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Les femmes de Liangshan brillent dans la lutte contre la pauvreté

2020-09-29 17:30:00 Source:La Chine au présent Auteur:ZHANG WEILAN
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Autrefois pauvre, Biqu Mlaza (au 1er plan), du district de Butuo à Liangshan, travaille maintenant dans la Plantation de myrtilles du Plateau, récemment créée pour aider à réduire la pauvreté locale. (ZHANG WEILAN)

 

La Chine œuvre à assurer la satisfaction des « deux besoins élémentaires » que sont la nourriture et l’habillement, et à offrir les « trois garanties » que sont l’enseignement obligatoire, les soins médicaux et le logement dans le cadre de sa lutte contre la pauvreté. Il est essentiel que les personnes pauvres soient motivées et impliquées dans l’entreprise et y participent activement.

 

Lors d’un récent voyage de sept jours dans le district de Zhaojue, dans le département autonome yi de Liangshan (province du Sichuan), j’ai découvert que les femmes qui font ou faisaient partie de ménages pauvres « portent la moitié du ciel » pour leur famille. Voici quelques histoires sur leur parcours pour sortir de la pauvreté.

 

La broderie, porte de sortie de la pauvreté

 

Ahai Mebaowei, 31 ans, n’a jamais pensé qu’elle emménagerait dans une maison de 100 m2 avec chambres, salles de bains, cuisine et salon dans une région centrale de Liangshan. Quand elle n’était encore qu’une adolescente, cette native du village de Guozu a dû abandonner ses parents pauvres dans la région montagneuse et désolée dont ils sont originaires pour être travailleuse migrante. Elle n’avait à emporter, en tout et pour tout, que deux tenues et une paire de gants que sa mère lui avait données.

 

« J’ai travaillé dans une usine du Guangdong et mes journées étaient difficiles », s’est remémorée Ahai Mebaowei. « J’étais une étrangère et une moins que rien dans les villes animées de la province. Cependant, je n’ai jamais oublié qui j’étais ni d’où je venais. » Elle a également mentionné que son rêve était de connaître une vie décente comme certains des habitants qu’elle avait rencontrés quand elle était dans le Guangdong, et que ce rêve était enfin devenu réalité.

 

Ahai Mebaowei est finalement retournée dans le département de Liangshan après son passage dans le Guangdong, elle s’est mariée et a eu des enfants. Son mari était également travailleur migrant et continuait dans cette voie, mais il était difficile pour cette famille de six personnes de vivre avec les 3 000 yuans qu’ils gagnaient au mois. À l’époque, cette famille résidait dans une simple maison en pisé et a finalement été identifiée comme pauvre.

 

Les autorités locales de Liangshan ont commencé à aider les personnes qui vivaient dans des résidences délabrées dans les zones rurales du département à rénover leur maison, et celles qui vivaient dans des zones inhospitalières à déménager vers des sites de réinstallation à la fin du mois de juillet, pour les aider à sortir de la pauvreté.

 

« Le déménagement permet aux personnes originaires de villages de vivre mieux », a souligné Jise Fangsen, chef adjoint du district de Zhaojue. « Les femmes qui résident dans des sites de réinstallation ont une occasion d’augmenter leur revenu et de subvenir aux besoins de leur famille sans avoir à quitter leur maison et sans dépendre de leurs fils ou de leur mari pour sortir de la pauvreté. »

 

En mai dernier, Ahai Mebaowei a emménagé dans une nouvelle résidence dans une communauté de réinstallation de Zhaojue avec son mari et ses quatre enfants. Le site est le plus vaste du genre dans le département de Liangshan et abrite actuellement 1 428 ménages qui étaient pauvres lorsqu’ils ont emménagé. La communauté comprend un centre de soins maternels et infantiles, un centre de formation professionnelle, un supermarché, un centre de services qui fournit des consultations juridiques et des services médicaux, un centre d’activités pour personnes âgées, des salles de lecture et de loisirs, et d’autres équipements. Une école primaire et un marché de produits en plein air sont également en train d’être construits.

 

Ahai Mebaowei a commencé à participer à un programme spécial de broderie et a donné naissance à son quatrième enfant peu après avoir emménagé dans la communauté.

 

« Je gagne 160 yuans par jour en brodant des chaussettes à la maison », a confié Ahai Mebaowei. « Je me sens heureuse et satisfaite parce que je peux gagner ma vie tout en m’occupant de mes enfants. » Cette mère de quatre enfants a également indiqué qu’elle reçoit un revenu supplémentaire en louant une partie de ses terres à des coopératives locales.

 

L’importance d’apprendre le mandarin

 

Luo Ying enseignait la poésie à 36 enfants en maternelle avec une autre institutrice dans une résidence convertie en salle de classe dans le village de Jiebanada dans le district de Zhaojue quand je l’ai rencontrée.

