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Favoriser l’ouverture du monde

2018-11-01 11:03:00 Source:La Chine au présent Author:ZHANG HUI
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Les affiches de l’Exposition internationale d’importation de Chine devant l’Oriental Pearl Radio & TV Tower à Shanghai

 

 

ZHANG HUI, membre de la rédaction

 

Alors que l’administration Trump, hissant haut sa bannière « L’Amérique d’abord », maintient obstinément sa politique protectionniste et exacerbe ses frictions commerciales avec de nombreux autres pays du globe, le président chinois Xi Jinping a déclaré en avril dernier, lors de la conférence annuelle 2018 du Forum de Bo’ao pour l’Asie, que « la porte ouverte de la Chine ne se refermera pas et continuera de s’ouvrir encore davantage ». Il a également précisé les mesures majeures que prendra la Chine pour progresser dans l’ouverture, notamment celles favorables à l’importation. « Au mois de novembre prochain, nous organiserons la première Exposition internationale d’importation de Chine à Shanghai. Il ne s’agit pas d’une exposition ordinaire, mais d’une initiative politique importante et d’un engagement fort pris de notre plein gré, dans l’objectif d’ouvrir le marché chinois. Nos amis étrangers aux quatre coins du monde seront les bienvenus à cette exposition », a annoncé le président Xi à la conférence, promettant que l’exposition deviendrait un événement annuel.

 

D’après les sources, plus de 2 800 entreprises basées dans plus de 130 pays et régions vont participer à cette première édition de l’Exposition internationale d’importation de Chine pour présenter leur offre de produits dans les domaines des services, de l’automobile, des équipements intelligents haut de gamme, des biens de consommation, de l’agriculture, de la santé et des soins. Les entreprises participantes devraient dévoiler leurs produits emblématiques et ceux exploitant les technologies de pointe de leurs secteurs d’activité, tout en révélant les nouvelles tendances.

 

La Chine au présent a interviewé plusieurs anciens chefs d’État et de gouvernement, sans oublier le secrétaire général du Conseil InterAction, Thomas S. Axworthy, pour leur demander leur avis sur cette exposition internationale, la première sur le thème de l’importation organisée à une si vaste échelle.

 

Pour un monde plus ouvert

 

« C’est un événement de taille et d’une importance capitale pour le commerce international. À mon sens, cette exposition permet de rassembler. Voilà des décennies que je vois des expositions, mais c’est la première qui rassemble ainsi des pays, des entreprises et la communauté du monde entier. C’est fantastique ! Et selon moi, les dirigeants chinois ont investi de formidables efforts dans cette rencontre. D’ailleurs, j’aimerais bien y participer en novembre, si possible. Je souhaite donc à cette exposition tout le succès qu’elle mérite. Au vu de toute la préparation et du travail déjà investis, je crois que cette expo sera une franche réussite pour la Chine, et plus généralement, pour l’ouverture du monde », a exprimé Bertie Ahern, ancien premier ministre irlandais et co-président du Conseil InterAction.

 

M. Ahern a salué la position multilatéraliste adoptée par la Chine et ses nouveaux efforts pour accentuer l’ouverture. « De mon point de vue, plus on ouvre les portes du pays et plus on fait tomber les barrières commerciales, mieux le monde se portera. » Il est d’avis que les mesures répressives, comme les droits de douane, auront pour seul effet de perturber l’ordre international établi.

 

« J’estime que c’est mieux pour tout le monde lorsque les règles du jeu sont équitables, sans restrictions, droits de douane élevés, subventions cachées. Dans un tel contexte, les entreprises génèrent plus d’activités, ces activités créant plus d’emplois. Et comme vous le savez, plus d’activités impliquent plus d’impôts, impôts qui servent à développer les services. En fin de compte, c’est cyclique », a analysé M. Ahern. D’après lui, le protectionnisme ne perdurera pas. « C’est un modèle qui ne fonctionne pas. Et ceux qui en souffrent, ce sont les jeunes et les personnes âgées, qui peinent à trouver un emploi », a-t-il ajouté.

 

« En bref, je crois dans les bienfaits du multilatéralisme et de la mondialisation. Le monde est plus paisible et vivable s’il est ouvert et échange librement. C’est ce qu’il faut ! », a conclu l’ancien Taoiseach irlandais. M. Ahern a également exprimé sa foi dans les organismes internationaux, visant à faire le bien dans le monde, qui ont été établies au prix de grands efforts.

 

La contribution de la Chine au monde

 

Dans une interview exclusive pour La Chine au présent, l’ancien président chypriote, George V. Vassiliou, a loué les 40 ans de réforme et d’ouverture de la Chine. « Je considère que la réforme chinoise est la meilleure chose qui aurait pu arriver, non seulement pour la Chine, mais aussi pour le monde. En effet, la croissance de la Chine a un effet stabilisateur, en Chine et en Asie, mais aussi sur le reste de la planète. De surcroît, grâce à cette réforme, le revenu par habitant a connu une hausse remarquable en Chine et près de 700 millions de personnes rurales sont sorties de la pauvreté, ce qui a apporté une immense contribution au monde », a-t-il déclaré, mettant toutes ces réussites sur le compte des sages politiques appliquées par le pays.

