Retour

Voyage dans les prairies

XI WEN

Xilin Gol est une prairie des mieux préservées parmi celles du continent euro-asiatique.

Les prairies couvrent plus de 40 % de la superficie de la Chine, soit près de 400 millions d’hectares. Elles se trouvent dans l’ouest des trois provinces du Nord-Est (Heilongjiang, Jilin et Liaoning), dans la région autonome de Mongolie intérieure, dans les régions montagneuses du Nord-Ouest et sur le plateau Qinghai-Tibet. Les plus célèbres sont les prairies de Hulun Buir et de Xilin Gol en Mongolie intérieure, la prairie alpine dans l’ouest du Sichuan, celle d’Ili dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang, ainsi que celle de Nagqu en région autonome du Tibet.

La prairie de Hulun Buir

Située dans l’est de la Mongolie intérieure, la prairie de Hulun Buir occupe une superficie de 250 000 km2, ce qui en fait l’une des trois plus grandes prairies du monde. Elle s’intègre à l’est aux Grands Hinggan, est bordée au nord par la rivière Ergun, qui la sépare de la Russie, et touche la Mongolie à l’ouest.

Peu exposée à la pollution, la prairie de Hulun Buir est surnommée « terre pure et verte ». L’air y est vivifiant. En été, il fait frais et agréable, de sorte qu’elle constitue une station estivale réputée; en hiver, elle attire particulièrement ceux qui aiment faire du ski, pratiquer la chasse ou des activités sur glace. Elle abrite quelque 400 espèces animales et volatiles, sans parler des 1 300 espèces de plantes, essentiellement des herbes fourragères. Elle est en outre sillonnée par plus de 3 000 cours d’eau et contient 500 lacs.

Sur les rives de la rivière Mor Gol se trouve la « tribu des Khypchakhs », un site touristique unique exposant le paysage humain des tribus nomades de cette région. Dans l’histoire, de nombreuses tribus nomades du Nord y ont vécu. Le légendaire Gengis Khan (1162-1227), avait fondé, depuis la prairie de Hulun Buir, le plus grand empire de son temps, traversant le continent euro-asiatique. Reproduisant la disposition d’antan, ce site, créé en 1993, permet d’apercevoir l’aspect de la tente où s’était arrêté Gengis Khan en voyage.

Le bassin de la rivière Ergun est le berceau de l’ethnie mongole. Pour les touristes, un bateau-mouche qui sillonne cette rivière frontière a été mis en place récemment. La région administrative où se trouve la prairie de Hulun Buir possède 1 010 km de ligne frontière avec la Russie, dont 920 km sur la rivière. Si l’on prend à Heishantou le bateau qui descend la rivière, on profite d’une vue panoramique sur les deux rives: la Chine à l’est et la Russie à l’ouest. Chaque année, de juin à septembre, un flot continu de touristes chinois et étrangers afflue vers cette région.

La prairie de Xilin Gol

Située dans la région de Xilinhot, en Mongolie intérieure, Xilin Gol est une prairie vierge des mieux préservées parmi celles du continent euro-asiatique. En 1987, elle a été inscrite au programme « L’Homme et la biosphère » de l’Unesco, pour que soient protégés principalement les prairies et les marécages de la vallée.

La prairie de Hulun Buir, dans la région autonome de Mongolie intérieure

Les animaux sauvages qui y vivent sont représentatifs de la structure et de l’évolution de l’écosystème du plateau de Mongolie. La réserve englobe cinq espèces d’animaux sauvages sous protection d’État de première catégorie et 21 autres de deuxième catégorie. Elle constitue actuellement la plus grande réserve naturelle de l’écosystème de prairie et d’herbes en Chine.

Les Mongols qui demeurent dans cette prairie sont les descendants directs de Gengis Khan, et ils parlent la langue mongole standardisée. Là ont été également déterrés quantité d’objets anciens datant de l’empire mongol (1206-1635) et de la dynastie des Yuan (1279-1368), ainsi que des articles des Mongols de la prairie de Xilin Gol, entre autres la tente mongole traditionnelle, la marmite mongole, les équipements médicaux mongols, tous les ustensiles servant à préparer le fromage ou le matériel équestre.

