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La Chine doit faire preuve de confiance et de détermination dans la guerre commerciale

2018-07-02 16:43:00 Source:La Chine au présent Author:WANG XIAOHUI
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WANG XIAOHUI*

 

La Coupe du monde a été inaugurée et la guerre commerciale, engagée : deux affrontements de formes différentes ont été déclenchés à la veille de la fête des bateaux-dragons, ou fête du Double Cinq, une fête traditionnelle chinoise. Depuis le lancement unilatéral par les États-Unis en août 2017 de l’enquête au titre de la section 301 du Trade Act de 1974, les relations commerciales sino-américaines ont connu des incertitudes, tout comme le vent annonçant la tempête. Le 14 juin 2018 a vu une escalade des frictions commerciales entre les deux pays, la partie américaine ayant proclamé des tarifs douaniers punitifs contre 50 milliards de dollars d’importations chinoises, et la Chine ayant riposté de la même manière le lendemain.

 

Ce qui doit arriver arrivera tôt ou tard

 

« Il n’y aura pas de gagnant dans la guerre commerciale », voilà ce qui est déclaré dans les journaux presque tous les jours depuis le début de l’escalade des frictions commerciales entre les deux pays. Une vérité si simple, que le président Trump et son administration semblent avoir du mal à comprendre. Et pourtant. Sachant parfaitement qu’ils seront également victime de la guerre commerciale, les états-Unis semblent préférer « tuer mille ennemis », même au prix de « perdre huit cents de leurs propres effectifs ». Cela expliquerait pourquoi ils agissent de manière si arbitraire.

 

Lors des négociations commerciales tenues le mois dernier, l’administration Trump a fait plusieurs volte-face, se disant prête tantôt à une solution pacifique, tantôt à une guerre commerciale. Mais il est clair que ce n’est qu’une tactique, et sa stratégie n’a pas changé : faire obstacle au développement chinois et en entraver le processus par différents moyens, y compris la guerre commerciale. La Chine doit prendre conscience de cela très clairement.

 

Entrelacement des négociations et de  la guerre commerciale

 

Les frictions commerciales entre la Chine et les états-Unis sont une question structurelle et à long terme. Il est donc irréaliste d’espérer la résoudre en trois ou cinq ans. Le 15 juin, M. Trump a expliqué sur son compte Twitter pourquoi il souhaitait imposer des droits de douane sur 500 milliards de dollars d’importations chinoises. Quoi qu’il ait pu en dire, l’essentiel de ses propos peut se résumer ainsi : « Les échanges commerciaux sont déséquilibrés, les états-Unis perdent, la Chine gagne, c’est injuste ». Il est vrai qu’un déséquilibre existe dans le commerce sino-américain, mais il n’est pas forcément injuste.

 

Les raisons de ce déficit sont en effet très compliquées. Certaines s’expliquent par le manque d’ouverture dans certains domaines de l’économie chinoise, et d’autres par des questions causées par la nature des entreprises d’état chinoises. Mais les raisons profondes sont les questions institutionnelles et structurelles telles que les différences dans les structures économiques des deux pays, le statut du dollar en tant que monnaie universelle, et le modèle de la forte consommation et de la faible épargne aux États-Unis, ainsi que la restriction sur les exportations de produits de haute technologie des États-Unis vers la Chine.

 

Prenons l’exemple du dollar. Au début des années 1970, les états-Unis ont déterminé la position du dollar par le découplage de leur billet et de l’or, ce qui non seulement a permis aux états-Unis de contrôler l’énergie du monde, mais également de faire payer au monde entier leur consommation à travers l’émission du « billet vert ». On peut dire que les États-Unis en ont tiré profit aux dépens d’autrui. Il est inévitable d’exporter le dollar dans le monde entier pour maintenir son statut de monnaie universelle, et le résultat conduira forcément à un déficit commercial.

 

Puisque le déséquilibre commercial sino-américain est une question structurelle qui ne peut être résolue dans un court laps de temps, les frictions commerciales entre les deux pays, y compris la guerre commerciale, semblent être quelque chose qui va devenir permanent. Comment faire alors ? L’entrelacement des négociations et de la guerre commerciale est le seul moyen, tout comme ce qui est survenu entre les deux pays sur le champ de bataille en Corée dans les années 1950. Se battre, c’est pour mieux négocier ; négocier, c’est pour se battre moins… ou pas.

 

Une croissance douloureuse

 

Le processus de montée des grandes puissances n’est pas fait pour être simple.

