, une chaîne industrielle complète et des solutions matures.

Un robot de tri à intelligence incarnée présenté sur le stand de China Post au parc Shougang lors de la Foire internationale du commerce des services de Chine, le 11 septembre 2026 

Par CHEN KE*

Selon les données du Bureau national des statistiques, la Chine a exporté plus de douze millions de robots en tous genres au premier semestre 2026, destinés à plus de 160 pays et régions du monde, pour une valeur totale de 24,85 milliards de yuans. Sur dix robots intelligents humanoïdes et quadrupèdes vendus sur la planète, huit sont fabriqués en Chine.

« Ces dernières années, l’industrie chinoise de la robotique a réalisé un développement spectaculaire et ses exportations ne cessent de croître. Les robots chinois sont désormais largement utilisés dans la production comme dans la vie quotidienne à travers le monde », a déclaré Wang Jun, directeur adjoint de l’Administration générale des douanes, le 14 juillet.

Une percée tous azimuts

Dans le film Terre errante 2, les robots impressionnants ne sont pas le fruit d’effets spéciaux, mais de véritables machines conçues par Youibot, une société de robotique et de technologies dont le siège est à Shenzhen (Guangdong). Les robots manipulateurs mobiles développés par cette entreprise sont aujourd’hui exportés vers plus de trente pays et régions, dont le Japon, la République de Corée et l’Allemagne. Ils y accomplissent des tâches concrètes dans des environnements industriels de pointe tels que les semi-conducteurs, l’énergie et la chimie.

Ces dernières années, avec le développement rapide de secteurs comme l’automobile, l’électronique 3C et les énergies nouvelles, la demande d’équipements automatisés a fortement augmenté tant en Chine qu’à l’étranger. Au premier semestre 2026, les exportations ont atteint 6,29 milliards de yuans vers 141 pays et régions du monde, une hausse de 18,6 % sur un an. Une progression qui répond à un besoin urgent de solutions d’automatisation à l’échelle mondiale.

Principale catégorie exportée, les robots de nettoyage ont représenté quatorze milliards de yuans sur les cinq premiers mois de cette année, soit plus de 70 % de la valeur totale des exportations du secteur.

Le succès des robots de nettoyage chinois sur les marchés étrangers n’est pas fortuit : leur atout majeur réside dans la maîtrise de l’ensemble de la chaîne technologique, de l’algorithme de navigation à l’évitement intelligent d’obstacles, en passant par la collecte de poussière et le lavage automatisé. Ils répondent aussi bien aux besoins des grands logements européens et américains qu’aux exigences de nettoyage à haute fréquence des supermarchés, tout en s’adaptant au climat chaud et humide de l’Asie du Sud-Est.

« Aujourd’hui, de nombreux pays sont confrontés au vieillissement de la population et à la pénurie de main-d’œuvre domestique ; à cela s’ajoutent la généralisation de la domotique et la hausse du pouvoir d’achat des ménages. C’est dans ce contexte que les robots de nettoyage chinois viennent précisément combler cette lacune du marché et s’imposent comme le produit de choix d’une consommation en pleine montée en gamme à l’étranger », a déclaré Zhou Mi, chercheur à l’Académie chinoise du commerce international et de la coopération économique relevant du ministère du Commerce.

Les robots bioniques intelligents figurent eux aussi parmi les produits prisés à l’étranger. Depuis la création, en janvier de cette année, d’une position tarifaire distincte, ces appareils et les robots de nettoyage disposent d’une véritable « carte d’identité » pour le commerce international, ce qui facilite considérablement leur passage en douane. Selon les données de l’Administration générale des douanes, plus de dix mille robots bioniques intelligents ont été exportés au cours du premier semestre de cette année, vers plus de 90 pays et régions.

Des écoliers hongkongais font des achats dans la boutique de robots Galbot Store du Kai Tak Sports Park, le 31 août 2026.

Une chaîne industrielle complète

Derrière ces chiffres spectaculaires se cachent une accumulation technologique de longue haleine, une itération continue des scénarios d’application et une chaîne industrielle perfectionnée.