Les ruines de Dadu des Yuan méritent également d’être visitées. Cette cité a été bâtie par Kubilay Khan (1260-1295), empereur Shizu des Yuan, durant son expédition vers la Plaine centrale. Bien qu’elle soit délabrée, on peut encore avoir une idée de son immense envergure passée.

Le monastère Beizi (beizi indique un statut de prince), situé au pied du mont Erden Obo, à Xilinhot, est aussi un des sites importants. Commencée en 1743, sa construction a traversé les époques de sept trulkou (bouddha vivant). À l’instar du style architectural traditionnel du bouddhisme tibétain Gelugpa (Bonnets jaunes), ce temple est caractérisé par sa structure originale et sa sculpture fine et magnifique. On y compte parfois plus de 1 200 moines, dont les supérieurs entretiennent des relations étroites avec ceux de Lhasa (Tibet) et du mont Wutai (Shanxi).

D’autres sites méritent le détour, comme la réserve naturelle d’échelon national Bayan Xil qui présente une forêt vierge de sapins de Chine et une forêt vierge secondaire, ou encore le lac Dalai Nur, un grand lac continental sur la prairie.

La prairie d’Ili

La verdoyante prairie d’Ili, dans le nord-ouest du Xinjiang, s’étire sur une longue distance. La prairie de Narat est située dans l’est du district de Xinyuan.

Selon la légende, au cours de l’expédition vers l’ouest de Gengis Khan, un jour de printemps, une troupe mongole partit de l’endroit le plus reculé du mont Tianshan vers Ili. Le vent et la neige régnaient dans la montagne. Les soldats, souffrant de la faim et du froid, étaient accablés de fatigue. Aucun d’eux n’aurait imaginé qu’après avoir franchi la montagne une immense prairie couverte de fleurs à perte de vue et parsemée de sources s’offrirait à leur vue. Tout à coup, le soleil dissipa les nuages et les soldats crièrent « Narat », ce qui signifie en langue mongole « le premier lieu où le soleil brille ». Les précipitations annuelles peuvent y atteindre 800 mm, ce qui profite aux herbes fourragères. Dans l’histoire, cette prairie a eu la réputation d’être le « jardin des cerfs », réputation méritée puisque le taux de couverture herbeuse varie de 75 à 90 %.

La prairie de Zoigê dans l’ouest du Sichuan

Sayram est un fameux lac sur plateau. Les fleurs jaunes, l’eau saphir et les monts enneigés au loin pourraient être un sujet magnifique pour une peinture à l’huile. Tous les ans, à la mi-juillet, les pasteurs mongols et kazakhs se rassemblent en bordure du lac pour participer à la fête du Naadam (divertissements en langue mongole). Les diverses activités joyeuses qui s’y déroulent rehaussent encore le charme du lac.

À 119 km de la ville de Yining se trouve le chef-lieu du district de Tekes, construit en 1936 et surnommé « cité des Huit Trigrammes sur la prairie ». Cette cité est la seule à respecter parfaitement les règles des huit trigrammes et à être en parfait état de conservation dans le monde. Du centre des huit trigrammes partent huit rues de même longueur à angle égal. Pour relier les huit rues principales, des périphériques ont été établis tous les 360 m; on en compte quatre du centre vers l’extérieur. Les rues forment 64 trigrammes en fonction de la localisation des huit trigrammes. Dans l’ensemble du chef-lieu, toutes les rues communiquent et se relient pour former un astucieux labyrinthe. L’édifice de référence est la pagode d’observation au centre du chef-lieu, visible de n’importe quel endroit.

La prairie alpine de l’ouest du Sichuan

À l’ouest du Sichuan se trouvent Ya’an et le département autonome tibétain de Ganzê, constituant depuis l’Antiquité un passage de migration ethnique et une grande artère de communication et de commerce entre les ethnies han, tibétaine, yi et autres.