 

L’ancien président chypriote est d’avis que la Chine, en raison de sa montée en puissance, est désormais en mesure d’influencer le développement du monde. Il a indiqué que la première Exposition internationale d’importation de Chine promettait d’être un événement gagnant-gagnant pour la Chine comme pour les autres pays participants. « La Chine a traversé différentes phases. Au début, elle a tablé sur l’exportation pour pouvoir consolider son économie. Dorénavant, la consommation intérieure est devenue plus importante encore. Le pays souhaite dépendre essentiellement de ses marchés locaux. Et le principal objectif à présent est de répondre à la demande croissante et de plus en plus diversifiée de la classe moyenne en plein essor. Pour cette raison, il était extrêmement important de tenir cette exposition sur l’importation, pour permettre aux exportateurs du monde entier d’apprendre à mieux connaître la Chine. Elle donne au reste du monde une occasion supplémentaire d’accéder au marché chinois, d’une importance colossale pour le monde », a décrypté M. Vassiliou.

 

Le secrétaire général du Conseil InterAction, Thomas S. Axworthy, a confié dans son interview qu’à l’heure où l’administration Trump s’isole du reste du monde, c’est le moment pour la Chine d’assumer davantage sa responsabilité internationale et de jouer un plus grand rôle dans la gouvernance mondiale. Il a souligné que la première Exposition internationale d’importation de Chine offre une plate-forme de choix pour construire un monde plus ouvert. « La Chine, que ce soit pour le commerce ou sa propre économie, a besoin du reste du monde. Mais le reste du monde a également besoin de la Chine. Le phénomène est généralement réciproque. Pour l’heure, le président Trump n’en a pas conscience, mais il se retrouve relativement seul. Presque tous les autres dirigeants dans le monde le reconnaissent : la Chine suit la bonne stratégie. Les États-Unis, en se fermant au monde, laissent un vide que la Chine doit remplir », a affirmé Axworthy.

 

L’échec du protectionnisme

 

L’administration Trump a envenimé la tension commerciale avec la Chine le 17 septembre, en imposant de sévères droits de douane de 10 % sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. Une semaine plus tard, la Chine a publié un livre blanc pour clarifier les faits quant aux relations économiques et commerciales sino-américaines, démontrer son point de vue vis-à-vis de cette tension commerciale avec les États-Unis et avancer des solutions raisonnables.

 

Tout en préservant sa dignité nationale et ses intérêts fondamentaux, la Chine s’est fermement engagée en faveur du développement sain des relations économiques et commerciales sino-américaines, de la réforme et de l’amélioration de son système commercial multilatéral, ainsi que de l’approfondissement de sa politique de réforme et d’ouverture. À l’inverse, le président américain Donald Trump a réaffirmé publiquement son rejet de la mondialisation et des mécanismes de gouvernance mondiale le 26 septembre dernier, devant l’Assemblée générale des Nations Unies.

 

À peine un mois plus tard, plus de 2 800 entreprises provenant de plus de 130 pays et régions vont participer à la première Exposition internationale d’importation de Chine ; 80 pays vont organiser des expositions à Shanghai pour présenter leurs réalisations en matière de développement et trois organisations internationales vont effectuer des présentations. Et précisons qu’à la cérémonie d’ouverture, plusieurs chefs d’État et de gouvernement seront présents. Toutes ces données ne sont-elles pas le signe de l’échec du protectionnisme dans le monde ?

 

« Le protectionnisme a un impact très négatif sur le système commercial international actuel », a jugé Kabiné Komara, ancien premier ministre guinéen, que nous avons interviewé lors de la 35e conférence annuelle du Conseil InterAction, tenue à Beijing le 28 septembre.

 

« L’OMC a été fondé pour répondre à ces différends. Niant le rôle de cette institution, les dirigeants protectionnistes imposent des sanctions. Cela va finir par renverser le système », a averti M. Komara, qui pense que le monde est majoritairement opposé au protectionnisme.

 

Il a félicité la Chine pour l’appel qu’elle a lancé à revenir aux mécanismes de l’OMC, ainsi que son parti pris en faveur du multilatéralisme et du libre-échange. Il a prédit : « Tôt ou tard, le bon sens l’emportera. » Il estime que la première Exposition internationale d’importation de Chine offrira un support de promotion du commerce fabuleux pour les pays participants.

 

M. Komara a souligné : « Nous devons coopérer. Le commerce est essentiel pour le développement économique. Sans le commerce, impossible d’améliorer la condition d’un pays et d’instaurer la paix. Le commerce constitue, par conséquent, la clé donnant accès à la paix et à la coopération, tandis que le repli sur soi est une voie sans issue. »

 

Selon l’ancien premier ministre hongrois, Péter Medgyessy, la Chine a démontré, à travers la première Exposition internationale d’importation de Chine, son soutien à la mondialisation et sa position en faveur du multilatéralisme. « Je suis un fervent défenseur de la mondialisation. Personne ne sort gagnant d’une guerre commerciale. La position de la Chine me semble lucide, puisque je soutiens également le multilatéralisme », a affirmé M. Medgyessy.

 

« Nous fabriquons des voitures et les pièces qui les composent. La Chine est notre principal acheteur », a livré M. Medgyessy. Il espère que, par le biais de cette exposition, le commerce bilatéral entre la Chine et la Hongrie réalisera de nouveaux progrès.

 

« Vous savez, tous les pays craignent la guerre commerciale, dont l’impact sera ressenti partout dans le monde. Les pays les plus faibles seront les plus touchés, tandis que les plus forts s’en remettront aisément », a souligné l’ancien premier ministre hongrois, avant d’ajouter : « La Hongrie est un pays assez développé, mais n’est tout de même pas au même niveau que les pays les plus développés. De fait, la Hongrie pourrait souffrir de cette guerre commerciale. » M. Medgyessy a appelé les parties concernées à trouver au plus vite des moyens de régler leurs litiges commerciaux, en minimisant les répercussions mondiales.

 

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