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Quel bilan peut-on dresser pour l’AIIB à l’occasion de son 2e anniversaire ?

2018-02-01 11:42:00 Source:La Chine au présent Author:LU RUCAI, membre de la rédaction
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Établie le 25 décembre 2015 et inaugurée le 16 janvier 2016, la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB) a fêté ses deux ans. Les résultats obtenus par l’institution au cours de ces deux années sont exceptionnels et elle jouit déjà d’une reconnaissance internationale.

 

Au milieu de l’année 2017, l’AIIB s’est vu attribuer la note AAA par les trois grandes agences de notation Moody’s, Standards & Poors et Fitch Ratings. En octobre dernier, Basel Committee on Banking Supervision estimait sa part de risque à zéro

 

Le 17 juin 2017, le président de l’AIIB, Jin Liqun, présente

des travaux de la deuxième session annuelle du Conseil de l’AIIB.

 

Des résultats remarquables

 

L’AIIB est une institution financière multilatérale initiée par la Chine dans le but de satisfaire les besoins de fonds pour la construction et la connectivité des infrastructures dans les pays asiatiques. Son capital est de 100 milliards de dollars.

 

L’AIIB a été établie début 2016 et comptait alors 57 pays membres dont la France et l’Allemagne. En deux ans, le « cercle d’amis » de l’AIIB n’a cessé de s’élargir ; en 2017, 27 nouveaux membres ont adhéré à l’institution. À l’heure actuelle, elle compte 84 membres. « Le fait que ses membres soient de plus en plus nombreux révèle la confiance de la communauté internationale dans l’AIIB », a noté Jin Liqun, président de l’AIIB.

 

L’AIIB a déjà lancé 24 projets d’infrastructures dans 12 pays membres en développement qui représentent pour elle un total de 4,2 milliards de dollars de prêts et qui ont attiré plus de 20 milliards de dollars d’investissements provenant des secteurs publics et privés. Répartis dans des pays tels que les Philippines, l’Inde, le Pakistan, le Myanmar et l’Indonésie, ces projets concernent, entre autres, l’énergie, le transport, l’électricité et la transformation des bidonvilles. Par exemple, le projet de la prévention des crues à Manilles aux Philippines a pour but de protéger les habitants des inondations ; le projet d’amélioration du réseau électrique dans les régions rurales du Bangladesh bénéficiera à 12 millions d’habitants.

 

Zhang Jingwei, chercheur invité de l’Institut de recherche Chongyang de l’université Renmin, a indiqué dans son article que par rapport aux autres banques multilatérales de développement comme la Banque mondiale et la Banque asiatique de développement, le rôle de l’AIIB est remarquable. « D’une part, les prêts accordés par l’AIIB sont bien ciblés, ils soutiennent des projets de développement d’infrastructures, notamment dans les pays asiatiques en développement ; d’autre part, l’AIIB n’impose pas de conditions politiques préalables et la procédure d’attribution des prêts est très rapide. »

 

Selon des responsables de l’AIIB, la banque accordera désormais ses prêts dans trois secteurs clés : les infrastructures durables, la promotion des investissements issus du secteur privé et la connectivité transfrontalière.

 

 

La coopération internatio-nale contribue à la mise en œuvre des projets

 

Depuis son inauguration il y a deux ans, l’AIIB a établi de solides coopérations avec des institutions financières internationales telles que la Banque mondiale et le FMI. Elle fait déjà partie des institutions incontournables de la gouvernance mondiale, a rappelé Zhang Jingwei. Selon les données fournies par l’AIIB, parmi les 24 projets qui ont été lancés, 18 sont cofinancés avec d’autres banques multilatérales de développement. Le dernier projet d’investissement rendu public par la banque le 12 décembre 2017 est un prêt de 335 millions de dollars destiné à construire un métro à Bangalore, en Inde. Ce projet est le premier projet de l’AIIB dans le domaine du métro, mais également son premier projet en coopération avec la Banque européenne d’investissement (EIB). Cette dernière accordera une contribution de 500 millions d’euros. D. J. Pandian, vice-président et directeur des investissements de l’AIIB a souligné que le projet pourrait considérablement faciliter la mobilité des habitants et réduire la consommation de combustibles fossiles, la pollution de l’air et la pollution sonore.

