Accueil>La Chine à la loupe

Le bien-être à l'âge de la retraite en Chine selon ORPEA

2018-05-02 15:54:00 Source:La Chine au présent Author:DANG XIAOFEI, membre de la rédaction
【Fermer】 【Imprimer】 GrandMoyenPetit

Des entreprises étrangères dans le domaine des services aux personnes

âgées sont entrées sur le marché chinois.

Ces dernières années, de nombreuses entreprises étrangères spécialisées dans les services aux personnes âgées sont venues en Chine, parmi elles, le groupe ORPEA est l’une des plus importantes avec de bonnes performances : en 2016, le taux d’occupation de sa première maison de retraite en Chine, à Nanjing, a dépassé 50 %. « Pour le moment, nous n’avons pas réalisé de bénéfices, mais nous n’en sommes pas loin c’est certain. Sinon, nous ne déciderions pas de rester en Chine », déclare Nathaniel Farouz, responsable de la région Chine d’ORPEA.

En sa qualité de plus grand groupe de maisons de retraite en Europe, ORPEA est officiellement entré sur le marché chinois en 2013. Son siège social pour la Chine est à Shanghai. Depuis cinq ans, ORPEA s’implante solidement en Chine et est devenu un leader dans le secteur. Lors d’une interview accordée à La Chine au présent, Nathaniel Farouz affirme que le marché chinois visant les retraités possède un grand potentiel.

La gestion numérique

Un positionnement précis

À ses débuts, Nathaniel a dû faire face à l’incrédulité des Chinois spécialisés dans ce secteur : « Vous êtes un étranger, vous ne connaissez pas les Chinois. Ce que vous voulez faire en Chine, ne répond pas à notre demande. Il vaut mieux vous en retourner ! » Pourtant, avant d’arriver en Chine, ORPEA avait déjà consacré trois ans à l’étude du marché chinois de la retraite.

Grâce à cette étude, Nathaniel s’est forgé son propre point de vue sur ce marché : les maisons de retraite publiques conviennent plutôt aux personnes âgées indépendantes ; les établissements de retraite, financés par les sociétés immobilières et d’assurances, ciblent principalement les personnes âgées riches qui sont généralement dans un bon état de santé ; les maisons de retraite pour les personnes âgées dépendantes manquent, ce qui donne une opportunité à ORPEA.

Pour cette raison, ORPEA cible le dernier type de retraités, soit les consommateurs au niveau de vie supérieur et surtout les personnes âgées dépendantes, semi-dépendantes ou atteintes de démence. Pour le moment, les personnes âgées qui habitent dans les maisons de retraite d’ORPEA à Nanjing atteignent un âge moyen de 85 ans, et chacune d’entre elles doit payer plus de 20 000 yuans par mois.

« Actuellement, la Chine n’a pas encore un marché de la retraite mûr et haut de gamme, mais il ne faudrait pas en conclure qu’il n’existe pas un marché potentiel avec des personnes âgées indépendantes qui demandent des soins de haute qualité », confie Nathaniel. Bien que le tarif des services soit élevé, les maisons de retraite d’ORPEA à Nanjing fonctionnent bien, confirmant l’analyse de départ de Nathaniel sur le marché chinois.

« Nous découvrons que le marché chinois de la retraite a un grand potentiel », affirme Nathaniel. Selon les statistiques du Comité national du troisième âge de Chine, à la fin de l’année 2017, le nombre de personnes âgées ayant 60 ans ou plus a atteint le chiffre de 241 millions, soit 17,3 % de la population. Il est prévu que ce nombre s’élèvera à 487 millions en 2050, représentant 34,9 % de la population. Voilà pourquoi ORPEA a rapidement considéré, au cours de l’étude de marché, qu’il y avait là une véritable opportunité pour les affaires et qu’il fallait donc venir en Chine.

L’augmentation rapide du nombre de personnes âgées crée dans la société chinoise une immense demande de service dans le secteur de la retraite. Selon le Programme du secteur de retraite de Chine, en 2030, la valeur globale de la production des services liés à la retraite dépassera 10 000 milliards de yuans. « Le développement d’ORPEA en Chine est en fait une stratégie de développement à long terme. Nous avons planifié des projets dans beaucoup de villes chinoises de premier et de deuxième rang », explique Nathaniel. Pour le moment, ORPEA s’efforce de trouver des services de gestion d’immeuble à Beijing, à Shanghai et dans leurs villes voisines, et en même temps, d’établir des coopérations avec des établissements chinois spécialisés dans l’immobilier, les assurances et les soins médicaux. De plus, le siège social du groupe ORPEA a décidé d’introduire dans ses soins les activités spécifiques à l’hôpital psychiatrique en Chine, afin de fournir aux personnes âgées et aux malades chinois des services médicaux de rétablissement aux normes européennes.

Au début de cette année, lors de la visite d’État du président Emmanuel Macron en Chine, ORPEA et Taikang Community, qui est chargé des investissements et de la gestion des communautés de retraite, ont signé l’« Accord de coopération stratégique », pour fonder une entreprise à capitaux mixtes en Chine et gérer et développer conjointement les maisons de retraite et les hôpitaux de rétablissement dans les villes chinoises.