 

« Nous estimons être des instructrices plutôt que des enseignantes », a précisé Luo Ying. « Nous sommes chargées d’enseigner le mandarin aux enfants de l’ethnie yi et de les aider à développer de bonnes habitudes. »

 

Depuis 2015, le gouvernement de Liangshan a fait des efforts pour soutenir les écoles maternelles dans sa juridiction et créer plus d’opportunités pour les enfants issus de familles pauvres. Tous les enfants yi de trois à six ans ont été dispensés des frais de scolarité dans les écoles maternelles des zones rurales de Liangshan en mai 2018, afin de les encourager à assister aux cours de mandarin et à l’apprendre. Le Sichuan Daily a observé qu’environ 120 000 enfants se sont inscrits dans plus de 3 000 écoles maternelles du département depuis le lancement du programme. Parmi eux, 112 800 sont originaires de 11 districts qui étaient très pauvres à l’époque. Quatre cents écoles maternelles supplémentaires ouvriront bientôt leurs portes.

 

« Les élèves se réjouissent de leur temps passé à l’école maternelle et le déjeuner est fourni gratuitement », a expliqué Luo Ying. « Les enfants apprennent à parler le mandarin, deviennent plus extravertis et les parents n’ont pas à s’inquiéter pour leurs enfants pendant qu’ils travaillent. Beaucoup d’élèves veulent apprendre à leurs parents comment parler le mandarin. »

 

Luo Ying a décroché un diplôme en langue et littérature chinoises dans un établissement d’enseignement supérieur du Sichuan et comprend l’importance d’enseigner le mandarin aux enfants yi.

 

« Le mandarin est largement utilisé dans tout le pays », a-t-elle poursuivi. « C’est important que les enfants yi l’apprennent afin qu’ils aient la capacité à travailler et à étudier dans d’autres régions. »

 

« Les écoles maternelles sont devenues populaires dans le département de Liangshan », a fait observer Luo Ying.  « Il y a un besoin urgent d’enseignants supplémentaires pour ce groupe d’âge. » Elle estime aussi que les gouvernements locaux devraient offrir plus de formations aux enseignants de Liangshan et qu’ils devraient augmenter leur salaire, de sorte que davantage de personnes s’intéressent à la profession. « L’enseignement joue un rôle important pour arrêter la transmission intergénérationnelle de la pauvreté », a déclaré Jise Fangsen. « Les écoles maternelles donnent des compétences aux élèves issus des ménages pauvres de Liangshan et les rendent plus compétitifs. La langue ne devrait pas être un obstacle les empêchant de s’engager dans la société contemporaine et d’aspirer à une vie meilleure. »

 

Les myrtilles de Butuo

 

Biqu Mlaza réside dans le district de Butuo (département de Liangshan), qui était pauvre jusqu’à récemment. Sa famille vivait avec environ 2 900 yuans par an, gagnés en vendant du maïs, du poulet et des pommes de terre. Biqu Mlaza voulait aider sa famille à sortir de la pauvreté bien qu’elle ait dans les 70 ans, ce qui est considéré comme bien au-delà de la retraite dans la plupart des régions de la Chine.

 

Il y a environ un an, Biqu Mlaza a commencé à travailler à la Plantation de myrtilles du plateau dans le bourg de Tuojue (district de Butuo). Elle gagne actuellement 2 400 yuans par mois. Elle enfile son vêtement de travail avec son mari chaque matin contrairement à la plupart des femmes yi, qui portent généralement des vestes brodées et de longues jupes plissées à plusieurs couches. Les deux fils du couple sont décédés, celui-ci s’occupe donc également de ses cinq petits-enfants.

 

Les terres arables sont vitales pour de nombreux habitants yi. La famille de Biqu Mlaza a toujours rentabilisé la sienne au maximum et loue actuellement 18 de son 21 mu (1 mu = 1/15 ha) au gouvernement local.

 

« Nous avons eu l’opportunité de déménager dans une nouvelle résidence à quelques kilomètres seulement de notre ancienne habitation », a confié Biqu Mlaza avec un sourire. « Mon mari mène des troupeaux de moutons et du bétail pendant que je travaille à la ferme de myrtilles dans la région, et nous cultivons du maïs et des pommes de terre sur les 3 mu de terre que nous ne louons pas au gouvernement. »

 

Les secteurs en développement ont entraîné la création de nombreux nouveaux emplois dans le département de Liangshan, ces dernières années. Les entreprises de culture de myrtilles de Butuo aident à réduire l’extrême pauvreté, à améliorer la vie des habitants, à autonomiser les femmes et à contribuer à la protection de l’environnement.

 

« 9 000 personnes ont travaillé dans cette ferme depuis sa création, dont 60 % appartenaient à des ménages qui étaient pauvres quand ils sont arrivés », a fait remarquer le directeur de la Plantation de myrtilles du plateau.

 

Le plus grand désir de Biqu Mlaza à ce stade de sa vie est d’assurer à ses cinq petits-enfants une bonne éducation. « J’ai travaillé dur pour survivre dans le passé », raconte-t-elle. « J’espère que mes petits-enfants pourront s’épanouir et avoir une meilleure vie que moi. »

 

*ZHANG WEILAN est journaliste de China.org.cn.

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