 

Lors du sommet des affaires en marge du Sommet du G20 de Hangzhou qui a eu lieu en septembre 2016, Jin Liqun a exprimé son optimisme quant à la coopération entre l’AIIB et d’autres institutions multilatérales, en affirmant : « le cofinancement de projets d’infrastructures par plusieurs banques multilatérales de développement deviendra peut-être une pratique généralisée dans le futur ». En deux ans, l’AIIB a successivement signé des accords de coopération avec la Banque mondiale, la Banque asiatique de développement, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, la Banque européenne d’investissement, et ceci dans la perspective d’une coopération gagnant-gagnant. D’après Jin Liqun, les projets d’infrastructures exigent, en général, des fonds très importants et s’étalent sur des cycles longs. Une institution peut difficilement accorder à elle seule 2 à 3 milliards de dollars à la mise en œuvre d’un tel projet. Par ailleurs, il existe encore des plafonds qui limitent les investissements pour un projet réalisé dans un seul pays. Le cofinancement est donc un bon moyen de résoudre ces problèmes.

 

Selon Zhang Jingwei, les institutions financières multilatérales, comme par exemple la Banque mondiale, qui, au début, étaient sceptiques à l’égard de l’AIIB, ont changé d’attitude à partir du moment où l’AIIB a pu mettre en œuvre ses projets. Elles ont commencé à l’accepter, voire à coopérer avec elle, « parce que l’AIIB n’a pas pour objectif de renverser l’ordre établi mais qu’elle vient apporter de nouvelles perspectives, de nouvelles opportunités afin d’ouvrir et de dynamiser l’ordre de la gouvernance économique mondial ».

 

 

Des bénéfices pour tous les pays

 

« L’AIIB est une institution financière multilatérale dont le principal initiateur est la Chine. Cette dernière a fait le choix de ne pas lui emprunter de grosses sommes d’argent au moment de son établissement pour qu’elle puisse, en priorité, accorder son soutien financier au développement des infrastructures d’autres pays en développement à bas et moyens revenus », a fait remarquer un responsable de l’AIIB.

 

Zhang Jingwei a exprimé son propre point de vue concernant la décision chinoise. D’après lui, les doutes émis par les États-Unis et le Japon en ce qui concerne l’AIIB résultent principalement de leur méfiance envers la Chine et de leur inquiétude de voir l’AIIB devenir une AIIB chinoise. Les faits ont pourtant prouvé que cette inquiétude n’était pas fondée.

 

L’AIIB n’a ratifié son premier projet en Chine que le 11 décembre 2017, soit presque deux ans après sa création. Un projet de 250 millions de dollars destiné à améliorer la qualité de l’air à Beijing et à soutenir le remplacement du charbon par le gaz dans les systèmes de chauffage de cette ville. Ce projet vise à construire un réseau de canalisation de gaz qui alimentera 510 villages et environ 21 675 ménages. Lorsque le réseau sera mis en service en 2021, la consommation de charbon réduira de 650 000 tonnes équivalent charbon chaque année à Beijing, les émissions de CO2 diminueront de 595 700 tonnes, les émissions de particules réduiront de 3 700 tonnes, celles de SO2 de 1 488 tonnes, et celles de NOX, de 4 442 tonnes.

 

« L’engagement pris par la Chine pour réduire sa consommation de charbon va modifier la vie des Chinois et améliorer la qualité de l’environnement, c’est pour cette raison que nous avons décidé de soutenir ce projet », a expliqué Jin Liqun lors d’une interview avec l’agence de presse Xinhua. Selon lui, l’AIIB considère comme une priorité d’aider ses pays membres à atteindre leurs objectifs en matière de protection de l’environnement et de développement, et elle les soutiendra notamment à honorer les engagements qu’ils ont pris dans le cadre de l’Accord de Paris.

 

Désormais, les projets de l’AIIB en Chine mettront l’accent sur la protection de l’environnement, l’économie d’énergie et l’amélioration du rendement, la réduction des émissions de carbone, ainsi que la connectivité des infrastructures dans les régions frontalières.

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