Ces dernières années, la Chine a soutenu la recherche fondamentale, la R&D des technologies clés ainsi que la mise au point de produits innovants en finançant des projets scientifiques et mobilisant les fonds d’investissement publics.

Par ailleurs, qu’il s’agisse de scénarios industriels traditionnels tels que le soudage automobile et l’assemblage électronique, ou de domaines émergents comme la préparation de commandes en entrepôt, l’assistance médicale ou les secours d’urgence, toutes les voies technologiques trouvent en Chine un véritable espace de validation. Elles s’y perfectionnent au fil de la résolution de problèmes concrets pour aboutir finalement à des solutions matures et fiables.

Lors de la Foire de Canton de ce printemps, un bras robotisé de cuisine LAVA, développé par la société EncoSmart Technology, a attiré tous les regards. Dans un environnement soumis à des températures élevées et à une forte humidité, il sait identifier avec précision les ingrédients, les faire sauter, les assaisonner et même emballer les plats. Ces gestes simples en apparence répondent pourtant à un véritable casse-tête du marché étranger de la restauration.

« Qu’il s’agisse des boutiques de poulet frit qui jalonnent la République de Corée ou des chaînes de fast-food aux États-Unis, environ 40 % des produits vendus nécessitent une étape de friture », explique Chen Zhen, PDG d’EncoSmart. Le coût de la main-d’œuvre ne cessant de grimper sur ces marchés, les robots peuvent remplacer l’humain pour la friture tout en évitant les problèmes liés à la sécurité alimentaire, au gaspillage d’ingrédients et aux accidents du travail. Plusieurs dizaines de bras LAVA ont déjà été livrés en République de Corée cette année.

L’entreprise a également mis au point Nico, un robot capable d’engager la conversation avec les clients, d’enchaîner les différentes étapes du service, d’assurer une livraison précise, de réaliser le réapprovisionnement ou encore de préparer des boissons simples.

La richesse des scénarios d’application constitue un atout unique, tandis que la chaîne industrielle complète représente une solide assise. À ce jour, les produits robotiques chinois couvrent 71 grandes catégories sectorielles et 241 catégories intermédiaires de l’économie nationale, ce qui témoigne d’une grande diversité de l’offre. De plus, le taux de production nationale des composants clés ne cesse de progresser, renforçant l’autonomie de la chaîne d’approvisionnement.

« Sur la carte mondiale de la robotique, la Chine occupe une place très particulière », remarque Chen Zhen. Cette singularité tient à sa capacité à boucler l’ensemble du cycle, des composants essentiels jusqu’à l’intégration finale du produit. Sur le plan géographique, la Chine affiche déjà une forte synergie : Beijing se concentre sur la R&D du « cerveau » et du « cervelet » des robots ; la région du delta du fleuve Changjiang excelle dans les pièces de précision, les modules et les capteurs ; le delta de la rivière des Perles se distingue dans la fabrication des structures, des coques et de l’assemblage final. C’est grâce à cette chaîne intégrée que les entreprises chinoises allient rapidité d’itération et compétitivité des coûts.

Contrôle final et sortie de chaîne des robots de nettoyage dans une usine de Jinhua (Zhejiang), le 27 mai 2026

Une solution chinoise mature

Contrairement aux biens matériels traditionnels, les robots ne se limitent pas à la vente d’un équipement ; ils impliquent la fourniture d’une solution d’exploitation stable sur le long terme.

« Les entreprises chinoises proposent désormais à leurs clients étrangers des solutions personnalisées couvrant l’ensemble du processus, de la planification des lignes de production à la maintenance à distance et à l’évolution des logiciels », souligne Lu Xinhong, chercheuse au Centre d’échanges économiques internationaux de Chine relevant de l’Académie des sciences sociales

de Chine.

Depuis longtemps, l’industrie robotique se heurte à deux obstacles : le décalage entre la recherche et le marché, ainsi que le coût élevé des produits haut de gamme. « L’industrie robotique chinoise ne cesse d’élargir ses applications et d’élever son niveau technologique. Elle transforme le secteur manufacturier chinois tout en insufflant un nouvel élan à la robotique mondiale », déclare Takayuki Ito, président de la Fédération internationale de la robotique.

 

*CHEN KE est journaliste à China Report.

 

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