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Les Français découvrent l’opéra chinois

2018-06-07 10:51:00 Source:La Chine au présent Author:GONG MING*
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Valentine et Mylène répètent leurs rôles dans l’opéra Pingju Une Fleur comme entremetteuse.

 

Le 14 avril 2018, un spectacle d’opéra Pingju, dont les acteurs étaient tous des Français, a eu lieu au Centre culturel de Chine à Paris, sur la rive gauche de la Seine. Accompagnés par un ensemble musical traditionnel, les stagiaires français sont successivement montés sur scène, pour jouer, entre autres, le rôle de la jeune femme coquette, le rôle comique de l’entremetteuse professionnelle, le rôle de l’homme âgé. Le spectacle, qui a duré une heure, a été un véritable succès, provocant rires et applaudissements soutenus.

L’opéra chinois dans un style international

Ce spectacle a marqué la clôture de la deuxième session de cours d’opéra Pingju organisée par le Centre culturel de Chine à Paris, et présentait le travail des Français qui ont suivi le cours. Après un mois de formation intensive, les élèves ont fait preuve d’une grande habileté, travaillé en bonne intelligence et ont finalement réussi à offrir un spectacle magnifique, composé d’extraits d’œuvres classiques de l’opéra Pingju, à savoir Une Fleur comme entremetteuse, Liu Qiao’er et Qin Xianglian.

Les apprenants, vêtus de costume, sont montés sur scène pour commencer la représentation. Leurs gestes ressemblaient beaucoup à ceux des personnages de l’opéra. Certains interprètes ont pu prononcer clairement la partie parlée (nianbai) et chanter avec justesse des extraits de l’opéra. En particulier, dans l’extrait d’Une Fleur comme entremetteuse, la représentation d’une scène où Li Yue’e et Zhang Wuke se rencontrent par deux jeunes Françaises était très réussie. Elles ont rivalisé d’élégance et de beauté pour présenter de manière expressive l’intensité de la situation entre deux femmes rivales en amour lors de leur première rencontre. Dans cette partie, le texte est long et le rythme est rapide, mais les deux actrices ont réussi à retenir les chants. Cette représentation a été saluée par des applaudissements chaleureux.

Depuis la création du cours de Pingju l’année dernière, les Français se sont inscrits massivement dans un élan d’immense enthousiasme. Ils sont venus de tous horizons. Le plus âgé a déjà presque 70 ans. Passionnée par l’opéra chinois, une jeune fille, Valentine, s’est inscrite au cours d’opéra Pingju pour la deuxième fois. « Cette fois, je maîtrise bien l’opéra Pingju et tout va pour le mieux », a-t-elle déclaré. Dans le spectacle, elle a réussi à jouer les deux rôles féminins de Liu Qiao’er et Li Yue’e, en rendant les personnages vivants. L’apprentissage du texte lui a demandé beaucoup d’efforts, par exemple, elle s’est exercée en écoutant le texte lorsqu’elle prenait le bus. Elle a raconté que même si la représentation a été un moment difficile, cela a constitué un défi intéressant, et que les enseignants sont devenus comme des membres de sa famille. « L’opéra chinois revêt un tel charme que je veux continuer à jouer, si la chance m’est donnée », a-t-elle confié.

 

Une répétition de la deuxième session de cours d’opéra Pingju

 

Donner à chacun une formation correspondant à ses aptitudes

Cette fois, Chen Shengli et Gao Chuang, acteurs connus de l’opéra Pingju en Chine, et Zhang Jianjun, joueur d’erhu (violon chinois à deux cordes), ont été de nouveau invités à Paris pour donner des cours aux Français sur les connaissances fondamentales de l’opéra Pingju et l’interprétation d’instruments de musique traditionnels chinois tels que l’erhu.

Le Pingju appartient au patrimoine culturel immatériel national et il est populaire dans le nord du pays. Par rapport aux autres opéras chinois, la partie parlée du Pingju est basée sur le mandarin et son texte est simple et clair à comprendre, ainsi, il est plus facile à apprendre pour les étrangers. En dépit de cela, l’enseignement du Pingju reste difficile et constitue un véritable défi pour les enseignants et les élèves.

D’après Chen Shengli, parmi les 30 élèves du cours, plus de la moitié ne comprend pas le chinois et peu comprennent le Pingju. Il a fallu fournir beaucoup d’efforts pour atteindre ce niveau en un mois. Afin de résoudre les problèmes linguistiques et techniques, les trois enseignants ont adopté la stratégie « donner à chacun une formation correspondant à ses aptitudes ». Pour les élèves qui ne pouvaient pas bien parler le chinois, les enseignants ont commencé par leur apprendre la lecture et la prononciation. Les employés du centre ont imprimé le texte et y ont ajouté le pinyin et la traduction. Pour les élèves qui ont des connaissances en chinois et en chant, les enseignants ont consacré moins de temps à l’apprentissage du texte et à la prononciation. Ils ont pris plus de temps pour travailler les gestes et les expressions.

