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Semer pour un avenir vert

2024-05-21 11:56:00 Source: La Chine au présent Auteur: HU FAN, membre de la rédaction
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Plantation d’une espèce rare dans la région du réservoir des Trois Gorges, dans le district de Zigui, à Yichang (Hubei), le 12 mars. (PHOTO : HU FAN) 

Une activité de plantation d’arbres, exercée par des étudiants et des bénévoles sur un îlot du fleuve Changjiang à l’occasion de la Journée nationale de plantation d’arbres, le 12 mars, a été témoin du retour de deux espèces rares dans leur habitat d’origine. Un millier de plants de Myricaria laxiflora et 2 000 plants de Plantago fengdouensis, élevés artificiellement, ont été transplantés sur les pentes de l’îlot.

Cet îlot, situé dans le district de Zigui, à Yichang (Hubei), est caractéristique des zones fréquemment impactées par les variations du niveau d’eau du Changjiang. Submergée durant la saison des pluies, qui peut s’étendre sur plusieurs mois, cette zone réapparaît pendant la saison sèche. Les défis que représente la reforestation de ces territoires fluctuants sont considérables.

Face à ces défis, l’Institut de recherche sur les plantes rares du fleuve Changjiang, affilié à la China Three Gorges Corporation (CTG), concentre ses efforts sur l’identification, la culture et la réintroduction d’espèces endémiques en péril adaptées à ces conditions extrêmes. L’ambition est double : consolider les sols, protéger les berges du fleuve et, ultimement, régénérer la biodiversité de l’ensemble du bassin du Changjiang.

« Un totale de 560 espèces de plantes rares recensées dans la région du réservoir des Trois Gorges ont toutes bénéficié d’une protection efficace », a déclaré Huang Guiyun, à la tête de l’institut.

Retour à la nature

Découvert pour la première fois en 2001 dans le district de Fengdu, en amont de la municipalité de Chongqing, le Plantago fengdouensis a une aire de répartition restreinte et était autrefois considéré comme disparu à l’état sauvage. En 2022, environ 4 000 graines de Plantago fengdouensis ont été transportées à bord du vaisseau spatial habité Shenzhou-13, qui a passé 183 jours dans l’espace. Lors de l’événement de la plantation, 500 sur 2 000 étaient les descendants de plantes issues d’une mutation spatiale.

Cette méthode cherche à augmenter la diversité génétique de l’espèce afin de pouvoir repérer des variétés dotées d’une adaptabilité accrue pour leur réintroduction dans la nature. L’utilisation de la technologie de mutation spatiale illustre clairement l’esprit novateur de l’institut dans ce domaine.

Créé en 2007 et intégré au réseau de recherche scientifique écologique de la CTG, cet institut se consacre à l’étude, la culture et la réintroduction de plantes rares du fleuve Changjiang. Au fil des ans, il a mis au point un arsenal technologique pour réhabiliter les écosystèmes affectés par d’importants chantiers hydroélectriques et de conservation de l’eau, devenant un acteur clé dans la préservation de la flore le long du Changjiang.

Au cours des dernières décennies, l’institut a réussi à préserver et protéger plus de 1 300 espèces végétales endémiques du bassin, relevant les défis liés à la reproduction de près de 100 espèces rares. Il a également initié des campagnes de reforestation adaptées aux terrains accidentés typiques de la région, y compris les pentes abruptes créées par l’extraction de matériaux pour le barrage des Trois Gorges.

Une de ses réussites majeures a été le reboisement des zones aux niveaux d’eau fluctuants. Face à cette problématique, les chercheurs ont expérimenté avec succès la plantation de plus de 20 types de végétaux résistants aux inondations, à différentes altitudes. Il y a quatre ans, une zone expérimentale et de démonstration de 7 000 m2 a été établie, affichant des taux de survie impressionnants : plus de 90 % pour les plantes herbacées vivaces et 75 % pour les arbustes tolérants aux inondations.

L’institut attache une grande importance à l’éducation des jeunes générations sur la conservation des plantes, la préservation de l’environnement et le développement durable, en organisant des activités de plantation pour les élèves et en les encourageant à adopter leur propre plant et suivre son évolution.

Plantago fengdouensis cultivé dans une base de l’Institut de recherche sur les plantes rares du fleuve Changjiang à Yichang (Hubei), le 12 mars. (PHOTO : HU FAN) 

Expansion de la reforestation

Les initiatives de la CTG ne font que consolider la position de la Chine en tant que leader mondial dans le reverdissement de ses terres. Effectivement, le pays représente un quart de l’augmentation totale des ressources forestières dans le monde au cours des deux dernières décennies.

Selon un rapport de la Commission nationale du verdissement publié en mars, la surface forestière du pays a connu une augmentation significative, avec près de 3,99 millions d’hectares plantés en 2023, dépassant ainsi les 3,83 millions d’hectares de reboisement enregistrés en 2022. De plus, environ 4,38 millions d’hectares de prairies dégradées ont été restaurés, tandis que près de 1,9 million d’hectares de terres sablonneuses et pierreuses ont bénéficié d’améliorations.

D’après le rapport, les forêts denses constituent une source de revenus importante. L’année dernière, la valeur de production de l’industrie forestière et des prairies en Chine a atteint 9 280 milliards de yuans, enregistrant une hausse de 2,3 % en glissement annuel. De plus, l’écotourisme a connu un essor, avec plus de 2,53 milliards de voyages enregistrés.

Forte d’une vingtaine d’années d’expérience dans la protection des plantes, Mme Huang a constaté de ses propres yeux les progrès réalisés dans le reboisement en Chine. Selon elle, grâce à l’intensification de la protection, des espèces auparavant présumées éteintes commencent à réapparaître lors de ses études sur le terrain. « Même pour des espèces telles que Myricaria laxiflora et Plantago fengdouensis, nous avons découvert de petites colonies se formant naturellement dans leur habitat naturel. »

L’institut, pionnier dans la conservation des plantes en Chine, ne se contente pas de répondre aux défis de protection du fleuve Changjiang. « Nos réussites réalisées nous permettent de fixer notre objectif plus grand : contribuer à l’effort national de préservation des plantes », a partagé Mme Huang.  

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