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Vivre sa vie comme un opéra

Son visage est plus vivant que le masque qu’il peint.

Quand nous sommes entrés dans le local de la Troupe de xiangju (l’opéra du Hunan) de Changsha, capitale de la province du Hunan, la chanson Shuochang Lianpu (Raconter et chanter les masques) a chatouillé nos oreilles : c’est M. Zeng Jingui qui chantait. Cet homme habite dans un appartement de deux pièces et y collectionne des milliers de masques de formats et d’aspects variés. M. Zeng a la réputation d’être le « roi du bianlian (changement de masques en un clin d’œil) ». Maintenant même âgé de 70 ans, avec sa collection de masques, il vit sa vie comme un opéra.

Toute personne qui entre chez M. Zeng ne peut pas manquer d’être étonnée par le spectacle qui s’offre à elle : des masques sont accrochés un peu partout sur les murs. On y trouve tous ceux qu’utilisait M. Zeng dans Shuochang Lianpu dont, par exemple : Guan Yu, au visage rouge; Cao Cao, au visage blanc; Zhang Fei, au visage noir etc.

M. Zeng a pris sa retraite en 1998. Auparavant, il était responsable de la Troupe de xiangju de Changsha et en était un acteur célèbre. Depuis le début de sa retraite, il a commencé à étudier et à fabriquer des masques; il fait tout cela chez lui. Pour se procurer des matériaux, il fréquente souvent les marchés aux puces : des boucles peuvent devenir les yeux de Zhang Fei; une ficelle en nylon, la barbe de Guan Yu; etc. M. Zeng dit : « Il faut en général un mois pour faire un grand masque, et c’est mieux de le fabriquer en été, puisque la laque et la peinture des couleurs sèchent plus facilement. » Il se donne le défi de fabriquer des masques de la taille d’une graine de soja vert. Depuis ces dix années de retraite, M. Zeng passe presque tout son temps à fabriquer des masques. Jusqu’à maintenant, il en a peint des milliers de l’opéra de Pékin et de l’opéra du Hunan; dans son salon, sa chambre ou sur sa véranda, les masques sont ses amis les plus intimes.

Il peint un masque sur son pouce.

Sous son matelas, M. Zeng cache un grand masque de plus d’un m². Comme nous ne comprenions pas son enthousiasme, M. Zeng nous a expliqué : « Quand je me couche sur un masque, je peux rêver de l’opéra... ». Un album de photos note les moments de bonheur et de malheur de sa carrière artistique. M. Zeng a écrit une exégèse pour cet album : « Dans mes temps libres, je me remémore les instants de bonheur sur la scène de l’opéra. L’opéra du Hunan me donne l’impression de vivre deux fois. »

Maintenant, M. Zeng œuvre à un rouleau de peinture de masques de 32 m de long. Il envisage d’organiser une exposition pour présenter les masques utilisés pour les rôles dans les romans Au Bord de l'Eau, Le roman des Trois Royaumes, Pèlerinage vers l’Ouest et Fengshenbang (L’Investiture des dieux). Pour ce qui est de son objectif, il souhaite généraliser la culture nationale des masques.

La célébrité de M. Zeng en tant qu’acteur tient également à son art du bianlian. « Le bianlian n’est pas du tout mystérieux, c’est un truc de l’opéra du Sichuan. D’après moi, cet art ne déploie tout son éclat que s’il est présenté dans un opéra. Sinon, il n’est pas vraiment différent de l’acrobatie... », dit M. Zeng. En 2004, il a rencontré M. Peng Denghuai, le roi du bianlian du Sichuan, et M. Peng a fait l’éloge de ses compétences en bianlian. En une seule fois, M. Zeng peut changer de masques au maximum à dix reprises; ce chiffre n’est pas étonnant, mais M. Zeng en est satisfait : « L’important n’est pas le chiffre, car je tiens compte de l’esthétique de cet art. »

Photos et texte sont fournis par China foto press

Son disciple le consulte sur l’opéra. D’après lui, ces masques sont ses amis les plus intimes.

 

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