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Les voies de communication du Gansu :

un tronçon du nouveau pont continental eurasiatique

LIU HUANZHI

Lanzhou, le point de jonction de l’autoroute Dandong-Lhasa et de la route nationale Lianyungang-Huo’erguosi Yang Bingzhen

IL y a 18 ans, le vice-ministre chinois des Chemins de fer et son homologue russe ont vissé en même temps les derniers écrous du rail reliant les deux pays, puis ils ont échangé leur clé respective. C’est à cet instant qu’est né le nouveau pont continental eurasiatique faisant se rejoindre les chemins de fer de la région du Pacifique et ceux de la région de l’Atlantique.

M. Lu Hao (2e à g.), secrétaire du Comité du Parti de la province du Gansu et directeur de l’Assemblée populaire de cette province, fait une tournée d’inspection sur le chantier de construction du tronçon du Gansu de l’autoroute Baoji-Tianshui, en compagnie de M. Yang Yongzhong (3e à g.), directeur du Département des communications du Gansu. ---------------------------------------------Liu Guo’an

Cette nouvelle voie de communication part de la Chine de l’Est (Lianyungang, province du Jiangsu), passe par onze provinces (dont le Gansu) et régions autonomes de Chine avant d’arriver à la frontière sino-russe. En sortant de la Chine, elle se divise en trois lignes qui passent par la Russie, la Biélorussie, l’Ukraine, la Pologne et l’Allemagne, avant d’arriver au port d’Amsterdam. L’ensemble du trajet couvre 11 000 km. Comme elle a été construite après le pont sibérien eurasiatique, cette voie de communication a été nommée nouveau pont continental eurasiatique.

Sur la carte de la Chine, le Gansu se situe dans la zone de jonction du plateau Qinghai-Tibet et du plateau de lœss. Depuis l’Antiquité, c’est un passage important qui relie les civilisations orientale et occidentale. La route de la Soie traversait tout le Gansu. D’antiques voies célèbres de communication entre les relais passaient également dans le Gansu, notamment les voies Guanlong, Chama, Xiaoguan, Chencang et Yinping.

À Shanghai, le 1er novembre 2007, le Département des communications du Gansu et le Bureau d’administration des communications de Shanghai ont signé l’Accord-cadre sur le nouveau pont continental eurasiatique de l’Est (Shanghai) et de l’Ouest (Gansu) relatif à la coopération en matière de transport. Afin de renforcer les échanges économiques, d’augmenter la compétitivité sur le marché international, d’accélérer le développement et de bâtir ensemble la prospérité, les deux parties sont parvenues à une identité de vues sur les points suivants : l’établissement d’un mécanisme de coopération en matière de transport par voie terrestre et d’activités portuaires ainsi que la mise en place de projets précis; la prestation de services réciproques; et le partage des ressources humaines.

En tant que corridor historique, culturel et de communication, comment le Gansu peut-il devenir un trait d’union entre l’Ouest et les régions du Centre et de l’Est de la Chine?

Développer les voies routières dans les zones reculées et pauvres

L’autoroute Dandong-Lhasa rejoint le Qinghai en passant par la région de Lanzhou. Zhang Bin La route nationale Lianyungang-Huo’erguosi, qui s’étend sur plus de 1 600 km à l’intérieur du Gansu, a été transformée en autoroute. Zhao Zhili

« Le Gansu est un carrefour de voies de communication, car si on dit que le Xinjiang sert de tête de ligne en Chine pour le nouveau pont continental eurasiatique, le Gansu sert d’axe stratégique. Ce nouveau ‘‘pont’’, qui s’étend sur plus de 1 600 km à l’intérieur du Gansu, peut servir d’axe stratégique pour la grande exploitation de la Chine de l’Ouest et jouer un rôle de support dans la disposition des réseaux autoroutiers du pays. De plus, les voies principales qui vont vers la Chine de l’Ouest passent toutes dans le Gansu. À l’intérieur de la province, il y a une dizaine de routes d’échelon national, et chacune d’elles s’étend sur plus de 300 km. Il y a aussi 32 routes d’échelon provincial, plus de 900 routes d’échelon du district et du canton et 1 294 km de voies fluviales ouvertes à la navigation. Dans un sens, les voies de communication du Gansu décident du succès ou de l’échec du réseau autoroutier », nous a confié M. Yang Yongzhong, directeur du Département des communications du Gansu, au cours de l’interview qu’il nous a accordée.

