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Le combat pour préserver la vie sauvage

2020-09-03 10:55:00 Source:La Chine au présent Auteur:ZHAO YANG
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法语词典
 
Les chevaux de Przewalski forment une population stable et importante dans la Réserve naturelle des ongulés sauvages des monts Karamori (Xinjiang).
 
Les animaux sauvages forment un ensemble important de l’écosystème naturel et jouent un rôle considérable dans le maintien de l’équilibre et de la stabilité écologiques, ainsi que de la sécurité biologique et économique. La Chine fait partie des 12 pays les plus riches en espèces animales sauvages. Afin d’en renforcer la protection, elle a successivement formulé des lois et des règlements, tels que la Loi sur la protection de la faune sauvage et le Catalogue des animaux sauvages sous la protection prioritaire de l’État. Elle a ainsi mis en place un système de gestion et de protection à la chinoise. Les résultats ont été significatifs au cours des 70 dernières années. D’après des données de l’Administration nationale des forêts et des prairies, les populations d’animaux et de plantes sauvages menacées d’extinction en Chine restent stables avec quelques réajustements à la hausse, tandis qu’un certain nombre d’espèces animales et végétales sauvages terrestres en danger critique s’éloignent progressivement du risque d’extinction.

 

Récemment, le personnel du Bureau de gestion de la Réserve naturelle de Tongbiguan dans la province du Yunnan a eu une agréable surprise : il a observé la silhouette d’un pangolin sauvage en classant les données d’une caméra infrarouge. En effet, cette présence apportera du réconfort et de la confiance aux protecteurs de la faune sauvage, dans un contexte où les animaux sauvages aux quatre coins de la planète sont menacés par la chasse illégale et la destruction de leur habitat. Selon la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction publiée en 2018, le nombre des pangolins s’est réduit de 90 % au cours des deux dernières décennies. Pour protéger cette espèce menacée d’extinction, la Chine a annoncé, le 5 juin, le reclassement des pangolins de la classe II de protection de l’État à la classe I. De plus, elle a officiellement retiré les écailles de pangolin de l’édition 2020 de la Pharmacopée de la médecine traditionnelle chinoise.

 

Les réserves naturelles : des parapluies protecteurs

 

Le système de protection sur le terrain est basé principalement sur des réserves naturelles et constitue une partie importante du système chinois de protection de la faune sauvage. Située dans la province du Jilin, la Réserve naturelle des monts Changbai, qui dispose d’un écosystème forestier intact et très caractéristique, figure dans la première série des réserves naturelles au niveau national en Chine. Dans les années 1980, les populations d’animaux et de plantes sauvages ont rapidement diminué dans la réserve, du fait des chasses et cueillettes illégales ainsi que de la destruction de l’environnement.

 

« Chaque année, une mission de patrouille est agencée sur les 12 mois, en fonction des différentes saisons et de la répartition des animaux et des plantes. Le travail de patrouille est souvent très dangereux », raconte Shao Longzhu, chef de la station de protection de Fengling relevant du Centre de gestion de la Réserve naturelle des monts Changbai. Le personnel a subi des représailles de la part de criminels, mais sa persévérance a garanti le rétablissement rapide de l’environnement et des populations d’animaux sauvages de la réserve.
 
« Évidemment, nous nous sommes aperçus de l’augmentation du nombre d’animaux ces dernières années. Nous rencontrons fréquemment des cerfs élaphes et des ours noirs lors de nos patrouilles », se réjouit M. Shao. Par rapport aux années 1990, le travail clé des patrouilleurs comme lui est passé de la lutte contre la chasse illégale à des tâches de recherche, entre autres surveiller le nombre et la densité des populations animales et installer des caméras far-infrarouges.

 

La réserve s’en tient toujours au principe « la protection est la plus importante », en renforçant la construction des infrastructures telles que les stations de protection à la base, les casernes de pompiers forestiers professionnels et les routes anti-incendie. Elle met aussi à niveau les véhicules de patrouille et les équipements du Centre de gestion. Par ailleurs, l’emploi de moyens scientifiques et technologiques comme le contrôle par système d’information géographique et la surveillance à distance destinée à la prévention des incendies de forêt ajoute un soutien fiable à la protection des animaux et des plantes sauvages. Dans le même temps, la réserve attache de l’importance à la sensibilisation en utilisant régulièrement divers canaux tels qu’Internet, la télévision et la radio, pour inviter le public à participer à la protection des animaux sauvages.