 

Au cours des deux premières décennies de la réforme et de l’ouverture en Chine, il existait un énorme fossé entre la Chine et les pays occidentaux, en particulier les États-Unis, tant en termes de quantité que de qualité de la croissance économique, bien que celle-ci soit très rapide. Dans la période ayant suivi son adhésion officielle à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) le 11 décembre 2001, la Chine a su saisir les opportunités historiques de la mondialisation en élargissant son ouverture et son intégration à la communauté internationale, et son agrégat économique s’est élevé au deuxième rang mondial.

 

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont établi leur position dominante dans le monde. Suite à la désintégration de l’ex-Union soviétique, les États-Unis se sont affirmés comme une force prédominante : la synergie de leurs moyens politiques, militaires, économiques et idéologiques fait que les États-Unis peuvent agir comme ils le souhaitent partout dans le monde. Cela a conduit à une très forte idée égocentrique de la part des États-Unis, et il leur est difficile d’accepter des résultats « gagnant-gagnant » avec d’autres pays. Le lancement par les États-Unis d’une guerre commerciale contre la Chine n’est qu’une partie de leur projet composite et, si ce dernier est mal géré, il n’exclut pas la possibilité d’une extension dans d’autres domaines.

 

Fidèle depuis toujours au concept de développement pacifique, la Chine ne veut ni de frictions inutiles ni de conflits avec les autres pays. Depuis plusieurs mois, elle cherche à résoudre le problème via des négociations et des discussions. Pourtant, comme le dit un proverbe chinois, « le vent souffle, bien que l’arbre soit calme ». La Chine est obligée d’y faire face puisque l’adversaire a lancé le défi.

 

Confiance et détermination

 

« Le développement est un principe fondamental », a déclaré Deng Xiaoping. « L’essentiel est de bien gérer nos propres affaires », a pour sa part indiqué Xi Jinping. Ces propos illustrent la force d’âme et la largeur d’esprit des grands hommes. Nous devons noter que les états-Unis, pour leur propre intérêt, n’ont même pas fait grâce à l’Union européenne (UE) et au Canada, leurs partenaires de longue date. Est-ce possible de compter sur les États-Unis pour qu’ils fassent une faveur particulière à la Chine ? Au cours de son émergence, la Chine rencontrera inévitablement de multiples défis, difficultés et obstacles. Nous n’avons pas besoin de nous plaindre, mais nous ne pourrons que maintenir une ferme conviction et une ferme détermination pour réaliser l’objectif du grand renouveau de la nation chinoise.

 

Face à la guerre commerciale provoquée par les États-Unis, les 1,3 milliard de Chinois seront plus étroitement unis sous la direction du PCC et du gouvernement. Qu’il s’agisse de 50 milliards ou de 200 milliards de dollars, ce n’est qu’une question de chiffre, quand la guerre commerciale est inévitable. La Chine a une population nombreuse, un marché vaste et une forte capacité de résistance sur le plan économique. Le régime chinois, qui souhaite mobiliser les ressources du pays tout entier pour réussir son entreprise, devrait arriver à dégager une forte capacité de régulation et de résistance durable face aux pressions. Comme le dit le proverbe, « rira bien qui rira le dernier. »

 

La guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis sera une lutte ardue, complexe et à long terme. Il nous faudra suivre le plan établi, garder une ferme conviction et une détermination constante pour surmonter les obstacles et les difficultés.

 

Premièrement, nous devons approfondir la réforme, élargir l’ouverture, améliorer la structure économique, l’environnement pour l’investissement et le commerce, renforcer la coopération économique et commerciale avec l’UE, le Japon, la Corée du Sud, l’ASEAN et l’Afrique, et gagner le plus d’amis possible pour réduire autant que possible les conséquences de la guerre commerciale avec les états-Unis.

 

Deuxièmement, nous devons promouvoir davantage la construction de « la Ceinture et la Route », établir une coopération économique, commerciale et culturelle plus étroite avec les pays riverains, et gagner un nouvel espace de développement pour la Chine.

 

Troisièmement, nous devons, en gardant un esprit lucide et en faisant preuve de modestie, nous rendre pleinement compte des lacunes et des problèmes qui existent en Chine dans les domaines de l’innovation technico-scientifique, des technologies clés et de la fabrication haut de gamme, accroître les investissements dans la recherche et développement technico-scientifique et dans l’éducation, et suivre inébranlablement la voie du développement grâce à la science.

 

Enfin, nous devons maintenir une détermination stratégique. Nous devons également, tout en sauvegardant les intérêts fondamentaux du pays, porter notre regard sur l’ensemble des relations sino-américaines, et éviter une escalade de la guerre commerciale dans d’autres domaines.

 

Cette année marque le 40e anniversaire de la réforme et de l’ouverture. Face aux défis, la Chine, pleinement confiante, se prépare à entamer un nouveau départ.

 

*WANG XIAOHUI est rédacteur en chef de China.org.cn.  (Article publié le 20 juin sur china.org.cn)

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