Ce cadre est un homme qui semble avoir de larges vues, une pensée claire et être ouvert à l’innovation. « Les voies de communication du Gansu doivent être au service de tout le pays et même agir comme un grand passage international; il faut donc tenir compte de l’ensemble de la situation du pays », nous a-t-il indiqué.

Depuis son entrée en fonctions en 2004, M. Yang estime que, pour développer les voies de communication des régions pauvres et reculées, il faut adopter de nouveaux concepts, partir des conditions concrètes et tenir compte du fait qu’il faut servir l’ensemble du réseau de communication du pays. À la fin de 2007, la longueur de routes dans l’ensemble de la province était de 100 612 km, et la densité du réseau routier, de 22,14 km/100 km2. Il y avait alors 6 536 km de routes de deuxième catégorie et 1 316 km d’autoroutes.

Construire un réseau d’autoroutes qui couvre toute la province

Au Gansu, à cause des conditions naturelles et des mentalités traditionnelles, la construction des autoroutes a débuté tardivement. En 1994, le tronçon d’autoroute de 13,15 km allant de Qincheng à Beidao (deux arrondissements de la ville de Tianshui) a été achevé et ouvert à la circulation; cela a mis fin à l’histoire d’absence d’autoroutes dans la province. Pendant quelques années, sous la contrainte de divers facteurs, la construction des autoroutes s’est trouvée au point mort. Pourtant, en 1998, l’État avait commencé à appliquer sa politique stratégique de mise en valeur de la Chine de l’Ouest et avait augmenté les investissements dans la construction des infrastructures. Le Gansu allait donc être en mesure d’accueillir une occasion historique de développement. La province en a profité pour accélérer la cadence de construction des autoroutes. La construction d’une série de quatre autoroutes à partir de Lanzhou (la capitale provinciale) a alors commencé et ces autoroutes vont rejoindre les villes de Zhonghe, Baiyin, Dingxi et le district de Lintao.

L’autoroute Jiayuguan–Guazhou (autrefois Anxi), mise en service à la fin de 2007 Zhang Bin

La construction des voies de communication avance vers l’ouest, le long du couloir Hexi, en s’appuyant sur les facilités qu’offre le nouveau pont continental eurasiatique et sur la nouvelle route de la Soie. On va donc construire des routes de haut niveau, avec comme projets principaux les tronçons allant de Lanzhou à Jiayuguan, de Jiayuguan à Guazhou et de Guazhou à Dunhuang.

Dès décembre 2004, après avoir obtenu du succès dans la construction des voies de communication dans le centre et l’ouest du Gansu, un autre ouvrage a été commencé. Ce projet s’effectue en trois phases et sera terminé en 2013. Ses investissements dépassent 50 milliards de yuans, pour un trajet de plus de 1 000 km de routes qui couvrent cinq villes de l’est de la province.

Avec Lanzhou comme point de départ, on transforme trois routes nationales en autoroutes. Celles-ci couvriront l’est, le sud-est et le sud de la province et relieront cinq villes. Le kilométrage d’autoroutes du Gansu sera alors de 2 529 km; il couvrira 20 % de la superficie de la province et desservira 53,8 % de sa population. Ce projet va stimuler l’économie régionale et servir de moteur au développement économique de toute la province.

La région de Lanzhou, carrefour unique de la route nationale Lianyungang-Huo’erguosi

Dans l’est du Gansu, la construction du tronçon de l’autoroute Baoji-Tianshui est une partie importante de la route nationale Lianyungang-Huo’erguosi (au Xinjiang) qui rejoint les régions côtières du Sud-Est à l’Ouest de la Chine. Cette route sert de jonction entre l’Est et l’Ouest du pays, et elle a été classée parmi les douze ouvrages modèles du pays par le ministère des Communications.