Des services attentionnés

La maison de retraite d’ORPEA à Nanjing fournit des services attentionnés, par exemple, élaborer un plan de vie et un plan de soins pour chaque personne âgée en fonction de sa situation personnelle et donner des cures non-médicamenteuses complètes et professionnelles, comme l’hydrothérapie, la cure d’espace qui mobilise les cinq sens, et les entraînements pour maintenir la mémoire.

« ORPEA attache de l’importance à un système complet de normes pour les services. Il exige la plus haute qualité pour chaque service. Tous les jours, il cherche à en améliorer la qualité », souligne Nathaniel.

Touchée par ces services à la personne, la fille de Li Shuhua a envoyé sa mère à la maison de retraite de Nanjing. À ce moment, Li Shuhua souffrait de la maladie d’Alzheimer depuis plusieurs années, et à cause d’une surconsommation de médicaments, elle avait des difficultés cognitives provoquant des actes de violence.

Lorsque les malades âgés atteints d’Alzheimer ont des actes de violence, un traitement simple est de leur permettre de prendre des médicaments pour les calmer et les assoupir. Ce n’est pas l’approche d’ORPEA comme l’explique Nathaniel : « Dans ce cas, nous ne leur donnons pas directement des médicaments. En revanche, nous adoptons la cure d’espace à travers les organes des sens pour les calmer. ORPEA donne des formations à ses employés, pour qu’ils puissent savoir comment mieux communiquer avec les personnes âgées souffrant de la maladie d’Alzheimer. »

Grâce aux soins à la personne, les actes de violence de Li Shuhua ont été considérablement réduits après six mois, et elle recouvre également les capacités essentielles de penser et de parler. En outre, elle peut reconnaître ses enfants et marcher sans aide. Ces résultats ont beaucoup ému sa fille. Nathaniel ajoute : « Bien que cela prenne plus de temps pour nos employés, nous ne voulons pas utiliser directement le fauteuil roulant pour remplacer son autonomie, qu’il faut maintenir au maximum. » ORPEA préconise la cure psychique pour encourager les personnes âgées qui ont des difficultés à marcher et à se déplacer. « Notre objectif est de maintenir la compétence finale des personnes âgées, et d’aider au maximum des personnes âgées relativement dépendantes à se réadapter à une vie normale. »

La combinaison de la retraite et des soins médicaux

« L’hôpital n’offre pas de services de retraite et les maisons de retraite n’offrent pas de services médicaux ». Voilà comment pourrait se résumer le problème qui existe dans le secteur de la retraite en Chine. Certes, il existe de nombreuses maisons de retraite étrangères d’un haut niveau en Chine, mais peu d’entre elles, comme ORPEA, insèrent les soins médicaux à la vie quotidienne des personnes âgées.

« En plus des services hôteliers, à savoir la blanchisserie et le ménage des chambres, ORPEA dispose de sa propre équipe médicale pour fournir des services médicaux haut de gamme aux personnes âgées », précise Nathaniel.

D’après lui, l’équipe médicale connaît non seulement l’état de santé des personnes âgées, mais aussi leurs préférences et leurs états psychologiques, ce qui lui permet de leur donner les soins médicaux répondant à tous les besoins. Les personnes âgées peuvent ainsi consulter les médecins pour presque tout et se prémunir contre les maladies sans sortir de la maison de retraite, au lieu de se rendre à l’hôpital.

Pour les personnes âgées dépendantes, ce sont souvent leurs enfants qui choisissent les maisons de retraite pour eux. Ainsi, il est nécessaire pour ORPEA de permettre aux jeunes Chinois de connaître les avantages de ces maisons de retraite professionnelles dans la prise en charge des personnes âgées.

Dans la conception chinoise, l’hôpital est l’endroit où les personnes âgées consultent les médecins. « Au début, les Chinois ne comprenaient pas comment les maisons de retraite pouvaient avoir une bonne équipe médicale, mais maintenant, les mentalités changent peu à peu », indique Nathaniel.

Afin de trouver une méthode d’aborder la retraite qui correspond mieux aux personnes âgées chinoises, ORPEA fait attention à l’intégration des facteurs culturels, au lieu de transposer mécaniquement la méthode française. Par exemple, en fonction des habitudes, des goûts et des intérêts des personnes âgées chinoises, ORPEA prépare des repas différents, d’autres divertissements et entraînements physiques. Il collabore également avec des établissements médicaux chinois pour former leurs employés.

Outre ORPEA, des groupes français tels que DomusVi et Colisee ont également pénétré le marché chinois de la retraite, avec des capitaux exclusivement étrangers ou à travers des coopérations. Ils ont également élaboré de grands projets de développement en Chine. En novembre 2017, ORPEA a signé avec Beijing North Star un accord de coopération pour fonder conjointement une maison de retraite à Changsha, dans la province du Hunan. ORPEA étend ainsi peu à peu sa présence sur le marché chinois de la retraite.

Partager:

Copyright © 1998 - 2016

今日中国杂志版权所有 | 京ICP备:0600000号