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Du rêve à la réalité : les éoliennes d’un visionnaire

ZHOU CHAO

M. Conlon croit que l’éolienne est un moyen peu coûteux et efficace pour aider à résoudre le problème de pénurie d’eau en Chine. Grâce à elle, les paysans peuvent pomper l’eau d’un puits, d’un étang, d’un lac ou d’un réservoir.

«M. Lü, à cet endroit, ce n’est pas la bonne vis; il faut la changer. Je ne permets pas la production de machines non-standards. » Thomas R. Conlon (Kang Deming, en chinois) est en train de discuter avec un ouvrier. Auparavant, les ouvriers utilisaient une sorte de vis pour fabriquer les éoliennes, mais cette fois-ci, ils vont en fabriquer dix qui doivent être exportées. Comme les stocks de ce type de vis sont épuisés, un ouvrier en a utilisé une autre sorte. « Il n’y a aucun problème maintenant, mais qui sait si cette vis n’endommagera pas éventuellement l’éolienne? Je dois être responsable envers mes clients », argumente-t-il.

Cet Étatsunien chaleureux de 57 ans a longtemps caressé un rêve : faire connaître les éoliennes aux paysans chinois.

C’est alors qu’il avait 15 ans que M. Conlon a été envoyé par son père dans une région désertique des États-Unis et qu’il y a vu pour la première fois une éolienne permettant de pomper l’eau. Il a tout de suite commencé à s’intéresserà ce type de système, à un point tel que cela est devenu pour lui un rêve. Depuis lors, toute sa vie a été colorée par ce rêve d’éoliennes. En effet, dans la vingtaine, il est devenu spécialiste en énergie éolienne et a connu une carrière fructueuse dans le domaine. En 2001, c’est en Chine, un pays qui l’avait toujours fasciné, qu’il a transporté son rêve. Tout d’abord, il a coopéré avec l’Institut de haute énergie physique de l’Académie des sciences de Chine, mais il continuait d’espérer que les paysans chinois utilisent un jour les éoliennes comme on le fait aux États-Unis. Il a donc abandonné sa vie confortable et son emploi à l’université d’Hawaii et a vendu son bar. Son idée était de s’installer à Wuhan (capitale de la province du Hubei) pour aider les paysans à profiter de cette technologie.

M. Conlon connaît toutes les étapes de fabrication d’une éolienne et travaille souvent avec les ouvriers.

D’après lui, les paysans chinois ne connaissent pas vraiment les éoliennes, alors qu’elles sont courantes aux États-Unis. Peut-être est-ce parce que les Chinois pensent que l’éolienne représente un mode de production dépassé ou qu’elle est simplement belle à regarder? Avec le bon rendement de ses éoliennes, il veut donc changer la perception des Chinois et aider les paysans qui vivent dans des régions affectées par des pénuries d’eau. Son rêve d’aider les paysans est désormais en train de se réaliser. En mai 2005, dans un haut lieu de la révolution chinoise (le canton Dachishan de la ville de Weihui, province du Henan), il a achevé son programme « Pompage de l’eau grâce à l’énergie éolienne générant une puissance de force 3 ». Ce programme a mis un terme aux pénuries d’eau incessantes vécues par les 4 000 habitants de ce village et a servi de modèle pour les autres villages chinois dans la même situation.

Dans l’arrondissement Dongxihu de Wuhan, on a mis en service un système de pompage d’eau par une éolienne de 6 m de haut. Ce système pompe l’eau de la rivière Jinghe à Dongxihu de Wuhan et la déverse dans le canal du quartier d’où elle est distribuée; cela a permis de résoudre les problèmes d’approvisionnement en eau des habitants de ce quartier. C’est le premier essai de M. Conlon à Wuhan, mais il espère que son système pourra aider plus de villes, villages et familles.

Pendant trois ans, durant ses loisirs, M. Conlon s’est promené partout dans Wuhan et a pris plus de 5 000 photos. Plusieurs d’entre elles ont obtenu des prix à des concours de photos en Chine. C’est ainsi que cet homme connaît les rues de la ville comme le fond de sa poche : il peut même indiquer la route à un chauffeur de taxi!

La première éolienne de Wuhan, c’est lui qui l’a installée dans un quartier de l’arrondissement Dongxihu. La conception de toutes ses éoliennes est réalisée par ordinateur. Quand il est libre, il aime bien se rendre en moto avec ses amis à Wuhan. Photos : Zhou Chao

Sa famille l’appuie beaucoup dans son projet d’éoliennes. Sa femme, une Japonaise, a d’abord pensé qu’il était un peu fou de rêver de fabriquer des éoliennes en Chine. Maintenant, comme son mari, elle aime la Chine. Leur fils de 16 ans étudie à Zhengzhou (province du Henan) et M. Conlon a maintenant un nouveau rêve : que son fils devienne sinologue!

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