 

Grâce à des années de dur labeur, les populations d’animaux et de plantes sauvages dans la région des monts Changbai se sont progressivement rétablies. Pour le moment, 1 586 espèces d’animaux sauvages et 2 639 espèces de plantes sauvages y ont été découvertes. Lors de la 29e session du Conseil international de coordination du programme sur l’Homme et la biosphère, organisée au mois de juin 2017 par l’UNESCO à Paris, le Comité consultatif a hautement apprécié le travail de la Réserve naturelle des mont Changbai et a jugé qu’elle répondait aux normes de la réserve mondiale de biosphère.

 

Selon les statistiques de l’Administration nationale des forêts et des prairies, en 2018, la Chine avait établi un total de 2 750 réserves de différents types et niveaux (les régions de Taiwan, Hong Kong et Macao non comprises) pour protéger 85 % des animaux et des plantes sauvages. Leur proportion en termes de superficie terrestre est supérieure à la moyenne mondiale. Le nombre d’espèces qui étaient en danger critique d’extinction, entre autres le panda géant, l’ibis huppé, le cerf du père David, l’alligator chinois et le cerf d’Eld de Hainan, a considérablement augmenté.


 

Le retour des chevaux de Przewalski
 
Il est vrai que les réserves naturelles peuvent offrir un bon environnement de vie aux animaux sauvages, le recours au système de sauvetage et de reproduction est néanmoins indispensable pour les aider à échapper complètement au danger d’extinction.

 

En 1878, on a découvert pour la première fois les chevaux de Przewalski dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang. Seul cheval sauvage au monde, il a disparu de son milieu 90 ans plus tard. Heureusement, un Allemand avait emporté 13 spécimens dans sa patrie pour créer un élevage en captivité. C’est un espoir pour la reproduction de cette espèce. En 1985, le Centre de recherche sur la reproduction de chevaux sauvages du Xinjiang a travaillé de concert avec l’Organisation internationale des chevaux sauvages pour introduire successivement 24 chevaux sauvages en Chine.

 

Vétérinaire senior du centre de recherche, Entemake se consacre à une tâche : faire en sorte que les chevaux de Przewalski se multiplient dans leur région natale. Né dans une famille de bergers kazakhs, il vit depuis son premier jour avec des chevaux. Cependant, le cheval de Przewalski lui était encore une espèce inconnue avant son entrée dans le centre de recherche. « Quand j’étais à l’école, mon professeur allait souvent soigner les chevaux sauvages, puis il nous racontait ses expériences », se souvient-il. De cette manière, Entemake s’est intéressé petit à petit à cette espèce. Après avoir obtenu son diplôme en 1998, il n’a pas hésité à travailler dans ce centre de recherche.

 

Au début, les chevaux de Przewalski ont fait montre d’un tempérament sauvage et refusaient d’être approchés par Entemake. « J’ai travaillé comme éleveur pendant trois ans pour qu’ils se familiarisent avec moi », confie le vétérinaire. Après une longue période de prise de contact, les chevaux sauvages ont finalement mis de côté leur méfiance. Leur population est très faible et les documents de référence à leur sujet sont peu nombreux. En temps ordinaires, Entemake a soigneusement observé et testé leur condition physique.

 

« Ils ont peur des injections, tout comme les petits enfants. Il n’y a pas d’anesthésique efficace pour les chevaux sauvages dans le pays, alors nous sommes obligés de les faire s’immobiliser. » Il faut la force combinée d’au moins huit ou neuf adultes pour contrôler la puissance d’un cheval sauvage adulte ! En soignant les équidés, Entemake a subi de nombreuses blessures, son épaule conserve même des cicatrices dues à des morsures.

 

Après avoir coordonné les départements concernés, le centre de recherche a introduit un anesthésique spécifique aux chevaux sauvages. La prochaine étape sera d’importer un équipement complet pour l’immobilisation des chevaux, afin d’assurer la sécurité des médecins.