Concentrée à Ya’an, la population principale de cette région, est han; la plupart des autres sont des Tibétains khampa. Au cours de l’histoire, les Tibétains ont traversé de longues années de vicissitudes, avant que Songtsen Gampo unifie le plateau Qinghai-Tibet au VIIe siècle. À cette époque, cette ethnie possédait une écriture et une croyance communes. Compte tenu de l’isolement de certains lieux dans les hautes montagnes, des dialectes se sont développés au sein des différentes tribus et castes. C’est pourquoi la langue tibétaine peut se prononcer différemment en fonction des localités : elle s’est divisée suivant les dialectes, en zones de dialectes de Lhasa, d’Amdo et de Kham. La plupart des habitants du département autonome tibétain de Ganzê appartiennent à cette dernière.

Les habitants de la zone de dialecte de Kham se font appeler Khampa. Parmi le peuple circule une expression selon laquelle les Khampa savent danser dès qu’ils peuvent marcher et qu’ils sont habiles à chanter dès qu’ils sont en mesure de parler.

Le paysage du plateau de l’ouest du Sichuan est célèbre pour son style majestueux. Les fleuves et rivières coulent impétueusement des montagnes rivalisant de majesté. La source du Yangtsé et ses principaux affluents y ont engendré une civilisation ancienne et mystérieuse. Dans cette région, le plateau Qinghai-Tibet est orienté du nord au sud : on l’appelle la région des monts Hengduan. En raison de la géographie et de la météo s’y sont formés un paysage particulier et un climat spécifique au plateau.

La prairie de l’ouest du Sichuan est la plus grande du genre dans cette province, et son paysage d’herbes alpines est bien particulier. La meilleure époque pour visiter se situe en mai et juin. Les plantes sont riches et exubérantes, et un grand nombre d’oiseaux migrateurs et d’animaux sauvages sont visibles. Les activités dans cette région où demeurent les pasteurs tibétains sont variées : admirer le paysage de la prairie, aller à la pêche ou monter à cheval, pique-niquer, écouter des chants pastoraux, déguster du thé au lait et de l’alcool de qingke (l’orge du Tibet), cueillir des champignons sauvages ou visiter les temples et le pâturage des daims.

La prairie alpine de Nagqu

La région de Nagqu (rivière noire en langue tibétaine), dans le nord du Tibet, est bordée par le Xinjiang et le Qinghai. Couvrant une superficie de quelque 40 000 km2, toute la région est cernée par les chaînes de montagnes Tanggula, Nyainqêntanglha et Gangdisê.

La prairie alpine de Nagqu

Les jours relativement doux s’étendent de mai à septembre, avec des pluies qui représentent 80 % des précipitations de l’année. À cette époque, la prairie est verdoyante et animée.

Le bourg de Nagqu, siège de la préfecture du même nom, est un passage obligatoire sur la route Qinghai-Tibet et également l’une des régions touristiques tibétaines ouvertes aux touristes. En juin du calendrier tibétain (vers août selon le calendrier grégorien) s’organise la Fête de la course des chevaux, un gala sur la prairie du nord du Tibet. À ce moment-là, les touristes, les pasteurs et les hommes d’affaires sont tous réunis. Les touristes peuvent non seulement apprécier le paysage naturel et les coutumes populaires des Tibétains, mais aussi ressentir l’atmosphère de fête et se rendre dans le fameux monastère Xiaodeng.

Dans la région de Nagqu, la vaste étendue de Changtang et la mystérieuse zone inhabitée du nord du Tibet impressionnent toujours profondément les touristes. Cette zone met la région en valeur, grâce à ses nombreux animaux sous protection nationale de première catégorie, entre autres le yack sauvage, l’antilope tibétaine et l’âne sauvage.

Le lac Nam Co se trouve entre Damxung, dans la région de Lhasa, et Baingoin, dans la région de Nagqu. C’est le lac salé le plus haut du monde et l’un des trois grands lacs sacrés du Tibet. Chaque année, bon nombre de touristes et fidèles viennent en faire le tour.

Rédaction : 24, rue Baiwanzhuang, Beijing 100037, Chine
Téléphone : 86-10-6899 6384 ou 6378
Télécopieur : 86-10-6832 8338
Site Web : http://www.chinatoday.com.cn
Courriel : lachine@chinatoday.com.cn
Éditeur : Éditions La Chine au présent
Copyright © 2008 La Chine au présent. Tous droits réservés.