L’autoroute Baoji-Tianshui traverse la chaîne de montagnes Qinling où l’environnement écologique est fragile. Malgré à la fois le coût élevé des travaux, le grand nombre de tunnels routiers, la diversité de la topographie, la difficulté d’exécution des travaux, les exigences posées par la protection de l’environnement et le court délai des travaux, lorsque la construction de cette autoroute a été achevée, on a trouvé que c’était une route de haut niveau ayant créé le plus beau paysage dans l’histoire de la construction routière en Chine.

Pendant la construction de cette dernière, la construction d’autres autoroutes s’est déroulée en parallèle, notamment l’autoroute Xifeng-Chang- qingqiao-Fengxianglukou, d’un investissement de 3 milliards de yuans. Elle est l’un des sept ouvrages importants de construction routière de l’est du Gansu.

Gérer le réseau autoroutier de façon scientifique

Route menant à des villages.

À Lanzhou, le 14 juillet 2007, l’Asia Development Bank (ADB) a signé, avec le Département des communications de la province du Gansu, un accord de prêt concernant le projet de routes dans le sud de la province. Pour ce projet, la province a reçu 300 millions de dollars US de crédit. C’est le deuxième projet routier à utiliser un prêt de l’ADB.

« Lors de la construction des voies de communication du Gansu, les modes de crédit, de remboursement, de paiement et d’exploitation étaient avant-gardistes par rapport à l’ensemble du pays », a déclaré le directeur du Service des finances du Département des communications du Gansu, M. Lei Wanming. Selon ses estimations, grâce à l’établissement du modèle de gestion directe des capitaux par le Département des communications du Gansu, le mode de financement de la construction des voies de communication est de plus en plus fluide ces deux dernières années. Ce Département a ainsi réalisé une administration centralisée des ressources humaines, financières et matérielles, de même que la planification de la gestion des capitaux. Ces mesures ont permis d’augmenter grandement le taux de circulation des capitaux. Parallèlement, la construction des infrastructures routières et le développement du transport routier se sont influencés mutuellement.

Puisque le montant annuel des capitaux investis dans les voies de communication est considérable, la manière de gérer ces fonds est très importante. Sous la gouverne du directeur du Département des communications du Gansu, un modèle de gestion directe des fonds relatifs aux ressources humaines, financières et matérielles a été établi très rapidement, ce qui a permis de réaliser la gestion de tout le processus.

Sur les lieux d’un chantier de construction de routes de campagne goudronnées.

Selon M. Su Shuzhen, directeur du Centre administratif pour l’exploitation des routes de haut niveau du Gansu, les routes à péage étaient auparavant administrées séparément par quatre propriétaires. En mai 2007, le Centre a commencé à réaliser un mode de gestion à quatre catégories. Sous ce mode, 1 800 km de routes de première catégorie sont administrés par cinq bureaux de gestion et dix-sept services. Cette façon de faire a permis de gérer séparément la construction, le bon fonctionnement et les péages des autoroutes et a changé complètement la situation qui avait eu cours jusqu’alors. Cette dernière avait les caractéristiques suivantes : gestion de l’exploitation des autoroutes effectuée par plusieurs propriétaires; chevauchement des fonctions; confusion des responsabilités et des pouvoirs; répartition irrationnelle des ressources; et faible niveau de spécialisation et d’efficacité de l’administration.

Construction du tronçon de l’autoroute Baoji-Tianshui ------Zhao Zhili

En parlant de l’intégration du transport régional, des collaborations et des échanges économiques du secteur du transport dans cette région, M. Wang Fanyi, directeur du Bureau de gestion du transport de la province du Gansu, nous a expliqué les mesures qu’on avait prises dans ce domaine. On a organisé le premier forum sur le nouveau concept de transport routier de la Chine de l’Ouest; signé l’Accord-cadre sur la coopération régionale en matière de transport routier en Chine de l’Ouest avec les départements d’administration du transport de onze provinces, villes et régions autonomes; fixé les paramètres du développement du transport routier; et ouvert la ligne téléphonique 96779 pour fournir un service de réparation et de secours aux automobilistes dans la province du Gansu et la région autonome hui du Ningxia.