 

Entemake, lui, s’attèle en ce moment à l’écriture d’un livre sur la prévention et le traitement de base des maladies du cheval de Przewalski. L’ouvrage devrait être publié fin 2020 et remplira le vide au sujet de la protection des chevaux sauvages dans le pays.

 

Au premier semestre 2020, la famille des chevaux de Przewalski a accueilli quatre nouveaux membres. Jusqu’à présent, le centre de recherche a réussi à reproduire 718 spécimens (sur six générations), ce qui en fait le plus grand ensemble de chevaux sauvages au monde.

 

« La véritable protection consiste à permettre aux animaux sauvages de retourner dans la nature », fait toutefois remarquer Yang Weikang, chercheur à l’Institut de recherche sur l’écologie et la géographie du Xinjiang, celui-ci relevant de l’Académie des sciences de Chine. L’institut a déjà relâché plus de 110 chevaux au cours des dernières années et prévoit d’en relâcher 10 de plus d’ici fin 2020.

 

Les chevaux relâchés dans la nature se sont parfaitement adaptés à l’environnement sauvage. Leur nombre a dépassé 260 individus après la reproduction de trois générations sans intervention humaine. Ceux-ci forment une population stable et importante dans la Réserve naturelle des ongulés sauvages des monts Karamori dans le Xinjiang.

 

La Chine dispose actuellement de 250 bases de sauvetage et de reproduction des animaux sauvages, qui abritent plus de 230 espèces animales sauvages, et qui ont réussi à relâcher 14 espèces dans la nature, entre autres l’ibis huppé, le cheval sauvage, le cerf du père David et l’alligator chinois.


 

Le cerf élaphe, qui bénéficie de la protection de classe II de l’État, se promène dans les bois des monts Changbai.

 

Des actions mondiales menées par la Chine

 

La protection des animaux sauvages est un combat commun à toute l’humanité. On peut briser la chaîne des intérêts pour enrayer le commerce illégal des espèces sauvages à condition que tous les pays conjuguent leurs efforts.

 

Pendant les années 2013-2014, le gouvernement chinois a pris la tête d’actions baptisées « Cobra ». Bénéficiant de la collaboration d’une vingtaine de pays, celles-ci ont permis de démanteler plus de 500 cas liés à la destruction de ressources animales et végétales sauvages et de saisir 42 tonnes de bois de santal rouge, près de 10 tonnes d’ivoire et produits en ivoire, ainsi qu’un grand nombre d’animaux, de plantes sauvages et de leurs dérivés. La communauté internationale a fait l’éloge de cette initiative, notamment par la voix du secrétaire général de la CITES (aussi appelée la Convention de Washington)

 

La protection de l’environnement constitue un volet important de l’initiative « la Ceinture et la Route » et du concept de communauté de destin pour l’humanité proposés par la Chine. Au début de l’année 2020, l’épidémie de COVID-19 a une fois de plus sonné l’alarme au sujet de la protection des animaux sauvages. Il est urgent de perfectionner le système de surveillance, de prévention et de contrôle des épizooties. En outre, des voix de plus en plus fortes s’élèvent en faveur de la répression des activités illégales et criminelles des ressources fauniques. Le Rapport d’activité du gouvernement a clairement énoncé qu’il faut punir sévèrement la chasse illégale et le commerce des animaux sauvages, élevant ainsi la protection de la faune sauvage à un niveau sans précédent.

 

Le président chinois Xi Jinping a souligné que les animaux sauvages forment une partie importante des êtres et des écosystèmes naturels sur la planète, et que leur situation de vie est étroitement liée au développement durable de l’humanité. Selon Zhou Jinfeng, directeur général de la Fondation chinoise pour la protection de la biodiversité et le développement vert, protéger la biodiversité, c’est en définitive, également protéger les habitats humains. « Chaque année, un grand nombre d’espèces disparaissent et quantité d’espèces sont en voie de disparition. Nous ne pouvons pas attendre que la situation soit irréversible pour entrer en action », conclut-il.  
 
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