Les élèves ont fourni beaucoup d’efforts. Ils ont étudié le texte avec sérieux durant le cours, et après la classe, ils ont regardé des vidéos pour apprendre le texte par cœur. Ils se sont beaucoup entraînés à la maison, ou même dans le métro et dans le bus, ont étudié chaque mot et chaque air de l’opéra, et se sont entraînés au contrôle de la respiration et de la prononciation. Flora Molinier, une élève du cours de Pingju, nous a raconté :

« Je suis vraiment heureuse de pouvoir apprendre le Pingju. Au début, je ne savais pas ce qu’était le Pingju. Je connaissais l’opéra de Pékin, mais pas le Pingju. Je pense que l’opéra de Pékin est plus difficile à comprendre. M. Chen, M. Gao et M. Zhang sont de bons enseignants. Ils souhaitent transmettre leurs attitudes positives à travers le Pingju. Je crois que pour bien apprendre une langue, il faut apprendre sa culture. Pour cette raison, pour moi, apprendre le Pingju revêt un véritable sens. Je vais continuer à l’apprendre, parce que je veux devenir la fierté de mes enseignants. »

Chen Shengli a expliqué que cette fois, grâce à la diligence des Français, la représentation était fluide et le résultat au-delà de leurs attentes. « Nous sommes émus par l’enthousiasme et la persévérance des élèves français. Cet entrain montre combien la culture chinoise et l’opéra chinois portent en eux un charme unique », a déclaré Chen Shengli.

Le charme de l’opéra chinois

Le Centre culturel de Chine à Paris est le premier centre culturel de Chine à l’étranger à avoir ouvert un cours de Pingju, créant un nouveau modèle de promotion de la culture chinoise. À travers l’étude de l’opéra Pingju, les Français peuvent non seulement améliorer leur niveau de chinois, mais aussi découvrir la culture traditionnelle, l’histoire et les personnages historiques chinois. Les élèves ont confirmé que le cours d’opéra Pingju leur avait permis de ressentir le charme de l’opéra chinois et que cela avait piqué leur curiosité pour la culture chinoise.

La réussite des deux sessions de cours de Pingju organisées par le Centre culturel de Chine à Paris s’explique, d’après Chen Shengli, par la passion des Français pour le Pingju. En 2014, Chen Shengli a conduit une troupe chinoise à Paris pour y donner des spectacles de Pingju, ce qui a attiré beaucoup d’amateurs. En outre, en 2016, le film Une Fleur comme entremetteuse est sorti sur grand écran en France et a connu un bel engouement. Chen Shengli souhaite que le cours de Pingju puisse perdurer afin que les élèves réussissent un jour à jouer une œuvre complète d’opéra Pingju. « Le Centre culturel de Chine à Paris nous offre une bonne plate-forme pour promouvoir la culture chinoise à Paris. »

L’opéra traditionnel chinois est un trésor de la culture chinoise salué par les étrangers. Le Centre culturel de Chine à Paris projette d’ouvrir plus de cours de plusieurs types d’opéra chinois sur le même schéma que le cours de Pingju, afin que l’opéra chinois puisse faire partie de la vie quotidienne des Français et que les étrangers puissent raconter des histoires chinoises.

En outre, le Centre culturel de Chine à Paris a créé une série d’événements culturels pour promouvoir la culture chinoise dans le monde et permettre aux Français de ressentir le charme de la culture chinoise et d’en approfondir leur compréhension. Par exemple, le Festival des opéras traditionnels chinois forme des amateurs français ; le Festival du quyi chinois permet aux Français de découvrir cet art ; le Festival des films chinois promeut les échanges et les coopérations sino-françaises dans le domaine du cinéma ; la « Semaine du patrimoine immatériel » présente le charme du patrimoine immatériel chinois ; « Joyeuse fête du Printemps » permet aux Français de sentir l’ambiance animée de la fête et de comprendre les valeurs traditionnelles chinoises enracinées dans celle-ci… En tant que premier centre culturel de Chine installé en Occident, le Centre culturel de Chine à Paris cherche à présenter au peuple français l’essentiel de la culture chinoise. Chaque activité est l’occasion de partager des histoires chinoises, de promouvoir les échanges sino-français et de rapprocher le peuple chinois du peuple français.

* GONG MING est journaliste du Quotidien du Peuple à Paris.

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