Depuis 2004, le Gansu a pris l’initiative de mettre en marche les travaux d’informatisation du transport routier dans l’ouest de la province et a réalisé la connexion du Centre provincial d’information du transport routier avec 14 centres d’information de villes et de départements autonomes, 86 stations d’information de districts et de zones et 150 stations d’information d’entreprises.

Construire des routes vers les villages difficiles d’accès

La construction de routes de campagne

« Le Gansu est une province où la pénurie d’eau est très grave, car étant donné sa localisation dans le plateau de lœss, la déperdition des eaux est très rapide. Ainsi, les mauvaises conditions naturelles du Gansu ont freiné l’amélioration de la qualité de vie du peuple et nous ont causé des soucis », a déclaré M. Zhao Yanlong, directeur du Bureau des routes de la province du Gansu.

Longnan est un grand district de production agricole, mais avant l’arrivée des routes, les paysans ne pouvaient que pousser de longs soupirs d’impuissance devant leurs produits. Depuis toujours, la ville de Dingxi est un célèbre « pays des pommes de terre » en Chine. Or, on ne pouvait pas penser à développer ce secteur, puisqu’on n’arrivait même pas à vendre la production d’alors.

La construction de routes est un rêve depuis longtemps caressé par les paysans du Gansu. De 2001 à 2005, pour résoudre les problèmes des paysans, des campagnes et de l’agriculture, le gouvernement provincial a construit et amélioré une série de routes qui facilitent la vie des paysans et leur ont permis de s’enrichir.

Durant ces années, le gouvernement central a accordé une subvention annuelle de 90 millions de yuans pour la construction routière dans les campagnes du Gansu; en 2006, cette subvention a été de 1,1 milliard de yuans et en 2007, de 1,84 milliard.

Un ingénieur principal du Département des communications du Gansu, qui travaille à la construction routière depuis plus de trente ans, a confié : « Dans la province, les routes sont comme un filet : les routes de première catégorie servent de charpentes et les routes de campagne servent de fils. Ce n’est qu’en assurant une bonne construction des routes de campagne que ce filet pourra être plein de vigueur. ».

Selon les statistiques, de 2001 à 2005, la construction et la réfection des routes de campagne du Gansu ont touché 26 000 km, alors que, dans la province, le total de ce type de routes est de 85 790 km. C’est ainsi qu’on s’enorgueillit des réalisations suivantes : toutes les villes, les départements autonomes et les districts sont accessibles par des routes bitumées; tous les bourgs et cantons et 91,2 % des villages sont accessibles par route; et 97,24 % des villages sont accessibles aux véhicules. En 2006, on a construit 394 km de routes de première catégorie dans 18 cantons, 1 846 km de routes de campagne dans 318 villages, 2 128 km de routes bitumées dans 202 cantons et procédé à la réfection de 3 237 km de routes de campagne.

En 2007, le Comité provincial du Parti et le gouvernement de la province ont fixé la « construction et la réfection de 6 000 km de routes de campagne » comme l’un des 12 ouvrages à effectuer. Le fonds de subvention pour ces travaux a augmenté de 700 millions de yuans, de sorte que le projet d’investissement en construction de routes de campagne va atteindre 4,25 milliards de yuans et touchera 3 695 travaux et 18 232 km de routes.

Au fur et à mesure de la construction des routes de campagne, le mode de vie et de production des paysans connaît un changement, de nouvelles idées et de nouveaux concepts se diffusent largement au sein de la population rurale. Beaucoup de villages de montagne éloignés commencent à emprunter la « voie principale » et la « voie rapide » du développement économique et social.

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