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Devenir des « ambassadeurs populaires »

2019-03-05 16:03:00 Source:La Chine au présent Auteur:REN LIMIN
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Ren Limin et le maire du 3e arrondissement de Paris Pierre Aidenbaum (à gauche) participent aux festivités de célébration du Nouvel An chinois 2019.

 

REN LIMIN*

Au début du XVIIIe siècle, des ressortissants chinois ont commencé à s’installer en France, pays qui est devenu la première destination des migrants chinois au sein de l’Europe dès le début des années 1990. C’est d’ailleurs à ce moment-là que j’ai atterri dans l’Hexagone.

J’ai fait du chemin depuis mon arrivée en France : d’ouvrier immigré, je suis devenu gérant de ma propre entreprise ; d’un petit village français, j’ai emménagé à Paris, réputée comme étant la capitale de la mode ; à partir d’une boutique de 35 m², j’ai développé un grand marché spécialisé dans la vente en gros d’accessoires de mode. Si mes affaires ont pu prospérer de la sorte, c’est notamment grâce à l’amitié et aux échanges économiques entre la Chine et la France, qui n’ont cessé de croître.

En 1997, j’ai rejoint l’Association des Chinois résidant en France, dont j’ai été élu président en 2016. Cette association, qui rassemble 700 000 adhérents, est devenue, après des années d’existence et d’investissement dans sa cause, un pont favorisant les relations culturelles, économiques, commerciales, scientifiques et technologiques, ainsi qu’amicales.

La nature sentimentale des relations sino-françaises

À l’heure actuelle, plus de 700 000 ressortissants chinois travaillent en France, dans toutes sortes de secteurs, représentant à eux seuls 1 % de la population française. Parmi eux, en plus des réfugiés arrivés d’Asie du Sud-Est dans les années 1970, la plupart ont élu domicile en France plus récemment, après le lancement de la politique de réforme et d’ouverture. Ces personnes jouent aujourd’hui un rôle actif dans la promotion des échanges économiques et commerciaux entre la Chine et la France.

Depuis des années, nous avons le plaisir de constater que les relations sino-françaises suivent une progression stable. Rappelons que la France est le premier grand pays occidental à avoir établi des relations diplomatiques avec la Chine, les deux pays ayant osé se positionner en pionniers en 1964, en pleine période de guerre froide.

Le 20 septembre 2018, une statue d’un travailleur chinois pendant la Première Guerre mondiale a été érigée à la gare de Lyon, à Paris, en témoignage de la paix et de l’amitié entre la Chine et la France. Cette œuvre représente plus précisément un paysan du Shandong, à l’allure humble, gentille et magnanime.

Sur la plaque au pied de cette statue en bronze, on peut lire l’inscription suivante : « Aux travailleurs chinois pendant la Première Guerre mondiale ». Selon les explications complémentaires, 140 000 travailleurs chinois ont été recrutés et dépêchés en France et au Royaume-Uni pendant la Grande Guerre, pour servir dans les bases arrière. 20 000 d’entre eux y ont laissé la vie, victimes d’attaques ennemies ou d’épidémies. Après la signature de l’armistice en France le 11 novembre 1918, 3 000 travailleurs chinois ont décidé de rester dans ce pays. Nombre d’entre eux se sont installés au niveau de l’îlot Chalon, à proximité de la gare de Lyon, ce qui a donné naissance au premier quartier chinois de Paris.

L’année 2018 a marqué le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale. À cette occasion, le président Macron a adressé, à plusieurs reprises, un hommage aux travailleurs chinois. Évoquant l’inauguration de la statue à la gare de Lyon, il a formulé le vœu qu’elle rapproche les cœurs français et chinois. Déjà, les descendants des travailleurs chinois, et même toute la communauté chinoise vivant en France, se sont sentis honorés par cette marque de reconnaissance.

Toujours en 2018, avant d’effectuer sa visite en Chine, le président Macron s’est déplacé tout spécialement au zooParc de Beauval pour venir voir Yuan meng, le bébé panda né en France. Pendant son séjour en Chine, il a rendu hommage aux anciens travailleurs chinois de la Première Guerre mondiale ainsi qu’aux Chinois résidant en France actuellement. À l’issue de cette visite, la Chine et la France ont publié la Déclaration conjointe sino-française, élaborant tout un programme stratégique pour les relations bilatérales futures.

« La Ceinture et la Route », lien entre le passé et l’avenir des relations

Après avoir avancé l’initiative « la Ceinture et la Route », le président chinois Xi Jinping a effectué sa première visite officielle en France en mars 2014. Comme première étape de sa tournée, il a choisi la ville de Lyon, l’un des points d’arrivée de l’ancienne Route de la Soie.

Début 2018, lorsque le président Macron s’est rendu en Chine, il a intentionnellement fait le choix d’entamer sa visite à Xi’an, point de départ historique de l’ancienne Route de la Soie. Par cette action, il a témoigné sans ambages son soutien vis-à-vis de l’initiative « la Ceinture et la Route ».

Pour perpétuer l’amitié traditionnelle entre la Chine et la France, les Chinois résidant en France ont préparé l’année dernière une panoplie d’activités pour promouvoir les échanges entre les deux pays.

Nous nous sommes déplacés dans les quartiers pour présenter aux 1 200 élèves qui étudient le chinois et la culture traditionnelle chinoise. Nous avons organisé des expositions d’art, des spectacles et des campagnes de communication, en coopération avec un certain nombre de Français, dans le but de renforcer la compréhension et la confiance mutuelles. Ce faisant, nous avons découvert que la France est non seulement le pays dans lequel sont apparus les premiers sinologues au monde, mais aussi le premier pays européen qui a ouvert des cours de chinois dans l’histoire de l’humanité. Cette situation révèle aussi bien l’héritage de l’ancienne Route de la Soie qu’elle témoigne de l’amitié sino-française. De nos jours, de plus en plus de Français s’intéressent à la Chine : 100 000 Français apprennent le chinois et 10 000 étudiants français viennent en Chine dans le cadre de séjours d’études.

La nouvelle génération de Chinois vivant en France, qui ont grandi et fait leur scolarité dans l’Hexagone, doivent hériter de la tradition culturelle chinoise et la cultiver. Il faut les encourager à participer à la vie politique, économique et sociale de la France. Nous devons devenir des « ambassadeurs populaires », messagers de l’amitié entre la Chine et la France. De par notre statut biculturel, nous connaissons mieux la France que les Chinois restés au pays et nous connaissons mieux la Chine que les Français, de même que nous comprenons les mœurs et les coutumes des deux pays. Nous sommes donc les plus disposés à jouer le rôle d’« ambassadeur populaire ».

L’initiative « la Ceinture et la Route » est un grand projet concret visant la construction d’une communauté de destin pour l’humanité. De fait, les ressortissants chinois et leurs descendants ont la responsabilité de devenir des « ambassadeurs populaires ».

L’année 2019 marque le 70e anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine et le 55e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques sino-françaises. Dès lors, nous allons continuer à mettre à profit nos avantages respectifs pour présenter la Chine aux Français et la France aux Chinois, à travers divers canaux.

 

*REN LIMIN est président de l’Association des Chinois résidant en France.

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